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RIVAL SONS - Hollow Bones (2016)
Par JASPER LEE POP le 11 Juillet 2016          Consultée 1038 fois

Ça vous embête si je vous parle de moi deux secondes ? Non parce que les RIVAL SONS tiennent une place à part dans mon cœur. D'abord parce que c'est l'un des rares groupes qui plaît à toute la famille à la maison et qu'on va du coup voir tous ensemble en concert. C'est bien sympa ma foi et ça me donne l'illusion fugace que mes enfants ne sont pas totalement perdus pour le rock. Au passage, profitons-en pour rappeler que le combo est comme un poisson dans l'eau sur scène et que Jay Buchanan est un des chanteurs les plus légitimes qu'il m'ait été donné de voir/entendre derrière un micro depuis bien longtemps. Ensuite de façon plus anecdotique parce que le groupe est originaire de Long Beach en Californie et que j'ai fait semblant d'y faire des études il y a bien longtemps. Des fois, il n'en faut pas plus que ça pour vous rendre un groupe plus sympathique qu'un autre et puis il faut dire ce qui est, ça me permet de frimer un peu au passage.

Mais voilà, qui aime bien châtie bien et j'avais été un des rares (avec Red One) à ne pas totalement m'enflammer à l'écoute de leur précédent album Great Western Walkyrie. Je lui ai redonné une chance avant d'écrire ces lignes et je n'en démords pas, je trouve que le groupe y patine un peu et à tendance à déjà se répéter. Et pour une formation qui fait en grande partie dans le vintage, quand l'imitateur commence à s'imiter, ça devient un peu limite. Autant dire qu'avec ce nouvel album, je les attendais en embuscade, les RIVAL SONS. Et ç'a failli tourné court pour moi à l'écoute des deux premiers morceaux «Hollow Bones Part 1 » et « Tied Up » tant le groupe est là encore en pilotage automatique et recycle sa recette revival. Attention, ne me jetez pas des cailloux, je ne dis pas que ces chansons sont mauvaises, elles sont au contraire absolument impeccables mais la prise de risques est nulle avec un énième groove Bonhamien, une guitare plus fuzz tu meurs et des chœurs façon incantations indiennes déjà maintes fois entendus (Buchanan a des origines Creeks) pour la première et des couplets ambiance swingin' London déjà expérimentés sur les albums précédents pour la seconde. Si c'est votre première écoute du groupe, je vous envie mais si vous êtes fan, ça sent le réchauffé.

Sauf que toute la suite va démentir ma première impression de déception. « Thundering Voices » séduit avec un refrain tout en contraste chanté en douceur mais lacéré de hurlements de loup en arrière plan. Comment résister à « Baby Boy » emmené par la pulsation impériale de Michael Miley ? « Pretty Face » fait tout autant mouche avec un Buchanan de plus en plus économe au niveau du volume vocal sur les couplets et qui balance la sauce en refrains. Là encore, contraste assuré. « Fade Out » est une fort jolie ballade up-tempo avec un Scott Holiday qui pèse toutes ses notes, qui élague au maximum pour ne garder que l'essentiel. La reprise de « Black Coffee » d'HUMBLE PIE sortie en avance à l'occasion du Record Store Day est davantage un hommage qu'autre chose tant le groupe ne se permet pas de s'écarter de la version originale. Mêmes arrangements, mêmes chœurs féminins, les RIVAL SONS s'autorisant tout au plus une petite jam finale bien sentie pour rallonger le café.

Tout ça est de très bon goût et on se dit qu'on a une bonne galette entre les mains. Attention, n'allez pas croire que les gars réinventent la roue pour autant, on n'est pas en Terres Inconnues avec Frédo Lopez. RIVAL SONS connaît son affaire et nous sert son cocktail habituel à base de rythmiques frappées du sceau de Bonzo et de licks baignés de fuzz. Mais le groupe y insuffle une petite touche de modernité bienvenue principalement due à Holiday et ses multiples effets même si paradoxalement ceux-ci ont tendance à masquer le phrasé du bonhomme dont on aimerait davantage entendre les doigts un jour. Non, vraiment le niveau des compos est bon jusqu'à présent. Et puis arrive le morceau suivant et là, je vous propose de sauter une ligne.

RIVAL SONS nous refait le coup du diptyque, à savoir qu'ils déclinent un titre de leur album en un second volet. La thématique des paroles est commune mais musicalement, les deux plages n'ont rien à voir. La tentative précédente (Manifest Destiny Part 2 sur Head Down) m'avait laissé un mauvais souvenir tant il s'agissait plus d'une longue jam où Holiday s'égarait que d'un véritable morceau (le groupe avait avoué l'avoir enregistré en une prise sans répétition). Ils retentent le coup ici avec « Hollow Bones Part 2 » et c'est phénoménal. La structure du morceau est des plus basiques et est là aussi prétexte à jammer mais tout fonctionne à merveille et personne ne s'égare en route. Le ton est épique, la montée en puissance est irrésistible, Buchanan se retrouve seul a cappella comme il a coutume de le faire en live et convoque ses ancêtres indiens avant que le groupe remette la gomme pour un final orgiaque. On est terrassé et on aurait facilement pu aller se coucher après ça. Mais non, l'album se termine sur « All That I Want », tout simplement la plus belle ballade depuis « Face the Light » sur Pressure and Time, ce qui n'est pas rien. Buchanan y est une nouvelle fois déchirant sur fond de cordes et de guitare slide. Chapeau bas, messieurs.

RIVAL SONS est un groupe qui tourne sans cesse et qui va en studio à la faveur d'un répit dans le planning. Cette fois-ci, ils ont tout composé et enregistré sur la houlette du fidèle Dave Cobb en trois semaines. On aimerait croire qu'ils pourraient accoucher d'un album historique s'ils prenaient un peu plus de recul même si le groupe déclare aimer travailler sous pression. La note maximale n'est pas atteinte mais le fan que je suis est ravi de retrouver ses poulains dans une pareille forme.

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   JASPER LEE POP

 
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- Jay Buchanan (chant)
- Scott Holiday (guitare)
- Dave Beste (basse)
- Michael Miley (batterie)


1. Hollow Bones Pt 1
2. Tied Up
3. Thundering Voices
4. Baby Boy
5. Pretty Face
6. Fade Out
7. Black Coffee
8. Hollow Bones Pt 2
9. All That I Want



             



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