Recherche avancée       Liste groupes



      
NEW-AGE/AMBIENT  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


KITARO - Astral Voyage (1978)
Par AIGLE BLANC le 9 Mai 2018          Consultée 173 fois

La renommée de KITARO aujourd'hui n'est plus à faire. Après avoir obtenu un Grammy Award pour le meilleur album new-age avec Thinking of you en 1999 et le Golden Globe Award pour la bande originale du film Heaven & Earth en 1993, les Américains le considèrent comme l'un des représentants les plus doués dans ce genre musical. Quant à lui, même s'il ne se reconnaît pas avant tout comme un musicien new-age, cette étiquette ne le gêne pas vraiment. Il tient surtout à faire du KITARO, et sur ce point force est d'admettre que sa musique en effet porte sa signature que l'on ne saurait confondre avec aucune autre. Un album de KITARO se flaire dès les premières mesures, sans doute trahi non seulement par sa sensibilité japonaise, mais aussi par la ligne directrice bouddhiste qui oriente sa vie depuis l'enfance. D'ailleurs, son nom de scène ne signifie-t-il pas, une fois traduit, "Homme d'amour et de joie" ?

Né en février 1953, Masanori Takahashi voit le jour au sein d'une famille de fermiers dans la région de Tokaï qui longe au Japon l'Océan Pacifique, plus précisément à Toyohashi, ville située au sud-est de la préfecture de Aichi. Du fait de ses dispositions intellectuelles, ses parents fondent beaucoup d'espoir sur son avenir professionnel et il ne les dément pas quand il intègre l'université de Toyohashi. Déjà, le jeune Masanori y dévoile une nette prédisposition musicale en officiant au sein d'un groupe d'étudiants fans de la scène américaine dont ils se plaisent à reprendre des titres rythm & blues d'Ottis REDDING ainsi que ceux pop-rock des BEATLES. Au départ, il s'illustre comme guitariste électrique. Quand il annonce à ses parents son envie de faire carrière dans la musique, ces derniers accusent le coup et tentent de le raisonner. Mais comment aller à l'encontre de soi ? Se renier n'est-il pas déjà un pas vers la mort ?
Comme ses parents sont bouddhistes, il parvient à les convaincre du bien-fondé de sa vocation musicale et part pour Tokyo afin d'y enrichir son expérience dans ce domaine. C'est dans la capitale qu'il se découvre une passion pour le synthétiseur analogique qu'il ne tarde pas à se procurer, abandonnant de ce fait la guitare électrique.
En 1970, il intègre comme synthétiste un groupe de rock progressif imprégné de psychédélisme, le Far East Family Band, qui enregistre dès 1975 l'album Nipponjin puis Parallel World en 1976. Au cours d'une tournée en Europe, il croise sur sa route Klaus SCHULZE, un autodidacte du synthétiseur dont il a fait une démonstration virtuose avec l'album Timewind. Masanori se montre très impressionné par sa maîtrise de l'instrument auquel il demande à être initié. Klaus SCHULZE en profite pour lui donner quelques conseils dans ce domaine et pour l'encourager dans cette voie au point que le musicien indépendant qu'il demeure viscéralement donne à Masanori sans doute la force de quitter le groupe afin de développer son art personnel. Le synthétiste allemand, par sympathie avec le groupe japonais, mixe ses deux premiers albums, Nippojin et Parallel World.
En 1976, Masanori quitte le groupe et part pour un voyage à travers l'Asie, en Chine, en Thaïlande et en Inde. C'est à son retour en 1977 qu'il troque son prénom pour celui, plus coloré et qui lui va si bien, de KITARO.

Son premier album, Ten Kai, paraît en 1978 et, sept ans plus tard, suite à un contrat de distribution signé chez Geffen records, il est renommé Astral Voyage. Cet opus, bien que manquant encore de maturité, n'en demeure pas moins prometteur et doit être perçu à n'en point douter comme le manifeste artistique de KITARO par sa volonté inédite de réconcilier son amour de la nature et de l'eau, déjà présents dès la lente ouverture "By the sea side" qui s'éveille au son du ressac marin avant que les synthétiseurs ne prennent le relais, dessinant une aube magique, comme une mise en condition de l'auditeur pour accueillir la profonde spiritualité de l'artiste. Ce dernier affectionne aussi la musique traditionnelle d'où la présence du Shakuhachi, flûte chinoise en bambou, et du biwa, sorte de luth japonais à manche courte, deux instruments interprétés ici par Ryusuke Seto. La tradition asiatique est perpétuée encore, dans "Microcosmos", par le sitar que manie Lavi, un autre musicien présent lors des sessions d'enregistrement. KITARO quant à lui dans "Astral voyage" joue du koto, instrument à cordes pincées que l'on utilise entre autres dans le théâtre Kabuki. Adepte de la musique classique, il nous régale aussi d'un beau solo de mandoline dans le nostalgique "Kaiso" que soutiennent dans une ambiance folk de doux accords de guitare acoustique que l'on retrouve sous forme d'arpèges dans "Fire" et "Dawn of the astral" mais cette fois fondue dans un environnement électronique.
Il est évident que ce brassage de la tradition, du folk et de la musique électronique ne manque pas de rappeler le grand compositeur et synthétiste grec VANGELIS, surtout dans ses albums Earth (1973), L'Apocalypse des animaux (1973) et China (1978) ainsi que sa collaboration avec Irène Papas dans le sublime Odes (1978). KITARO y ajoute sa sensibilité japonaise qu'enrichit sa pensée bouddhiste. Comme son homologue grec, le musicien se révèle un multi-instrumentiste doué, particulièrement dans sa manière singulière de manier la batterie et les percussions, comme dans le tribal "Soul of the sea", l'ouverture chamanique de "Astral voyage", sans oublier l'étonnant "Beat" où la batterie se voit amplifiée par les synthétiseurs rythmiques pour un résultat original.

Le premier effort solo de KITARO ne convainc pas de façon homogène à cause de certaines compositions trop filandreuses. Quelques bonnes idées auraient gagné à de plus amples développements. Mais en l'état, cela reste une œuvre prometteuse dont l'ouverture "By the sea side", "Endless dreamy world" et "Astral voyage" annoncent l'album suivant par leur utilisation du mini-Moog, similaire au Klaus SCHULZE de Moondawn.

A lire aussi en NEW-AGE/AMBIENT par AIGLE BLANC :


Johann JOHANNSSON
Premier Contact (arrival) (2016)
Une bo surgie d'une autre dimension.




HAROLD BUDD & BRIAN ENO
The Pearl (1984)
Une perle à la douceur maléfique


Marquez et partagez





 
   AIGLE BLANC

 
  N/A



- Kitaro (synthétiseurs, mandoline, koto, guitare acoustique)
- Ryusuke (shakuhachi, biwa)
- Lavi (sitar)


1. By The Sea Side
2. Soul Of The Sea
3. Micro Cosmos
4. Beat
5. Fire
6. Mu
7. Dawn Of The Astral
8. Endless Dreamy World
9. Kaiso
10. Astral Voyage



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod