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Keziah JONES - Live (dvd) (2003)
Par BAKER le 6 Décembre 2017          Consultée 66 fois

Keziah Jones est-il devenu un peu français ? La question peut légitimement se poser (merde, j'ai l'impression d'avoir déjà utilisé cette intro avant... tant pis, on va dire que cette chronique est un blues, c'est les fioritures qui comptent ;-). En effet, le père Jones a artistiquement grandi, mûri, explosé dans notre beau, pollué et voie-de-bus-déserté Paris, bien que son âme soit toujours restée à Lagos. Métro a donné boulot car lui jamais dodo. Bon, cette parenthèse étant ouverte, et vous l'aurez remarqué pas fermée, posons une autre question : Keziah Jones est-il HUMAIN ? Non parce que slapper comme un damné névrotique sur une basse, c'est alarmant ; le faire sur une guitare, c'est chelou ; le faire sur une sèche, c'est du masochisme aggravé. Et notre Jones de le faire tout le temps. Ce mec n'est pas un homme, c'est un concentré de funk à faire passer James BROWN pour Klaus SCHULZE et Mark KING pour DEAD CAN DANCE.

Et ce mélange de funk, de blues-rock, de gospel et de rock africain n'appartient qu'à lui. Même s'il se réclame d'artistes comme le grand FELA, il a créé un son que personne jusqu'à présent n'a réussi à égaler, et pour cause : qui peut se targuer d'avoir une main droite aussi agile, aussi expressive à la guitare ? Véritable show-man, habitué aux concerts de rue, il se suffit à lui-même et serait fort capable de donner un gig entier tout seul. Il sera pourtant entouré pour ce concert donné dans son "fief", à l'Elysée-Montmartre, avec notamment deux adorables demoiselles, l'une au chant (miam) et l'autre aux claviers (miam aussi, avec un bon goût prononcé pour le clavinet), et évidemment un bassiste bien graisseux, bien slappeux, qui ne fasse pas tâche à côté de ce maître. La mise en place est très correcte, la guitare de Keziah alterne entre plans en slap mélodique et jolies cocottes tandis que sa voix est pratiquement parfaite, et ce dans tous les registres. Pourtant, il manque quelque chose.

Jones vient de la rue, on l'a vu, et à l'écoute de ce concert, on a l'impression qu'il s'y sentirait mieux. Il est pourtant devant "son" public, pour défendre un album qui lui tient à coeur (et dont plus de la moitié sera jouée ici), mais il y a un ingrédient dont l'absence est palpable tout du long du gig. Seraient-ce ses racines ? Est-ce justement le manque d'une expression brute, franche, d'une musique pour laquelle les doigts sont directement reliés au coeur sans passer par le cerveau ? En tous cas, dès la seconde chanson, on pourrait jurer qu'il manque soit du rock dans son funk, soit de l'Afrique dans son rock. Conscient que son message politique passera d'autant mieux que sa musique sera accessible, Keziah semble ne plus avoir le caractère d'urgence qui l'animait à ses débuts. Sa technique est toujours aussi impressionnante, mais il l'utilise de façon moins roots, moins foncièrement démonstrative - et donc moins immédiatement convaincante. A tel point que lorsqu'il plaisante en présentant les rappels comme "le début du concert, puisqu'on vient de se réveiller", on a un peu de mal à cerner le second degré (surtout que le concert est assez court, et semble même à la limite de l'écourté).

Evidemment, celà ne ternira pas beaucoup sa légende. Quelques plans avec basse + mélodie en slap vont vous laisser scotchés. Il les livre seulement de façon beaucoup plus morcelée, loin de la débauche technique qui faisait les délices des amateurs au début des années 90. Et la setlist est assez variée pour présenter le nouvel opus sans oublier quelques classiques moins récents. Mais définitivement, il manque un élément. Heureusement, le DVD s'est permis d'aller chercher, tracer cet élément au cœur de l'Afrique, en présentant un Jones revenant au pays, sur la tombe de son grand-père, et nous expliquant les buts et espoirs placés en "BLACK ORPHEUS", album cher à son cœur album de transition aussi. C'est peut-être là la raison du manque de conviction dans le concert : une simple erreur de timing, un DVD filmé à un moment charnière qui momentanément opère des changements à l'artiste trop profonds pour être visibles sur une télé. En tous cas, on ne peut que dire bravo à l'artiste pour sa prise de risques qui lui fera gagner une reconnaissance sociale plus importante, mais peut-être aussi perdre la frange la plus frileuse de sa fanbase. Un concert moyen donc, mais un artiste à suivre de près dans son évolution qui a pris un nouvel élan.


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Fiche technique

Date : 1 novembre 2003 - Elysée-Montmartre (Paris)
Editeur : Delabel
Image : 1.77 4/3 PAL
Son : DD 2.0
Durée totale : 127 minutes
Bonus :
- Clips de Rhythm is love et Beautiful Emilie (7 min)
- Documentaire sur Lagos (14 min st fr)
- Backstage (15 min st fr)
- Galerie de photos (1 min)

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   BAKER

 
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- Keziah Jones (chant, guitare)
- Richard Cassell (batterie)
- Otto Williams (basse, choeurs)
- Zoe Rahman (claviers)
- Kevin Haynes (percussion, saxophone, choeurs)
- Tatiana Okou (choeurs)


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