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James HORNER - Le Nom De La Rose (1986)
Par AIGLE BLANC le 10 Août 2017          Consultée 149 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

En l'espace de presque 40 années, tragiquement interrompues par le crash de son propre avion le 22 juin 2015, James HORNER est devenu aux USA l'un des trois plus grands compositeurs de musiques de films, l'égal de Jerry GOLDSMITH tant pour la quantité phénoménale de ses partitions pour le cinéma (près de 150 entre 1978 et 2016) que pour son style orchestral hérité évidemment de ce dernier.
Il a connu la consécration avec la BO de Titanic (1 Golden Globe et 2 Oscars) en 1998, même si pour ma part je ne crois pas que ce soit sa plus belle partition ni même sa plus originale.

Un rapide parcours d'ensemble des films sur lesquels il a œuvré amène à faire les constats suivants :
-il s'est illustré dans pratiquement tous les genres en vogue dans le cinéma américain "mainstream" avec peut-être une légère prédilection pour la Science-Fiction et le Fantastique : Wolfen (1981) de Michael Wadleigh / Star-Trek 2, la colère de Khan (1982) de Nicholas Mayer / La Foire des ténèbres (1983) de Jack Clayton / Krull (1983) de Peter Yates / Brainstorm (1983) de Douglas Trumbull / Cocoon (1984) de Ron Howard/ Aliens, le retour (1986) de James Cameron / Willow (1988) de Ron Howard/ Jusqu'au bout du rêve (1989) de Phil Alden Robinson / Chérie, j'ai rétréci les gosses de Joe Johnston / Casper (1995) de Brad Silberlin / Jumanji (1995) de Joe Johnson / Les chroniques de Spiderwick (2008) de Mark Waters / Avatar (2009) de James Cameron.
-la plupart des cinéastes ayant fait appel à lui l'ont sollicité pour plusieurs films, ce qui démontre si besoin est la satisfaction des réalisateurs eux-mêmes. C'est ainsi que Ron Howard s'est tourné vers lui à sept reprises, James Cameron 3 fois, Mel Gibson 3 fois, Jean-Jacques Annaud 4 fois...
Il est connu pour avoir ajouté à l'orchestre, jusqu'à les populariser, des éléments électroniques et des chœurs, réconciliant ainsi le classique et le moderne.

Le Nom de la Rose, première des trois collaborations entre le musicien et Jean-Jacques Annaud, appartient à la première période de James HORNER, celle qui couvre globalement les années 80, une époque où le compositeur, en pleine expansion, construisait encore sa légende.
La BO souffre de la comparaison avec le film lui-même, chef-d'œuvre du cinéma populaire, adaptation époustouflante du célèbre roman éponyme d'Umberto Eco, qui ne peut que faire de l'ombre à la partition du compositeur américain.

Pourtant, les choix opérés par J. HORNER, notamment celui d'intégrer des claviers électroniques au sein d'une partition volontairement minimaliste en terme d'instruments utilisés, sont excellents et confèrent à l'album une coloration musicale fort bienvenue.
C'est ainsi qu'un effet de drone avant la lettre plante une ambiance sombre et glauque dès l'introduction du thème d'ouverture, le fameux "Main Titles", ambiance que l'on retrouve dans le mystérieux "The Scriptorium" et en filigrane dans le pesant "Flashbacks". L'atmosphère suintante de l'abbaye du film est encore renforcée par une nape de claviers particulièrement sourde qui traverse, menaçante, les titres "The Lesson", "Betrayed" où elle traduit davantage une forme de fatalisme, ainsi que l'"Epilogue" où elle se teinte d'une dimension épique et tragique.
L'autre signature de cette BO attachante réside dans l'intervention d'un motif unique obtenu par le tintement de cloches (tubulaires?). Leurs sonorités cristallines tranchent avec l'arrière-plan ténébreux dominant la partition et apportent un peu de lumière dans cet univers médiéval sordide à souhait.
Les quelques moments de tendresse qui traversent le très beau "The Confession", le poétique "The Discovery" et les deux derniers mouvements "Epilogue" et "End Titles" s'expriment plutôt par le biais des cordes frottées avec tout l'archet (à moins que ce ne soit là encore le fait des claviers électroniques) en une série de notes prolongées formant un motif extrêmement apaisant en accord avec l'humanisme prônée par Guillaume de Baskerville, le moine incarnée par Sean Connery.
Une autre très bonne idée de James HORNER est d'avoir fait appel à la chorale du Choir School Maria Schültz que dirige Kurt Rieth. Le chœur masculin interprète deux chants sacrés traditionnels, "Kyrie" et "Veni Sancte Spiritus" dans un style vocal proche du chant grégorien. Le contre-ténor Charles Brett, quant à lui, interprète un autre chant liturgique, "Beata Viscera", et nous offre par la même occasion un fort beau moment de recueillement, assez bouleversant.

Comme beaucoup de musiques de films, celle du Nom de la Rose perd une bonne partie de son intérêt en l'absence des images. James HORNER ne trouve que rarement une inspiration à la hauteur des enjeux du film. La plupart des titres, sauf les trois qu'il n'a pas composés (et qui appartiennent depuis fort longtemps au domaine public), se contentent de créer un sound design, c'est-à-dire de tresser une sorte d'ample rideau servant à tapisser l'arrière-plan des séquences les plus sombres et mystérieuses du film. C'est en effet le mystère que le compositeur peine le plus à traduire en musique.
On le sent plus à l'aise avec la dimension tragique de certains personnages, notamment celui de cette jeune paysanne affamée avec qui le jeune moine novice Adso von Melk découvre l'amour dans une séquence à la fois très crue et fiévreuse. C'est ainsi que ce personnage féminin, contaminé par la misère et la crasse, inspire au compositeur le plus beau thème du disque, "The Confession" dans lequel l'émotion jaillit d'une simple flûte, de quelques notes pincées d'une guitare acoustique et de beaux accords de cordes synthétiques.
Parmi les rares vraies réussites du disque, on peut citer aussi le "Main Titles", et surtout le très original "First Recognition" où HORNER fait appel à un instrument qui semble être une vielle, arrangements qui préfigurent dans la culture populaire ceux de Aïon, le bel album médiéval que nous offrirent les DEAD CAN DANCE en 1990.

Note réelle : 2.5/5

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   AIGLE BLANC

 
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- Choir School Maria Schültz (chœur masculin titres 5 et 7)
- Charles Brett (contre-ténor titre 2)
- Kurt Rieth (chef de chœur)
- Aucun Autre Musicien N'est Crédité.


1. Main Titles
2. Beata Viscera
3. First Recognition
4. The Lesson
5. Kyrie
6. The Scriptorium
7. Veni Sancte Spiritus
8. The Confession
9. Flashbacks
10. The Discovery
11. Betrayed
12. Epilogue
13. End Titles



             



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