Recherche avancée       Liste groupes



      
BLUFUNK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 



Keziah JONES - Captain Rugged (2013)
Par TEEMO le 10 Juin 2014          Consultée 755 fois

Keziah est plus que jamais attaché à ses racines nigérianes, et il est de plus en plus entraîné par cette volonté de dénoncer les injustices, les inégalités dont son pays est victime. Kidnapping, trafic d'hommes et d'organes, corruption, système de santé et d'éducation absent, le Nigeria est le théâtre de toutes les dérives. Pour imager son envie, Keziah Jones décide, à l'instar d'un Ziggy Stardust ou d'un Dr Funkadelic, de créer un avatar sous lequel apparaître. C'est comme justicier des ghettos africains qu'il s'imagine - « Le premier super-héros africain » déclare-t-il lors d'une interview – brandissant sa guitare telle une arme, scrutant l'horizon d'un air décidé mais toujours emprunt d'une touche de folie.

Musicalement, Keziah Jones a bien évolué depuis l'intouchable « Blufunk Is a Fact ! », se dirigeant vers une musique plus travaillée mais moins spontanée, plus propre au niveau de la production mais du coup plus lisse, bref plus accessible au grand public. Bien entendu, les techniques guitaristiques qu'il utilise pour jouer son blufunk ne l'ont jamais quitté et ont même évolué. En revanche, les riffs semblent moins mis en valeur et surtout ne transpirent plus le funk comme à l'époque. On apprécie toujours le côté poly-instrumental qui caractérise son style unique - parvenir à jouer les accords tout en tapant sur la caisse de sa guitare -, notamment sur des titres comme « Lunar », ballade aérienne au refrain charmeur, quoique peu variée.
En passant de « Blufunk Is a Fact ! » à son second album « African Space Craft » on constate que Jones aime tester de nouveaux sons, s'essayer à de nouvelles pédales d'effet, et c'est tout à son honneur.
« Captain Rugged » est très marqué par le son électro-acoustique, de plus, on voit apparaître pour certains titres un effet de fuzz. On a notamment le très bien ficelé « Afronewave », single et premier titre dévoilé, qui est concerné par cette petite nouveauté sympathique. Les paroles traitent de la nouvelle vague d'artistes africains sur le point de percer (Demi DollFace pour ne citer qu'elle).

Pour certains titres comme « Hypothetical », Keziah Jones aime parler de « funk africain psychédélique ». Il est vrai que ce morceau, qui est peut-être le plus touchant de l'album, est marqué par une ambiance lourde, sombre, un refrain angoissant où la basse ronronne. Tiens justement la basse ! S'il y a un élément qui participait très largement au groove des premiers morceaux composés par Jones, c'est bien la quatre cordes. Or, elle se fait peu entendre ici et c'est bien dommage...

Mais cessons donc de faire référence au passé, car il faut s'adapter au changement. La musique africaine est assez présente chez « Captain Rugged », et pour cause, cela fait 2 ans que Jones s'est installé dans sa ville natale qu'est Lagos (capitale du Nigérian). Toujours à la recherche d'un monde meilleur, il compose « Utopia » au titre très évocateur. Une ambiance hip hop alliée au son sec des cuivres, enrichie par des cœurs puissants, ce morceau est d'une efficacité qui n'est plus à prouver.

Il faut avouer que la fin de l'album s'effondre sur trois morceaux manquant clairement d'inventivité. Sans être dénués d'intérêt c'est sans grande conviction que nous les écoutons. « Praise », malgré son interprétation paresseuse, n'est pas totalement à rejeter car l'intonation qu'il emploie semble chargée d'optimisme, ce qui a le mérite de s'inscrire dans sa démarche de « sauveur du monde ». « Falling », sixième titre de l'album, accuse par contre une fadeur déconcertante et nous propose un refrain plus que poussif.

Mieux composé que le précédent opus « Nigerian Wood », « Captain Rugged » (« Capitaine Fracasse ») expose un thème dramatique sur un ton souvent grave mais n'occultant pas pour autant l'espoir.
Keziah Jones produit un album loin d'être parfait, qui propose quelques perles (« Hypothetical », « Nollywoodoo » entre autres) et dont l'achat vaut le coup !

(2) Voici une interview très intéressante réalisée pour la sortie de l'album :
https://www.youtube.com/watch?v=mnT1lLndGc4

A lire aussi en FUNK par TEEMO :


Keziah JONES
Blufunk Is A Fact (1992)
Spécial semaine boîte à demandes !




CHIC
Take It Off (1981)
Slap your bass !


Marquez et partagez





 
   TEEMO

 
  N/A



Non disponible


1. Afronewave
2. Nollywoodoo
3. Hypothetical
4. Lunar
5. Utopia
6. Falling
7. Memory
8. Rugged
9. + The Free
10. Laughter
11. Praise



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod