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ZENZILE - Berlin (2014)
Par NESTOR le 3 Avril 2018          Consultée 152 fois

Si ZENZILE a toujours su nous surprendre en adoptant fréquemment une démarche inattendue (split album, exploration de divers styles) il faut tout de même reconnaître que le concept de ce Berlin se pose là en termes d’étonnement.
Songez que les Angevins se proposent ici de faire la bande son d’un film muet allemand de 1927 de Walther RUTTMANN : "Berlin, La symphonie d’une Grande Ville" !
Difficile de faire plus pointu et plus ténébreux comme démarche (même le concept Lulu de METALLICA, qui débute d’ailleurs par la porte de Brandenburg, paraît moins hermétique, c’est dire !).

Bien que ZENZILE indique que Berlin est "inspiré" du film précité, il s’agit presque d’une bande originale réalisée à posteriori, le groupe projetant le film sur scène lors des concerts ayant accompagné la sortie de cet album.
Il faut d’ailleurs noter que ce projet a un antécédant : en 2010, le groupe avait déjà mis en son "Le Cabinet Du Docteur Caligari", un autre film muet allemand datant cette fois-ci de 1920, lors de prestations scéniques non enregistrées.
On assiste donc ici, assez naturellement, à un retour à la formule de l’instrumental, forme d’expression dont le groupe était coutumier à sa genèse. Mais le style a, lui, grandement évolué et il ne reste presque plus aucune trace du dub et du reggae de ses débuts. Et pas grand-chose non plus de ses digressions électro récentes.
Ici, ZENZILE oscille entre un rock porté par une basse solide et des sonorités électroniques, et des parties bien plus planantes qui lorgnent vers le krautrock.

Reste à savoir si le résultat est à la hauteur du caractère ambitieux de ce projet.
S’il y a lieu de reconnaître que l’accueil critique a été très positif, je reste toutefois sur ma faim. Car si à l’image des réelles réussites que sont l’apaisé "Die Bourgeoisie", le plus groovy "Die Verkerh", le très énergique "Die Fabrik", ou bien un "Die Brucke" porté par un couple basse / guitare et des arrangements de toute beauté, on peut considérer qu’environ la moitié de l’album est composée de titres qui possèdent tous intrinsèquement les qualités d’une composition aboutie. Le reste du temps, nous sommes confrontés à des titres qui ne font que soutenir un visuel. Et qui de ce fait peinent à se suffire à eux-mêmes.
Et bien qu’il convienne de dire que cela peut-être beau, bien construit, cela manque souvent d’efficacité et ne dépasse pas toujours le stade de la (très agréable) musique d’ambiance.
Il en va ainsi de "Die Laden" : la mélodie de flûte qui renvoie aux musiques relaxantes balinaises a beau être envoûtante et pleine de charme, cela ne suffit pas à dépasser le cadre de la très bonne musique d’ambiance.
Le constat est encore plus sévère avec les courts et flegmatiques "Die Strasse" ou "Der Kindergarten". Ces morceaux ont une trame, une ossature bien trop légère pour pouvoir être considérés comme de réels titres. Entendons-nous bien, l’écoute de ces pièces n’est pas désagréable : les sonorités sont harmonieuses et les arrangements très heureux. Mais cela ne va pas plus loin. Le plaisir est un peu primaire, rustre. Et nous sommes bien loin des ascenseurs émotionnels auxquels ZENZILE nous a souvent habitués.

Au final, ce Berlin est une légère déception. Pas tant à l’aune de ses qualités intrinsèques, mais plus au regard du fait que ce disque ne doit certainement pas être appréhendé comme un album classique, mais bien comme un projet à part mené par des musiciens talentueux et courageux. Une sorte de préfiguration des merveilleuses ambiances dans lesquelles il nous plongera par la suite avec le plus abouti Elements.
A ce titre, on peut y voir un magnifique terrain de rêveries et de digressions fantasmagoriques, illuminées par des moments de fulgurances. Mais pas réellement un album en tant que tel.

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- Matthieu Bablee (basse, percussions)
- Christophe Werner Wauthier (batterie, percussions)
- Vincent Erdeven (claviers, voix, percussions)
- Érik 'raggy' Sevret (saxophone, flûte, claviers, percussions, fx)
- Alexandre Raux (guitare, percussions, reverses)
- Guillaume Berthelot (claviers, samples)


1. Der Zug
2. Die Architektur
3. Die Strasse
4. Die Fabrik
5. Die Laden
6. Die Bourgeoisie
7. Der Verkehr
8. Der Windergarten
9. Die Brucke
10. Die Freizeit
11. Der Tanz



             



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