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- Style : Georges Brassens

BRASSEN'S NOT DEAD - Volume 3 (2011)
Par RAMON PEREZ le 7 Mars 2019          Consultée 281 fois

Jamais 2 sans 3, l’adage se vérifie une nouvelle fois avec les BRASSEN’S NOT DEAD qui poursuivent leur travail de transformation du répertoire du grand Georges. Un répertoire où la plupart des classiques ont déjà été revisités, mais pas la chanson la plus reliée à son auteur dans l’esprit du grand public, en un sens sa plus représentative. Je veux bien-sûr parler de "La mauvaise réputation". Une chanson toutefois un peu dédaignée par les brassensologues, comme c’est souvent le cas pour ce genre de morceau trop connu par rapport à d’autres que l’on peut juger plus intéressants. Le groupe, en vrai connaisseur de l’œuvre du sétois, se montre donc particulièrement exigeant avec le tube. Entre autres parce qu’il le sert d’abord en version espagnole, sur une traduction réalisée pour PACO IBANEZ (album Canta Brassens, 1979), que BRASSENS avait enregistrée lui-aussi lors de sessions informelles, avec "Le testament" et "La cane de Jeanne", également traduites. Ces enregistrements sont depuis venus étoffer certaines rééditions, que nos punks ont donc dû écouter. La version française figure également sur l’album, à la fin en bonus, avec la même instrumentation. Sans conteste la plus lourde, la plus sale que le groupe ait jamais conçue.

Un choix sonore qui tranche avec le reste du disque, en se rapprochant davantage de ce que l’on a entendu dans le Volume 2. Car après avoir joué la déconne puis la force, c’est maintenant vers la finesse que le groupe veut aller. Alors, on est bien d’accord, on parle de punk. C’est donc une finesse tout à fait relative. Mais, tout de même, le son est beaucoup plus précis et les musiciens en font bien davantage, sans être pour autant dans le démonstratif. Ecoutons par exemple 'La rose, la bouteille…' : on y trouve une guitare qui multiplie les accords et les rythmes, propose quelques ornementations et n’oublie pas de servir un bon gros riff. Mais aussi une basse qui virevolte et donne beaucoup plus que précédemment. Tu pourrais te dire que ce choix se fait au détriment d’une certaine puissance, d’une force brute que la bande savait jusqu'ici superbement canaliser. Le démarrage de l’album aura vite fait de te rassurer.

Car c’est une véritable leçon pour tout groupe de rock sur la façon de lancer les hostilités. On sourit d’abord avec le petit délire de L’animateur à la Kon, que l’on retrouvera cette-fois ci à plusieurs reprises. Puis arrive cette attaque géniale du premier morceau où le décor est littéralement planté en trois accords. Trois grosses mandales pour fixer ton attention sur ce qui va suivre, te préparer à la session de pogo qui démarre dès le second couplet et qui est ensuite régulièrement relancée par des morceaux binaires incendiaires ("L’orage", "Oncle Archibald", "Les casseuses").

Et entre ces relances binaires, on retrouve un enchaînement de titres plus ambitieux, comme Grand-père", l’une des chansons les plus étonnamment construites de BRASSENS que le groupe descend tout schuss. Ou "Les patriotes" dans lequel le riff, l’allure et les variations conduisent à un moment fort d’intensité. D'ailleurs ce mot d’intensité représente bien l’ensemble de l’album, tant elle ne se pose jamais vraiment, à part lors des interventions de l’Animateur et au détour d’une ou deux chansons, le temps de repartir vers des sommets comme "Corne d’Aurochs", la reprise la plus ébouriffante de la galette. Pleine de groove, avec des chœurs hyper entraînants, des ponts franchement punchy et une montée tonale d’enfer pour atteindre l’extase.

Voilà, cet album est carrément réussi. C’est dit. Il se laissera probablement davantage apprécier par les connaisseurs de l’œuvre brassénienne, vu le nombre de titres assez obscurs exhumés ici. Les autres peuvent néanmoins s’entraîner avec le premier album, contenant davantage de chansons connues, avant de revenir apprécier celui-là. Mais, dans tous les cas, pour peu que l’on soit réceptif à la démarche de punkifier le vieux Georges, je ne doute pas que l’on apprécie cet effort à sa juste valeur. Celui d’un groupe qui fait ce qu’il aime, sait s’amuser (à l’image du titre caché où BRASSENS est croqué à la sauce TRUST), mais qui a une certaine ambition et garde toujours un vrai respect pour l’œuvre réexplorée. C’est ainsi que, petit à petit, BRASSEN’S NOT DEAD construit sa patte, son œuvre, avec par exemple les petites citations mises çà et là sur les disques (ici NOIR DESIR, LES RAMONES et… Boby LAPOINTE !). Si toutes les reprises pouvaient au moins contenir ces ingrédients, nul doute que la musique s’en porterait mieux !

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   RAMON PEREZ

 
  N/A



- Irwin (chant, harmonica)
- Juan (basse)
- Yo (batterie)
- Marco (guitare)
- Riri (animateur à la kon)


1. L'intro à La Kon
2. Une Jolie Fleur
3. Grand Père
4. L'orage
5. La Mala Reputacion
6. La Route Aux Quatre Chansons
7. Animateur En Danger
8. Les Patriotes
9. La Rose, La Bouteille Et La Poignée De Main
10. Oncle Archibald
11. La Princesse Et Le Croque Note
12. Corne D'auroch
13. Marinette
14. Les Casseuses
15. La Mauvaise Réputation



             



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