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ROCK PROGRESSIF  |  DVD

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Robert REED - Sanctuary Live (dvd) (2017)
Par BAKER le 15 Décembre 2017          Consultée 635 fois

Au départ, Sanctuary premier du nom était un simple défi et un rêve de gosse. Ce DVD permet à cette folle entreprise de passer un cap et de rentrer dans la catégorie prisée des paris réussis. Le principe du départ était discutable (et pas mal de gens l’ont détesté derechef), mais compréhensible : Mike OLDFIELD ne faisant plus d’albums “à l’ancienne”, le Gallois Robert Reed s’en est chargé. Mais après la sortie de “SANCTUARY II”, le Maître annonçait l’arrivée de “RETURN TO OMMADAWN”, qui par ailleurs s’est avéré digne de ses plus belles pages. Reed a donc décidé de tenter le coup de poker : si Oldfield allait refaire des albums, il était plus que certain qu’en revanche il ne les défendrait pas sur scène. Et donc ce DVD est là pour boucler la boucle, et donner, après un corps, une âme à ce projet. A la manière d’Oldfield : tous les instruments réunis sur scène, avec autant de musiciens qu’il est nécessaire. Il n’y avait que deux possibilités, avec une telle entreprise : la réussite sourire aux lèvres ou la catastrophe prétentieuse. Et pour être franc, même si on aime les Sanctuary, ce qui est le cas de votre serviteur, le doute subsistait jusqu’à la première minute de concert.

Parce qu’une fois passée icelle, c’est bon, ça roule tout seul : le concert sera bon. Bon parce que la musique devient plus vivante qu’en studio, plus chaleureuse, bon surtout parce que voir ces musiciens jouer des partitions en apparence simples mais inextricables rend les compositions encore plus intéressantes. La dizaine de zicos est réunie sur une minuscule scène bordélique comme pas permis (c’est un miracle que personne n’ait trébuché sur un câble), et joue sa partoche consciencieusement, avec application, limite en tirant la langue. C’est qu’il n’est pas question de se louper, vu que les neuf copains vont ramer pour rattraper. Mais c’est pourtant avec bonne humeur et complicité que tous arrivent à déjouer tous les pièges, une bonne humeur qui se ressent à travers votre tube cathodique. Pardon, votre… LED ? Mais on n’est pas en 1975 ? Rha mais… on m’dit jamais rien à moi ! C’est qu’attention, niveau son, on est extrêmement proche du studio : les fameuses cloches tubulaires, les xylophones et celestas, et bien sûr les sons de guitare si identitaires, si différents et pourtant identifiables entre mille. Cette façon de coller au studio tout en conservant une bonne humeur permanente rappelle un peu “TUBULAR BELLS II LIVE”. Pas au même niveau, mais pas loin.

En prime, la setlist est maligne : si l’intégralité de l’excellent “SANCTUARY II” est jouée, et très bien, la principale différence avec le premier opus était l’inclusion d’un batteur. Résultat : “Sanctuary I A” se voit agrémenté de quelques badaboums qui dynamisent les mélodies, et “Sanctuary I B” n’a droit qu’à un extrait intimiste, ce qui permet d’aérer ce mini-set et faire une pause bienvenue. C’est un peu scolaire, mais ça marche, et il est fascinant de voir comment certaines parties ont été construites. Le choeur féminin est efficace (et agrémenté d’une ravissante chanteuse lead de sensibilité Gaélique comme Michel Vieuxchamp les aime), Reed s’amuse visiblement à jouer sans trop se prendre la tête, le pianiste est d’une régularité de métronome (le véritable pilier, le ciment du groupe). Bref, malgré un public uniformément vieux-nerd et l’exiguïté des locaux, voilà un concert franchement sympathique, qui détend tout en impressionnant l’auditeur à posteriori. L’apport aux versions studio est réelle, de par la batterie et le dynamisme du premier volet, et l’émotion réelle du second. Et, ce n’était pas forcément gagné d’avance, il y a une réelle absence de grosse tête, ce qui est toujours appréciable dans ces petites configurations.

Vendu à un prix tout à fait correct pour ne pas dire plus, le DVD est presque à la hauteur de ce que Robert Reed a l’habitude de livrer. L’image est assez statique, manque un poil de pêche (pour une fois que ce n’est pas l’inverse, à savoir une débile déferlante de coupures stroboscopiques), mais elle est vive, colorée, très précise et l’on voit parfaitement les doigtés des musiciens, ce qui est le plus important - ainsi que quelques regards qu’ils s’échangent, et d’autres détails comme leur rituel de passer d’un instrument à l’autre sans précipitation mais avec un timing rigoureux. Le son est chaud (Real World Studios quoi !), chaque instrument a été mixé avec précision, y compris la batterie et les percussions, et Reed s’est amusé à livrer également une version 5.1 : la musique n’y est pas aussi spatialisée que dans les versions studio (qui sont un modèle absolu du genre) mais suffisamment pour vous envelopper et vous distraire. Si vous n’avez pas lesdits albums studio, c’est un ersatz tout à fait respectable. Le seul vrai souci viendra du bonus : 13 minutes inutiles et au son exécrable, ce qui est fort dommage car Robert Reed est du genre à savoir passionner l’auditeur quand il parle de sa musique. Chose qu’il ne fait à aucun moment ici. Décevant mais qui n’enlèvera rien au charme de ce petit concert intimiste, presque privé, où le talent déborde de toutes parts. Un des meilleurs DVD de cette riche année, pas exceptionnel, mais hautement conseillé à ceux qui cherchent un concert à la fois différent et accessible.

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Fiche technique

Editeur : Tigermoth Productions
Edition : DVD-5
Image : 1.77 16/9 NTSC
Son : DD 2.0 + DTS 5.1
Durée totale : 88 minutes
Bonus :
- CD audio du concert
- Making-of (13 min non st)

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- Rob Reed (guitares, claviers, marimba, vibraphone, tubular b)
- Chris Fry (guitares)
- Martin Shellard (guitares)
- Dan Nelson (basse)
- Jonathan Griffiths (batterie, percussions)
- Tim Lewis (claviers, choeurs)
- Nigel Hopkins (piano)
- Simon Brittlebank (percussions, marimba, glockenspiel, tubular bells)
- Angharad Brinn (chant)
- Christina Booth (choeurs)
- Fran Murphy (choeurs)
- Lorraine King (choeurs)
- Ffion Wilkins (choeurs)


1. Sanctuary I Part One
2. Sanctuary I Part Two (excerpt)
3. Sanctuary Ii Part One
4. Sanctuary Ii Part Two
5. Willow’s Song



             



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