Recherche avancée       Liste groupes



      
HEAVY, JAZZ  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

1998 Liquid Tension Experi...
1999 2
2021 3
 

- Membre : King Crimson, Transatlantic, Peter Gabriel
- Style + Membre : Dream Theater, Jordan Rudess

LIQUID TENSION EXPERIMENT - Lte3 (2021)
Par BRADFLOYD le 17 Avril 2021          Consultée 1081 fois

Comme si 22 ans ne correspondaient qu'à un battement de cils. Rien de moins.

Un des albums les plus attendus, et des plus inattendus aussi, voit enfin le jour le 16 avril 2021, et le troisième album du supergroupe LIQUID TENSION EXPERIMENT fait comme si le temps n'avait eu aucune prise sur la qualité de ses musiciens et reprend là où ces derniers s'étaient arrêtés tout en évoluant, ce qui est le propre de la musique progressive. Et après l'album solo de John PETRUCCI sorti en 2020 (excellent album, au demeurant*) qui avait réuni les deux têtes pensantes de DREAM THEATER pré 2009, voici la bombe que tout le monde attendait mais n'espérait plus trop.

Pour ceux qui auraient manqué un épisode, deux albums étaient sortis en 1997 et 1999 et réunissaient deux membres importants de Dream Theater, John Petrucci et Mike Portnoy, un musicien de sessions, Jordan Rudess, claviériste de son état et peut-être le plus grand technicien de cet instrument**, et l'ancien, la légende de la basse et du stick Chapman, âgé de 20 ans de plus que les deux premiers compères, Tony Levin, lequel tutoyait les 53 ans. La fusion de ces quatre talents était telle que Jordan Rudess avait été intégré dans DREAM THEATER en remplacement de Derek Sherinian, ce qui avait permis au groupe de sortir ce véritable chef-d'œuvre qu'est "Metropolis II". Et qui avait, de surcroît, entraîné la mise en sommeil de LTE.

22 ans plus tard, Petrucci et Portnoy ont 53 ans, Rudess, 64 ans et Levin, 74 ans. Imaginez votre grand-père vous dire : tiens, petit, écoute mon dernier titre. Et là, déboule sur la platine "Hypersonic". Un déluge de notes obligeant Tony Levin à utiliser le stick Chapman tout en provoquant chez lui une incompréhension à constater que ses collègues intègrent aussi rapidement chacune des parties pour passer à la suivante alors que lui en est toujours à déchiffrer la précédente. Une incompréhension forçant l'admiration, alors que sa formation en classique et en jazz en font un des musiciens les plus respectés de la planète. Se considérant pourtant comme étant lent par rapport à ses partenaires, il reconnait en interview la qualité de la formation de l'école BERKLEE de Boston dont sont issus ses trois compères.

"Hypersonic", donc, est un titre hyper rapide comme son nom l'indique, mais plus de la main droite que de la main gauche côté guitare, alors que celui qui m'impressionne le plus durant ce déluge de notes serait plutôt PORTNOY. Quelle richesse de jeu du batteur !!! C'est là que certains grincheux regretteront encore plus son départ de dream Theater***, le groupe ayant déçu de nombreux fans depuis 2009. "Hypersonic", malgré la vitesse, reste différent de "Paradigm Shift" ou "Acid Rain" (pour moi, la plus belle intro du rock, ni plus, ni moins) tirés des deux premiers albums en ce sens où le titre paraît plus riche que ses deux prédécesseurs parce que moins orienté vers l'improvisation et plus travaillé du point de vue de la mélodie, en bref moins orienté groove mais plutôt claque dans la tronche. Parce que, quoi qu'on en dise, LIQUID TENSION EXPERIMENT reste avant tout un groupe d'impros, les quatre compères appréhendant leur musique comme un groupe de jazz#. Ce qui peut être constaté sur l'ensemble de cette galette, et particulièrement sur le CD bonus justement intitulé "A night at the improv".

Ainsi, "Chris & Kevin’s Amazing Odyssey" et "Shades Of Hope" sont de purs moments d'improvisation. Le premier, qui est la suite de "Chris and Kevin's Excellent Adventure"## est une intervention expérimentale de LEVIN à la contrebasse appuyée par la batterie de Portnoy, et le second est une impro clavier/guitare que nombre de commentateurs pensent superfétatoire mais qui a l'avantage de produire une pause salutaire avant le déluge de note de ce titre magnifique qu'est "Key To The Imagination", un titre où il y a tout dedans, tout ce que l' "ancien" DT savait faire surtout, sans la voix de James Labrie. Un titre contenant une variété de tempi, du début lent à la finition hyper-agressive avec une section médiane jazzy et mélodique. Imparable.

Mis à part ces deux impros, ce skeud contient six pistes écrites, même si certaines d'entre elles recèlent des moments d'improvisation qui s'intègrent parfaitement grâce à cette technicité de chacun des membres et la science de la mélodie, notamment de Petrucci. Tenez, "Beating the Odds" qui est le second "single" dévoilé sur les réseaux sociaux passe pour une mélodie plus facile, mais c'est tellement bon après le déluge de notes de "Hypersonic". Facile, ou tout du moins plus facilement mémorisable car la technique est là au service de la musique. De même, "The Passage of Time", premier "single", est beaucoup plus lourd, un peu comme si LIQUID TENSION EXPERIMENT avait voulu faire un clin d'oeil au DT de Train of Thought.

