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2006 Midi 20

GRAND CORPS MALADE - Midi 20 (2006)
Par CTHN429 le 29 Septembre 2006          Consultée 11272 fois

Comment aborder un tel album que ce Midi20 de Grand Corps Malade ? Pour le fan de musique il est pour le moins déconcertant car la musique est minimaliste voire inexistante dans certains morceaux. Mais c’est le style qui veut ça. Quel style me direz-vous ? Le slam. Certains y voient un nouveau type de poésie, d’autres n’entendent que des revendications de rappeurs mais façon soft. Pourtant cet album, il faut l’écouter, réellement, sans aucun préjugé. Mais attention, ce Midi20 n’est pas à mettre en musique de fond, il faut faire attention aux textes car c’est clair qu’on ne va pas retenir les mélodies. Grand Corps Malade nous offre un voyage à travers son univers, qui ressemble à celui de tellement d’autres…

Fabien Marsaud est devenu Grand Corps Malade suite à un accident qui le laissa un temps paralysé et marchant maintenant avec difficulté. Il nous parle de cette histoire atypique à travers deux morceaux atypiques : « Midi 20 » dans lequel il compare une journée de 24h à sa vie. On a le droit à 12h20 de sa vie, avec ce fameux accident de 11h08. « 6ème sens » est entièrement axé sur le tournant de sa vie, parlant avec justesse de la manière dont on perçoit les handicapés. Dans ces deux morceaux, si on ressent une certaine nostalgie de ce que sa vie aurait pu devenir sans cet accident, il n’y a aucune rage, aucune haine, juste un constat : même avec un handicap, la vie continue avec ses joies et ses peines.

Mais son univers ne se résume pas à son handicap. Il dresse un tableau de sa ville dans le morceau justement nommé « St Denis ». Sans concession, on ressent l’amour qu’il a pour cette cité qui l’a vu grandir. « Vu de ma fenêtre » n’a pas besoin de longues explications pour comprendre de quoi il s’agit, même si la confusion existe entre sa fenêtre et ses propres yeux sur la vie dionysienne. Les galères entre potes mais avec toujours l’espoir de trouver l’idée lumineuse, c’est ce qu’il nous propose avec « Ca peut chémar ».

Grand Corps Malade recentre également ces textes sur sa propre vie. « J’ai oublié » nous montre quelle est sa vie, de maintenant et d’antan et est sans doute le morceau le plus rythmé de l’album. « Je dors sur mes deux oreilles » trace un portrait assez juste de la vie, balancé entre joie et tristesse. De ce texte ressort l’extraordinaire optimisme de ce slameur, qu’on ressent finalement à travers chaque morceau. Pour terminer sur ce thème, « Je connaissais pas Paris le matin » nous montre juste comment on peut changer, même temporairement, sa vie en allant juste à l’encontre de ses habitudes quotidiennes.

Son univers, c’est aussi le slam. Commencez peut-être l’album par « Attentat verbal » pour justement comprendre ce qu’est ce style et à quoi il faut s’attendre. Continuez avec « Chercheur de phases » puis « Parole du bout du monde » pour s’apercevoir que le slam ne s’improvise pas, qu’il faut maîtriser la langue française et qu’on est très loin du cliché racaille. Dans le premier titre, « Le jour se lève », Grand Corps Malade nous indique quels sont les espoirs que lui amène le slam et on se rend compte que ça dépasse le cadre de la musique. « Toucher l’instant » indique quel est l’objectif, quel est le but du slameur et clôt de belle manière ce premier album. Et pour se rendre compte de ce qu’est le slam de la rue, prenez « Mon cœur, ma tête et mes couilles », qui rappellera à tous les lecteurs de cette chronique les relations conflictuelles entre ces trois organes…

Cet homme là sait aussi parler des sentiments. L’amour est pour lui comme un train dans « Les voyages en train ». Je défie quiconque de trouver que son texte ne colle pas parfaitement à la réalité. « Rencontres » nous raconte ses rencontres avec les différents sentiments de la vie. Là encore, on sent le vécu derrière le texte ce qui rend le tout sincère et véridique.

Je dois l’avouer, Midi 20 m’a touché. Peu adepte a priori de ce style de musique, j’ai été sensible à ce que Grand Corps Malade nous raconte au long de ces 16 titres. Certains lui reprochent de faire de la très mauvaise poésie. Je ne suis pas sûr que ce soit de la poésie mais une manière particulière de s’exprimer. Sa naïveté peut énerver mais moi j’y vois une certaine fraîcheur. D’autres enfin vont critiquer le manque d’accompagnement musical et le phrasé de GCM. Je répondrai que c’est le style qui veut ça, un style qui veut qu’on s’accroche au corps du texte plus qu’à ses ornements extérieurs. Ecouter Midi 20, c’est prendre le temps de faire attention aux textes, de se préparer à un voyage particulier à l’intérieur d’une vie que certains connaissent trop et d’autres trop peu. J’ai pris un grand plaisir à faire ce voyage. Et vous, êtes vous prêt pour le faire ?

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1. Le Jour Se Lève
2. Saint-denis
3. Je Dors Sur Mes 2 Oreilles
4. Midi 20
5. Ca Peut Chémar
6. 6ème Sens
7. Je Connaissais Pas Paris Le Matin
8. Chercheur De Phases
9. Parole Du Bout Du Monde
10. Attentat Verbal
11. Les Voyages En Train
12. J'ai Oublié
13. Vu De Ma Fenêtre
14. Rencontres
15. Ma Tête, Mon Coeur...
16. Toucher L'instant



             



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