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- Style : Georges Brassens

BRASSEN'S NOT DEAD - Volume 2 (2009)
Par RAMON PEREZ le 17 Février 2019          Consultée 377 fois

Les BRASSEN’S NOT DEAD ont fait marrer pas mal de monde avec leur premier album, suffisamment pour se dire qu’une aventure peut être tentée. Se faire une réputation sur Toulouse et dans le milieu des brassensophiles dans un premier temps, puis sortir de ces deux cercles pour tourner un peu partout en France. Je spoile la suite : c’est ce qui va arriver. Mais, pour l’heure, il s’agit d’enregistrer le deuxième album qui doit prouver que le concept de mettre du punk sur les chansons du Sétois peut être davantage qu’une blague en passant. Bref, c’est l’heure des choses sérieuses.

Est-ce pour cela que l’Animateur à la Kon se fait éjecter d’entrée et ne reviendra plus ? Il faut attendre le dernier morceau pour retrouver un classique de BRASSENS (« Le gorille ») repris en pur mode binaire pour la déconne. Il est vrai que le premier album avait allègrement pioché dans les classiques et, bien qu’il en reste quelques-uns, celui-ci doit davantage aller vers des morceaux moins connus. Par conséquent, il se fait un petit peu moins immédiat, mais peut-être un peu plus intéressant pour les connaisseurs de l’œuvre de base. En allant chercher ces chansons moins connues, le groupe s’ouvre à une partie moins légère, voire plus grave, du répertoire du maître. Quitte à aller dans ces directions, autant faire l’effort de coller le plus possible musicalement.

Plus question de simplifier certaines parties, mais plutôt de travailler sur les accords de passage, si importants dans les orchestrations originales, ainsi que sur les variations rythmiques. L’album se retrouve truffé de breaks, de petites expérimentations musicales qui prennent le pas sur les arrangements simplement binaires, sérieusement limités. Une technique redoutablement efficace utilisée consiste à démarrer simplement, avec juste la guitare, puis à faire apparaître progressivement les autres instruments, tout en augmentant le tempo petit à petit. Cela introduit une certaine tension, une vraie excitation, qui trouve toujours son exutoire dans un final pogoteur de première. Ce schéma, utilisé à plusieurs reprises (notamment dans le très réussi « Le testament ») complète un début d’album très rock’n roll, bien lancé par un « La mauvaise herbe » tout à fond. On retrouve dans cette première partie une « Fernande » taillée pour le groupe qui se fait un plaisir d’alterner des couplets puissants et des refrains explosifs.

Cependant, c’est dans sa deuxième partie que l’album décolle véritablement et enchaîne ses meilleures réussites. Cela démarre avec le riff d’acier de « L’ancêtre », ouvrant un titre très construit, intense et généreux. Puis arrive le morceau de bravoure du disque, à savoir « Le fantôme ». Après une intro tirant sur le death metal pour l’ambiance, le groupe flirte avec ses limites en rapidité et en intensité. La guitare s’allume, s’éteint, se rallume, brûle. La section rythmique passe son temps à varier, avec un souffle incroyable. Et Irwin donne vraiment tout ce qu’il a. Une performance de studio difficile à réitérer en concert. En tout cas, je me souviens d’un soir où le groupe avait zappé le titre car c’était trop d’énergie à sortir.

Il faut dire que ce jour-là, ils n’en n’avaient plus trop à donner. Ils s’étaient organisés une petite tournée des bars, quatre soirs de suite, de la péniche du Cri de la Mouette au Petit London, en passant bien-sûr par l’incontournable Autan, le bar punk de Toulouse à qui la reprise du « Bistrot », sur le premier album, rendait hommage. Autant dire qu’ils avaient fini lessivés. C’est lors de ce dernier concert que j’appris une chose assez incroyable : le batteur n’a qu’un membre valide. Il n’en paraît rien à l’oreille et il faut le remarquer sur scène tant il a su trouver une technique efficace. Cela force évidemment le respect. Tout comme les petits engagements du groupe sur la question du handicap (jouer pour des assos, mais aussi faire participer une signeuse aux concerts toulousains sur quelques chansons).

La fin de l’album est un grand moment de partage d’énergie. On y retrouve l’art des chœurs de la bande qui joue à fond sur l’aspect mécanique de certaines compositions de BRASSENS pour gagner en force, comme le répétitif du « Roi » (titre où le vénérable chanteur se marie à Joan JETT !) ou le rythme de « Don Juan ». Mais c’est peut-être sur « Jeanne » que cela se fait le plus efficace. Cette chanson, à l’origine l’une des plus tendres du chanteur, devient un pur vecteur d’électricité, vibrante d’émotion pour qui sait l’entendre au milieu des décibels. Une certaine idée de la beauté qui ne peut que ravir ta part de keupon.

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   RAMON PEREZ

 
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1. L'intro à La Kon
2. La Mauvaise Herbe
3. Le Testament
4. Le Temps Ne Fait Rien à L'affaire
5. Le Mauvais Sujet Repenti
6. Fernande
7. Celui Qui A Mal Tourné
8. Les Oiseaux De Passage
9. L'ancêtre
10. Le Fantôme
11. Le Roi
12. Don Juan
13. La Jeanne
14. Le Gorille



             



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