Et puis, il y a LA reprise. Ce titre de George GERSHWIN, "Rhapsody In Blue", qu'ils décortiquent, s'approprient en y mettant des arrangements surprenants, particulièrement metal par moment, jouant avec le rythme, mais surtout, en réussissant à transcender le morceau dès les premières notes, remplaçant cette montée du sax par un échange entre les claviers et la guitare qui ne dénaturent aucunement cette pièce, bien au contraire. Une vraie réussite du disque que ces musiciens voulaient absolument partager avec leur public, seuls quelques privilégiés ayant pu écouter en live ce titre au cours de l'année 2008.

Et pour ceux qui acquerront l'album dans sa version augmentée, les impros ne sont pas inutiles, loin s'en faut. Déjà, elles se distinguent par des fading en raison de la longueur de certains titres qui dépassaient à l'origine la demi-heure. Il s'agit, en fait, d'extraits de jams, un peu dans l'esprit de "Guitar" de Frank ZAPPA. Certaines idées sont devenues titres élaborés, d'autres n'ont pas été développées plus avant. Cependant, le côté lyrique de Petrucci ressort encore plus à cette occasion, notamment sur "Solid Resolution Theory" une fois que le thème se développe. La maîtrise instrumentale des quatre larrons au service de l'émotion tranche avec certains disques de DT lorsque des avalanches de notes tuent l'envie d'y revenir.

En fait, je rapprocherais LTE3 de ce que je considère comme le chef d'oeuvre de DREAM THEATER, à savoir Metropolis Part II : Scenes From A Memory. Comme par hasard, le disque qui a vu l'intégration de Jordan RUDESS au sein du groupe en 1999. Et ce LTE3 est une véritable bombe qui vaut largement ses deux prédécesseurs, voire les dépasse. La même chose, mais pas exactement, et en mieux. Finalement, cette pandémie qui nous tient et nous frustre depuis un an déjà a eu une vertu, celle de réunir ces musiciens libres de nombreux engagements qui nous ont sorti un disque d'une richesse incroyable que les amoureux de vélocité et de heavy prog adoreront et que les autres voueront aux gémonies. Et ils auraient bien tort, en cette période de morosité certaine.

Note réelle : 4,5/5

* "Terminal Velocity" avec Dave LARUE (Flying Colors, STEVE MORSE BAND, DREGS)
** En compétition peut-être avec l'Ukrainien Vitalij Kuprij dans les années 2000, lequel est de loin plus jeune que lui.
*** Pour rappel, Mike Portnoy avait tenté d'intégrer en qualité de membre permanent le groupe AVENGED SEVENFOLD pour l'album "Nightmare", en faisant une pige suite au décès de The REV. L'expérience lui avait particulièrement plu, ce qui avait motivé son départ de DT. Cependant, peut-être en raison de l'emprise potentielle de PORTNOY sur AVENGED SEVENFOLD, il s'était vu opposer une fin de non recevoir. Pas de pot pour lui, alors qu'il souhaitait, de ce fait, réintégrer DREAM THEATER, son retour avait été rendu impossible, ses anciens partenaires lui ayant déjà trouvé un successeur en la personne de Mike Mangini.
# N'oublions pas que, durant leurs scolarités respectives à BERKLEE, les futurs membres de DT apprenaient la théorie musicale à partir de classiques du jazz, socle de leur future technique, au même titre qu'UZEB quelques années avant. Pendant leurs temps de loisirs, ces jeunes gens se sont trouvés sur leur passion pour IRON MAIDEN et consorts, formant le groupe à l'occasion de multiples jams dans un de ces innombrables studios de l'école.
## Ce titre faisait suite à une interview où le pseudo journaliste, ne connaissant pas les prénoms de ses interlocuteurs, avait appelé Mike et Tony "Chris et Kevin".

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par BRADFLOYD :


Roger WATERS
Us + Them (2020)
Une rage toujours aussi présente et spectaculaire




PINK FLOYD
The Later Years - 1987-2019 (2019)
Pour les fans, mais pas que...


Marquez et partagez





 
   BRADFLOYD

 
  N/A



- Tony Levin – Guitares Basses, Chapman St
- John Petrucci – Guitares
- Mike Portnoy – Batterie
- Jordan Rudess – Claviers


1. Hypersonic
2. Beating The Odds
3. Liquid Evolution
4. The Passage Of Time
5. Chris & Kevin’s Amazing Odyssey
6. Rhapsody In Blue
7. Shades Of Hope
8. Key To The Imagination

- bonus Disc (a Night At The Improv)

1. Blink Of An Eye
2. Solid Resolution Theory
3. View From The Mountaintop
4. Your Beard Is Good
5. Ya Mon



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod