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DESERT ROCK  |  STUDIO

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1991 Wretch
1992 Blues For The Red Sun
1994 Welcome To Sky Valley
1995 ...and The Circus Lea...
 

- Style : Sleep, The Sledge , Low Orbit
- Membre : Eagles Of Death Metal
- Style + Membre : Queens Of The Stone Age, Them Crooked Vultures

KYUSS - Blues For The Red Sun (1992)
Par TOMTOM le 3 Mai 2017          Consultée 1104 fois

C’est vrai ce qu’on raconte ? Qu’il y a un groupe là-bas, dans le désert, en train de mener sa petite apocalypse sous des projecteurs allogènes ? Chris GOSS, un beau jour, a quand même voulu aller vérifier. Il est arrivé, et tout était vrai : la poussière, la sueur, la drogue, les instruments sous-accordés, les amplis de basse… Un tourbillon qui s’élève vers le ciel et retombe, écrasé par la chaleur.

Chris GOSS le sait : le premier album de KYUSS n’est pas parvenu à reproduire fidèlement le carnage déployé par le groupe dans son habitat naturel. Il le sait parce que c’est un fan. Et parce que le premier MASTERS OF REALITY, son groupe, figure tout en haut des tables de la loi de l’internationale Stoner. Chris GOSS va donc prendre la bande à Josh HOMME sous son aile et les emmener aux studios Sound City. « Pour éviter qu’un producteur de Metal ne leur mette la main dessus », dixit le bonhomme.

Personne n’est vraiment préparé à écouter Blues For The Red Sun. Ce son-là, très peu d’albums ont pu se le payer. Passer la première minute revient à déclarer forfait d’emblée. La vibration qui monte au début de « Thumb » est là pour vous envelopper, le motif de guitare introductif pour annihiler toute résistance. Les zones du cerveau qui sont titillées sont celles qui réagissent au rock psychédélique. 50’’. BOM BOM. Activation des synapses pour la zone « musiques lourdes ». Les graves de chaque instrument se déploient en nappes, comme le brouillard.

Comme sur son premier album, KYUSS enchaîne deux tubes d’entrée. « Green Machine », c’est la virée ultime dans le désert, le vent brûlant qui vous lacère le visage, du Doom joué à vitesse Punk. John GARCIA voit de jolies fleurs à ses pieds mais est parti pour les bousiller. « I’m a loadiiiiin’… loadiiiiiiin’ my war machiiiine. » Que ce soit dit : jusqu’au « Yeah » qui clôture l’album, GARCIA ne va faire que cracher sa rage à la face du monde. Et fonder ainsi sa légende.

Arrivé au troisième titre, il est venu le temps de préciser que Blues For The Red Sun est le premier chef d’oeuvre de KYUSS, le disque qui va mettre le désert de Californie du sud sur la carte des musiques de déglingués. Et il a été pensé comme tel. La grosse affaire ici, ce sont les instrumentaux. « Molten Universe », « Apothecarie’s Weight », « Caterpillar March », « 800 » et « Capsized » sont là pour nous rappeler que KYUSS était avant tout un groupe de jam. Ils rythment l’album et érigent des ponts entre les blocs façonnés par le groupe.

Le premier mouvement culmine donc avec « 50 Million Year Trip (Downside Up) ». Les changements de rythme ont été ici pensés par (et pour) un batteur à tendance volubile et ultra-violente. Josh HOMME pose la mélodie, enchaîne des riffs que Nick OLIVERI se charge de cloner en version matraquée. GARCIA étrangle son micro entre ses mains. Toute l’équipe atterrit via un final aérien, planant, motif de guitare psyché en bande-son. Conclusion : Brant BJORK est un compositeur de génie. « 50 Million Year Trip (Downside Up) » est une des meilleures chansons jamais enregistrées par KYUSS.

La deuxième phase, c’est l’expérimentale. La guitare mexicali de « Thong Song », les volutes de « Apothecarie’s Weight » et les digressions de « Caterpillar March » amènent directement aux incantations de « Freedom Run ». Partout, Nick OLIVERI fait vrombir sa basse dans un mouvement 100% obscène. La palette de notes décrites par Josh HOMME est sans équivalent. Le son de sa guitare également. Il n’est pas arrivé là où il est aujourd’hui pour rien.

Arrivé à « Writhe », le groupe semble exténué. Le soleil. La chaleur qui brouille les repères et la réalité. Dernier mouvement. « Everyone seems to be servin' for satan / Guess I will too »… « Capsized » est un acoustique, le seul de l’album. Un mirage. Les deux derniers titres sont bien les plus violents du disque, « Allen’s Wrench » dans la veine punkoïde, « Mondo Generator » dans la veine doom-frapadingue. Nick OLIVERI enfile au passage le costume qui va le rendre célèbre : celui du mec qui hurle.

Blues For The Red Sun est un album délirant, dont la violence vous étouffe et vous emmène très loin. C’est un disque de cramés, à des années lumière de la hype qui accompagne alors l’explosion de la scène Grunge. KYUSS était la seule alternative crédible à NIRVANA. Mais ce disque est sorti de nulle part, ce qui a scellé son destin. La pochette, dit-on, est un cliché pris par le télescope du Big Bear Solar Observatory, installé dans le comté de San Bernardino. Le soleil, comme vous ne l’avez jamais vu. Plus proche que ça, t’es mort.

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   TOMTOM

 
  N/A



- Josh Homme (guitare)
- John Garcia (chant)
- Nick Oliveri (basse, chant)
- Brant Bjork (batterie)


1. Thumb
2. Green Machine
3. Molten Universe
4. 50 Million Year Trip (downside Up)
5. Thong Song
6. Apothecaries' Weight
7. Caterpillar March
8. Freedom Run
9. 800
10. Writhe
11. Capsized
12. Allen's Wrench
13. Mondo Generator
14. Yeah



             



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