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- Style : Joseph Haydn , Felix Mendelssohn
 

 Ludwig Van Beethoven, Le Site (1382)

Ludwig Van BEETHOVEN - Concerto Pour Piano N°4 (barenboim, Klemperer) (1806)
Par CHIPSTOUILLE le 14 Mai 2015          Consultée 910 fois

Ca y est, BEETHOVEN s’est lâché, il a franchit le mur du son, plus libre, d’un point de vue musical, qu’aucun autre compositeur avant lui. Il vise le firmament, sans réellement se soucier des préoccupations d’autrui. On ne pouvait rêver meilleure conclusion à l’ère classique que le concerto pour piano n°3. Le suivant avait donc pour charge d’ouvrir une nouvelle voie, à la manière de sa symphonie héroïque (n°3), qui était de tous les records.

Pour qui souhaite un BEETHOVEN toujours plus grandiose, le concerto n°4 pourrait paraître décevant en termes de dimension. Ce dernier s’avère en effet plus court, en particulier, que le précédent. Moins sombre, également, si ce n’est dans son mouvement lent, que les concertos qui lui précèdent et succèdent, c’est réellement avec le concerto pour violon ou la symphonie n°4, également écrits en cette année 1806, qu’il faut aller chercher des parents proches.

Il sait pourtant faire preuve d’originalité. Contrairement à l’habitude, BEETHOVEN introduit son concerto avec un piano seul, dévoilant l’instrument concertant dès le départ. Intimiste de premier abord, le concerto semble vouloir révéler un secret, que l’orchestre reprend tendrement comme un écho. Rapidement, l’ensemble monte en puissance et nous fait chavirer juste avant d’énoncer le thème principal du mouvement. BEETHOVEN nous prend ainsi à rebrousse-poil, pour mieux nous faire frémir, opération chair de poule réussie. Ce n’est que bien plus tard, finalement de manière très classique, que le piano revient faire son entrée dans un mouvement fleuve, chargé d’émotions et de surprenants passages, jouant sur quelques thèmes simples et immédiats.

Le second mouvement, plus dramatique, serait une référence au mythe d’Orphée, chose que le compositeur n’a jamais confirmé. A l’image de l’introduction de la quatrième symphonie, on plonge ici dans un noir profond, celui des enfers, que le piano isolé ne démentira pas. Ce qui n’était pas le cas, malheureusement, avec l’allégresse contradictoire de la symphonie précitée. BEETHOVEN étant avide de changement et, Orphée étant un sujet récurrent (HAYDN et GLUCK (1) ont notamment composé des opéras sur ce thème), on pourra douter d’une telle intention de la part du compositeur. C’était peut-être une demande explicite de son mécène, le comte Carl Lichnowsky. La brouille qui aura lieu à la fin de cette même année entre les deux hommes explique également peut-être le silence de BEETHOVEN à ce sujet. Néanmoins, l’analogie est pertinente pour ce mouvement court et profond, et, tout comme c’était le cas de la 3ème symphonie, qui raconte bel et bien une histoire.

Le dernier mouvement s’enchaîne directement avec le second. Dans un style proche du premier, on y décèle un peu tout ce qui fait la qualité de BEETHOVEN. La virtuosité des pages de violon et les grands manœuvres orchestrales tonitruantes font ainsi le sel de son style héroïque. Petit regret, son thème principal est légèrement moins évident que celui des concertos n°2, 3 ou 5, faisant de ce quatrième essai (2) un animal un peu plus difficile à apprivoiser.

Chargé d’émotions diverses, le concerto n°4 donne ici la réponse tant attendue à la 3eme symphonie. Pourtant, contrairement à cette dernière, il ne remporta aucun succès. Seules deux représentation furent données du vivant du compositeur. La création fut donnée à titre privée en 1807. La seconde représentation, plus fameuse, eu lieu lors de ce concert mémorable, où les symphonies n°5 et n°6 ainsi que sa fantaisie chorale furent également créées. Ceci explique peut-être pourquoi, au milieu de ces autres chefs-d’œuvre plus évidents (3), cet animal tendre et colérique, fourbe et intelligent, inventif et audacieux, n’eut pas le succès qu’il méritait.

(1) Je fais l’impasse, bien sûr, sur l’Orfeo de MONTEVERDI. Le premier Opéra de l’Histoire dont on a conservé la partition datant de 1607, vous comprendrez qu’il n’a pas eu beaucoup d’incidence sur la carrière de Ludwig Van BEETHOVEN
(2) Cinquième concerto pour piano en réalité, cf. introduction de la chronique du concerto pour piano n°2 où nous évoquions un premier concerto de jeunesse (n°0) inachevé.
(3) La fantaisie chorale, chronique également à venir, n’est peut-être pas aussi connue aujourd’hui. Elle fut pourtant une sorte de prélude à la neuvième symphonie. Son thème principal est très proche de celui de l’hymne à la joie, et tout comme la symphonie, elle démarre de façon instrumentale (ici concertante) pour terminer sur des chœurs imposants. Ce qui ne manqua pas d’impressionner les premiers spectateurs, plus donc, que ne le fit le concerto.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Daniel Barenboim (piano)
- New Philharmonia Orchestra
- Otto Klemperer (direction)


- concerto Pour Piano N°3 En Ut Mineur Op. 37
1. Allegro Con Brio
2. Largo
3. Rondo
- concerto Pour Piano N°4 En Sol Majeur Op. 58
4. Allegro Moderato
5. Andante Con Brio
6. Rondo (vivace)



             



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