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1998 Liquid Tension Experi...
1999 2
 

- Membre : King Crimson, Transatlantic, Peter Gabriel
- Style + Membre : Dream Theater

LIQUID TENSION EXPERIMENT - Liquid Tension Experiment 2 (1999)
Par BAKER le 12 Mars 2019          Consultée 215 fois

Le premier album de LIQUID TENSION EXPERIMENT a été un colossal succès. Du côté de la critique, des ventes comme des fans, c'est un disque particulièrement bien reçu. Oh, on ne parle pas de ventes du niveau de celles de Taylor SWIFT, mais ce fut probablement l'un des plus grands, sinon le plus grand succès de la maison de disques Magna Carta, alors à son zénith. Il était donc logique, et de toutes façons inévitable, qu'une suite soit commandée car, bien que sorti en 1999 (vif souvenir d'achat chez Shop 33 à Paris), il fut enregistré en 1998. Or en 1998, Mike Portnoy est en passe de quitter DREAM THEATER, tandis que Derek SHERINIAN n'arrive décidément pas à faire l'unanimité chez les fans. L.T.E.2. est donc à la fois une excellente façon de retendre les liens entre Portnoy et PETRUCCI, dont l'alchimie est toujours intacte à l'époque, et de se rapprocher un peu plus de Jordan RUDESS.

La comparaison avec le premier album est inévitable puisque le style musical n'a pas changé, à part peut-être une ouverture un peu plus visible de PETRUCCI sur des modes exotiques qui le rapprochent, de plus en plus, de son idole Al DiMEOLA. On retrouve la technicité incroyable, le sens de l'humour, la volonté de proposer des mélodies au-delà du côté cirque. Le résultat sera cependant moins percutant et génial, tout en sachant que d'une part il reste des parties superbes, et d'autre part quelques fans préfèrent ce volume 2, notamment pour les parties "jam", qui d'ailleurs n'en sont pas toutes vraiment. Le meilleur aspect du disque restera encore une fois les quelques mélodies inoubliables : l'intro au piano de "Biaxident" et la progression impeccable du morceau, la magnifique outro acoustique "Hourglass" qui est la petite soeur de "State of Grace", moins exceptionnelle mais tout de même splendide (un petit joyau brut), et puis la majeure partie de "When the Water Breaks", titre prog-fleuve par excellence qui se traîne un peu en longueur vers la fin mais propose une cohésion d'écriture assez bluffante. On y trouve de l'émotion (la reprise du thème avec PETRUCCI en état de grâce) et du rire : ah, ça ne dure qu'une seconde, mais la marque 12m49, vous allez vous en souvenir longtemps !

Un autre s'en souviendra... PETRUCCI lui-même puisqu'il a quitté l'enregistrement à la hâte, sa femme accouchant. C'est honteux, c'est scandaleux. L'art avant tout. Imagine-t-on un romancier s'occuper de sa femme pendant un accouchement au lieu de trouver une idée de fin pour son chef-d'.... Hein ? Ma quoi ? Gaule ? Pourquoi je devrais la ferm.... OK OK, bon, acceptons donc le fait que pendant quelques jours, le quatuor est devenu trio, mais le studio étant réservé à l'avance, Portnoy Levin et Rudess en ont profité pour jammer comme des fous. Evidemment, comme pour le premier volet, ces jams se retrouvent dans l'album, sauf qu'à l'exception de 914 *, encore un festival Tony, elles ont été retravaillées avec John pour un résultat hybride. D'un côté, on a de la cohésion et surtout de la puissance : "Chewbacca" possède une pêche sonore impressionnante, et le début de "Liquid Dreams" présente des harmonies smooth-jazz absolument délicieuses.

D'un autre côté, on sent que le projet commence déjà à tourner en rond. Les jams se ressemblent dans leur structure, le côté spontané tend à s'effacer et, surtout, les sons de Jordan commencent sérieusement à fatiguer. C'est en restant sobre qu'il est le plus efficace : au piano, au faux accordéon sur un "Another Dimension" incroyable (on dirait un vrai, le mimétisme est bluffant), à l'orgue Jon LORDesque ou aux nappes d'ambiance sur toujours "Another Dimension" - l'intro vous fera immanquablement penser au premier Doom, ceci dit sur la pochette ils ont tous des gueules de cacodémons. "Another Dimension" est pour moi le pivot du groupe : c'est sympa, c'est mélodique, c'est très bien foutu, mais écoutez-moi ce riff final, ultra heavy, bourrin à mort même. C'est drivant, on headbange, on sourit, mais ça signe aussi la fin du groupe : Jordan, intimiste pianiste classique, est en train de gentiment pousser SHERINIAN par la fenêtre du bout du pied, tandis que Tony Levin est stylistiquement au taquet et ne pourra pas aller plus loin.

Finalement, si l'on devait résumer L.T.E.2. à un titre, le premier (et, ironiquement, le dernier enregistré) serait idéal : c'est quirky, ultra-frimeur, avec du groove, un riff bien fichu, mais ça ne s'emboîte pas aussi bien, aussi idéalement qu'avant, et on ressent une barrière invisible, le bout du chemin, tout en continuant à prendre beaucoup de plaisir à l'écoute. Ce fut une belle aventure et surtout, historiquement, L.T.E.2. a conduit Mike et John tout droit vers DREAM THEATER version 1999. Bon, que Derek SHERINIAN soit à l'origine de tous les meilleurs passages de S.F.A.M. est une autre histoire qui sera peut-être contée un jour dans ces colonnes. Mais le plus important est qu'avec ce regain de confiance, trois musiciens un peu en perte de vitesse ont su rebondir, et de quelle façon ! En attendant, L.T.E.2. était une petite déception, mais relativisons : si vous tombez du Mont Blanc mais atterrissez à Chamonix, d'une part vous pouvez postuler pour remplacer Vic Armstrong, et puis souriez, vous restez en altitude !

* Je vous rappelle que depuis le Brexit, le numéro d'urgence n'est plus 914, 911 ou 18, mais 0118 999 881 999 119 725 (3)

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- Mike Portnoy (batterie, percussions)
- John Petrucci (guitare)
- Jordan Rudess (claviers)
- Tony Levin (basse, chapman stick)


1. Acid Rain
2. Biaxident
3. 914
4. Another Dimension
5. When The Water Breaks
6. Chewbacca
7. Liquid Dreams
8. Hourglass



             



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