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1996 My Shadow

DECAMERON - Say Hello To The Band (1973)
Par JESTERS TEAR le 29 Août 2018          Consultée 302 fois

DECAMERON! Vous connaissez pas? C’est pas bien surprenant. Personnellement, j’ai jamais croisé le moindre pékin qui connaisse, et quand je dis que c’est un de mes groupes préférés de folk rock des 70’s, devant FAIRPORT CONVENTION et THE STRAWBS, je croise souvent des yeux vides de merlan. Il faut dire que les merlans ne sont pas connus pour leur culture musicale, mais quand même. Du coup rassurez-vous, si vous n’en avez jamais entendu parler, si vous n’en avez jamais entendu le moindre morceau, c’est normal. Ça veut pas dire que vous avez pas tort, hein.

Parce que passer à côté de ce groupe, c’est dommage. Alors certes, il n’a pas eu une carrière extensive, seulement 4 albums, mais d’abord, les deux derniers sont des chef-d’œuvres de folk rock progressif, et ensuite les deux premiers ne sont pas dénués de potentiel (vous noterez l’inversion stylistique d’abord/derniers et ensuite/premiers, parce que c’est de l’art m’voyez).

Prenons le premier par exemple tiens (il vaut mieux, vu que la chronique est sur celui-là, ma grande). Sans doute le moins progressif, mais aussi le moins rock, les guitares électriques sont quasiment absentes, tout comme les claviers. Ça nous laisse surtout du folk, mais du joli folk. En plus, le groupe se permet d'alterner humour et sérieux avec réussite.

La musique repose sur les compositions et le chant de Johnny Coppin et Dave Bell, les fondateurs du groupe, les tenants également des guitares rythmiques. Leurs deux voix qui s’alternent (je saurais pas trop vous dire lequel est lequel, mais y’en a un dont la voix est plus comme ci, l’autre plus comme ça, si ça peut vous être utile) ainsi que la profusion de chœurs font que je compare souvent ce groupe à un SUPERTRAMP folk, surtout plus tard quand ils verseront plus dans le progressif, mais je ne tiendrai pas rigueur à ceux qui diront que c’est un peu tiré par les cheveux. Al Fenn tient la guitare lead et la mandoline, et Geoff March le violon et le cello, les deux participant aussi aux chœurs. D’autres musiciens, ne faisant pas officiellement partie du groupe, tiennent la basse, la batterie, le dulcimer et le piano.

On commence avec un folk enjoué et humoristique. Le titre éponyme raconte avec enthousiasme l’histoire d’un musicien essayant de convaincre son ancienne petite amie de les héberger, lui et son groupe, alors que celle-ci est en compagnie de son nouvel étalon. Les « Love meeeee, Love my bannnd » du refrain sont aussi entraînants que drôles. La composition en est classique mais efficace, avec un harmonica fort à propos, et déjà une science des harmonies bien présente.
Tout de suite après, on a « Byard’s Leap », sans doute le morceau le plus progressif de l’album (en fait le seul morceau qui le soit). Mais attention, cela se rapproche plus de la fresque aux relents de conte traditionnel à la FAIRPORT CONVENTION que des rebondissements et changements de rythme d’un GENESIS. La mélodie de base, bien que répétitive, est cependant bien trouvée, l’histoire sur la sorcière est prenante, la partie instrumentale en crescendo efficace. Dans le style, c’est donc une réussite. Les deux premiers morceaux, aux antipodes l’un de l’autre, sont donc très prometteurs.

Le problème, c’est qu’on enchaîne sur 4 morceaux folks assez lents, tous plus ou moins sympathiques (« Judith » avec son refrain aux belles harmonies vocales et sa slide pertinente, « Innocent Sylvester Prime », très délicat et non dépourvu de beauté, « The Moon’s In A », une belle balade bien qu’un peu trop longue pour ce qu’elle a à offrir… Il n’y que « Crows », qui tente plus de choses mais pour un résultat très mitigé, que je n’aime vraiment pas) mais qui ne peuvent, alignés de la sorte, empêcher l’ennui de s’installer.

«Stoats Grope » relance un tempo énergique salvateur pour un morceau court et presque country, avec un violon virevoltant et une basse très en avant, qui sans être un chef-d’œuvre est très satisfaisant. D’ailleurs, heureusement qu’il nous a donné un coup de fouet (non ce n’est pas révélateur de mes penchants, c’est une métaphore, ignare va), sinon on aurait pas réussi à apprécier un « Ride A Lame Pony » plus calme. Et ce serait dommage, parce que c’est un bien beau titre, une mélodie folk très efficace sur les couplets, un refrain superbe aux harmonies réussies, une guitare acoustique lead inspirée qui soloïse (si ça existe, vous connaissez pas le fameux roman « La Nouvelle Soloïse » ?) en arrière plan. En plus, le titre m’évoque l’arrivée de D’Artagnan à Paris sur son cheval orange, mais en vrai rien à voir.

« Shine Away » conclut l’album sur un court mid tempo aérien, émotionnel et inspiré, tous cello et violon dehors. A noter qu’on a en bonus un « Friday Night At The Regal » qui renvoie avec bonheur à l’ambiance enjouée du morceau d’ouverture.

Ce premier album, s’il comprend certains titres très prometteurs, est plombé par son ventre mou (pas mauvais, mou) et manque encore de l’ambition progressive et plus rock que le groupe montrera par la suite. C’est cependant un bon album folk qui laisse entrevoir le potentiel des vocalistes (c’est comme chanteurs, mais quand on se la pète en mode je connais la musique), auquel j’attribue la moyenne 2,5.

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   JESTERS TEAR

 
  N/A



- Dave Bell (guitare,chant)
- John Coppin (guitare,chant)
- Al Fenn (guitare,mandoline,choeurs)
- Geoff March (violon, violoncelle,choeurs)


1. Say Hello To The Band
2. Byard's Leap
3. Judith
4. Innocent Sylvester Prime
5. The Moon's In A
6. Stoat's Grope
7. Ride A Lame Pony
8. Shine Away
- bonus
9. Friday Night At The Regal



             



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