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- Style : Oldelaf & Monsieur D, Les Ogres De Barback

Les VRP - Vacances Prolongées (1992)
Par RAMON PEREZ le 10 Décembre 2018          Consultée 1185 fois

Si tu as lu ma chronique de Retire les nains de tes poches, tu t’es peut-être dis que j’écrivais sur les VRP par rapport à mon pseudo. Ce n’est pas le cas. Si j’écris sur eux, c’est parce qu’il y a quelques semaines j’ai encore une fois réécouté Vacances prolongées. Je me suis dit que cet album était tellement bien qu’il fallait que j’en fasse une chronique. Or autant faire la discographie en entier, alors nous voici à la troisième et dernière étape. Fort d’une recette établie et reconnue, le groupe revient avec cette galette parfaitement réussie. Tellement que quelques mois après il se sabordera durant une représentation au Zénith de Montpellier, à l’issue de laquelle les musiciens donneront tous les instruments au public. Conscients d’être allés au bout de leur délire, refusant de pantoufler, les uns et les autres reprennent leur chemin, vers les NONNES TROPPO ou des carrières solo, laissant derrière eux une œuvre fondatrice pour toute une scène émergente dans ces années-là (OGRES, HURLEMENTS, WRIGGLES, etc…). C’est dans cet album que figure un pur classique de la chanson de rue fréquemment reprise par ces successeurs : "Léo". C’est paradoxalement avec la chanson qui leur ressemble le moins que les VRP passent le relais, sans encore le savoir. C’est en effet dans un style néo-réaliste plutôt tragique qu’ils s’illustrent ici, quand leur œuvre est plutôt empreinte d’un humour potache ou grinçant.

Un humour dont ce disque est gorgé du début à la fin, avec un savoir-faire évident, bien rehaussé par un petit effort sur la production permettant d’adhérer encore plus au propos. Dans le registre potache, l’album s’ouvre avec une blague, histoire de mettre dans l’ambiance. Puis aligne quelques classiques du genre ("La grosse papille", "Aujourd’hui c’est dimanche"), directement dans la ligne des deux précédents, mais en mieux. On peut noter aussi l’enchaînement de jeux de mots approximatifs sur la Belgique, un forfait réalisé avec le groupe STELLLA, d’où le nom du morceau. Du côté plus grinçant, on peut relever la fielleuse "Picardie" (vous ne verrez plus les vacances de la même manière !), la magnifique cartouche tirée sur les rappeurs "Tout pour le fric" ou encore le dernier titre, glauque à souhait.

Tout cela c’est du pur VRP. Mais ça ne suffirait pas à faire un grand disque. Si ce disque est grand, c’est justement parce qu’ils ont ajouté de nouveaux éléments à leur panoplie. A commencer par "Léo" donc. On peut parler également de "Bartek" qui n’a aucun rapport avec le reste de leur discographie, si ce n’est sur la forme. Chanté en polonais, il donne un petit gout d’ailleurs qui annonce peut-être la fin imminente du groupe. Au long de l’album, les VRP intègrent par petites touches des éléments musicaux à leur répertoire. Comme le sicilien "Mémère" ou le blues de l’hilarant "Ma vache a grossi". Dans ces nouvelles marges, le groupe trouve un pur chef d’œuvre de non-sens : l’exceptionnel "Partir", où Néry divague en roue libre dans un texte à tiroirs gigognes complètement ahurissant. De quoi inspirer à nouveau pas mal de monde.

Vacances prolongées, c’est donc du VRP solide sur ses bases, se permettant d’être novateur, voire même inventeur. C’est un résumé du meilleur de ce groupe autant qu’une fondation sur laquelle de nombreux autres sont venus construire. On y rit beaucoup, de l’humour le plus bas de gamme au plus fin. On y grimace parfois. C’est un nouveau voyage dans la condition humaine, finalement le terrain d’exploration des VRP depuis le début. A cette époque également, le groupe s’intéresse à la vidéo. Aussi existe-t-il un clip pour la plupart de ces chansons, qui complètent l’univers décalé de l’album, dans des dimensions poétiques délirantes autant que dérangeantes. Partis punks de rue à deux sous, les VRP ont donc en trois albums prouvé qu’ils étaient des artistes complets. Trois disques, c’est une œuvre vite explorée. Mais si cela est trop pour toi, contentes-toi d’écouter celui-ci, un vrai incontournable de la chanson à l’esprit rock de notre pays.

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   RAMON PEREZ

 
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- Stéphane (néry catineau : chant, contrebassine)
- Gilbert (laurent meslin : chant, ukulélé, xylophone)
- Marc Rascal (pascal herbert : chant, harmonica, percussions)
- Fabrice (cyril delmote : chant, guitare, banjo)
- Gilberd (sébastien libolt : chant, mélodica, accordéon)


1. Une Blague
2. La Grosse Papille
3. La Picardie
4. Léo
5. L'Écho Rameur
6. Bartek
7. Stellamentable
8. Tout Pour Le Fric
9. Abdul
10. Aujourd'hui C'est Dimanche
11. Partir
12. Mémère
13. Ma Vache A Grossi
14. Salope



             



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