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2009 Before The Fire
2011 Pressure & Time
2012 Head Down
2014 Great Western Valkyri...
2016 Hollow Bones
2019 Feral Roots
 

- Style : The Devil's Blood , Blues Pills
 

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RIVAL SONS - Feral Roots (2019)
Par COWBOY BEBOP le 18 Février 2019          Consultée 871 fois

Les groupes de la trempe des RIVAL SONS sont une espèce en voie d'extinction. Dans le désert de plus en plus aride du rock moderne, on aura plus de chance de croiser un vieux mastodonte sénescent ou une de ces tristes contrefaçons, reflet falot de leur grandioses aînés, qu'un groupe réellement singulier et novateur. Force est d'admettre que le genre semble avoir fait son temps, et que les nouveaux moteurs de la créativité et de l'innovation musicale sont à chercher ailleurs. Néanmoins, la sortie d'un nouvel album des Fils Rivaux est l'occasion de mitiger ce constat amer, et de faire démentir nous autres pessimistes qui avons enterré le rock un peu trop tôt.

La pochette magnifique, qui justifie à elle seule l'achat de la version vinyle, est à nouveau empruntée à l'œuvre du canadien Martin Wittfooth — le même qui avait réalisé la sublime cover d'Hollow Bones. L'esprit et la composition en sont d'ailleurs assez similaires : un animal au milieu d'un décor végétal mi-réaliste, mi-fantasmé. Sauf qu'ici, l'étrangeté poétique d'un loup crachant (ou avalant ?) un nuage fait place à une jungle chamarrée, teintée d'inquiétude par le regard aigu d'une molosse charbon. De ses mamelles s'écoule un lait qui nourrit tout un éden féral ; tandis que la lune plane dans un ciel rouge sang rappelant le fauvisme, évocation d'un retour aux racines sauvages.

L'album s'ouvre de manière assez prévisible par un solide single radiophonique, « Do Your Worst ». On y retrouve tous les composants habituels qui font l'alchimie des RIVAL SONS : un gros riff qui tache, du fuzz bien épais qui dégouline, la charge tellurique de Michael Miley, et pour couronner le tout, la voix olympienne de Jay Buchanan. L'éminent Dave Cobb est à nouveau derrière les potards, et l'on retrouve avec plaisir ce son « live » qui transmet toute l'énergie électrisante du quatuor. Les deux premiers titres sont dans la droite lignée de Hollow Bones — voire même de Pressure and Time, à tel point qu'on pourrait les interchanger avec « Baby Boy » ou « Young Love » sans que cela ne fasse une bien grande différence. Arrivé à « Back In The Woods » et ses couplets bancals, la Déception pointe le bout de son nez crochu. Les RIVAL SONS se seraient-ils transformés en une simple machine à tubes, crachant leurs riffs en rafales tels des photocopieuses sans âme ?

En fait, Feral Roots ne débute réellement qu'au quatrième titre, « Look Away ». L'introduction acoustique, rappelant fortement le style de John BUTLER et le Zeppelin période Houses of the Holy, intrigue venant des RIVAL SONS. Le préambule instrumental de deux minutes et le bridge planant apportent une amplitude bienvenue, une véritable bouffée d'air sylvestre. La superbe « Feral Roots » prolonge cet élan sauvage et prend aisément sa place parmi les plus belles réussites des Fils Rivaux. Une ambiance à la FLEET FOXES inaugure un voyage mystique dans une forêt fantasmagorique, sur fond d'arpèges et de slide. On retrouve en filigrane ces arrangements à la Jimmy Page, magnifiés par une délicate tapisserie de guitares entremêlées — preuve que Scott Holiday sait faire bien plus que de simples riffs bourrins gavés au fuzz.

Si les RIVAL SONS reviennent à leurs vieilles marottes avec « Too Bad », nous ne sommes toutefois pas tout à fait au bout de nos surprises. « Stood By Me » fait un écart réussi dans le territoire du rhythm' n' blues, et les légers changements de direction imprévisibles que prend « Imperial Joy » montrent que le groupe sait encore surprendre son auditoire. Les Californiens continuent leur exploration avec « All Directions » qui déguise habilement son jeu grâce à une introduction très sereine, voire apaisante — ce qui n'en rend la montée en puissance finale que plus jouissive. « The End of Forever » est grandiose à souhait, mais vite surpassée par un final frisant la grandiloquence. À l'inverse de Hollow Bones qui se concluait dans un murmure, ici les RIVAL SONS convoquent tout un chœur de gospel pour une sorte de « We Are The World » version 2019 — on aura connu le groupe autrement plus subtil. Heureusement, des couplets bien ficelés et le charisme de Buchanan sauvent de la noyade ce qui aurait été sinon un péan franchement téléphoné.

Un quasi sans-faute pour les RIVALS SONS donc, qui nous offrent ce qu'on sait déjà être l'un des meilleurs albums rock de l'année. Non seulement ils n'ont rien perdu de leur science des riffs qui font mouche (soyons clair, on aura beau faire la fine bouche, difficile de résister à « Sugar On The Bone » ou « Too Bad ») ; mais ils continuent d'élargir toujours un peu plus l'ampleur de leur palette sonore et mélodique. Contrairement à tous ces épigones qui tombent vite à court de carburant créatif (il suffira d'écouter le dernier G.V.F. pour s'en convaincre), les RIVALS SONS, puisant au creuset des musiques roots et traditionnelles, semblent ne jamais avoir été aussi inspirés. Qui a dit que le rock n'avait plus rien à offrir ?

Note réelle : 4,5/5

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   COWBOY BEBOP

 
  N/A



- Jay Buchanan (chant, guitare)
- Scott Holiday (guitare)
- Michael Miley (batterie)
- Dave Beste (basse)


1. Do Your Worst
2. Sugar On The Bone
3. Back In The Woods
4. Look Away
5. Feral Roots
6. Too Bad
7. Stood By Me
8. Imperial Joy
9. All Directions
10. End Of Forever
11. Shooting Stars



             



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