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MONT-JòIA - Cançons Dei Festas Provençalas (1978)
Par MARCO STIVELL le 28 Mars 2019          Consultée 112 fois

Le premier album de MONT-JÒIA avait une thématique, un travail de collecte aussi large dans le temps que dans le style. Petit à petit, le panel se resserre : ce deuxième qui nous intéresse est dédié aux célébrations diverses en Provence, avant un troisième disque qui doit être, lui, consacré à Noël.

Le soin particulier apporté à la pochette nous parle directement, une nouvelle fois. Ouvrante, triple, avec les textes, les notes, les illustrations, elle sentirait presque le thym, la lavande et le romarin... Elle donne un goût de "Reviens, reviens..." et même si cela fait penser à un sketch des Inconnus, c'est remarquable d'authenticité, un sens du précieux dont les années 70 ont usé avec générosité.

Ensuite, l'album... Eh bien, si on retrouve une densité musicale assez élevée, la magie n'est pas tout à fait la même que sur le premier de 1976, et pour cause ! Celui dont nous parlons est plus joyeux, beaucoup plus ! De "Tura Lura Lura" à la "Targa dau Martegue", la musique de MONT-JÒIA est à la Provence des siècles passés ce que le disco est en passe de devenir alors sur la plupart des disques d'artistes affiliés : une suite dansante qui ne donne pas envie de s'arrêter.

Contrairement à son prédécesseur, Cançons dei Festas Provençalas n'est pas enregistré dans l'ambiance très particulière d'un lieu saint, mais dans un simple studio (celui du groupe, devenu association à Vitrolles), avec un ton très live quand même. Du moins, assez pour donner l'impression que le groupe joue en extérieur, pendant une célébration de village. On entend d'ailleurs beaucoup d'onomatopées, de scansions, de bavardages propres à la foule, au partage de la bonne humeur, aux danseurs spontanés qui s'égayent auprès des musiciens...

Parmi ceux ci, on ne retrouve que trois rescapés de la première mouture de MONT-JÒIA, Patrice Conte, Frances Choà Dupont et Jan-Maria Carlòti. Ce qui fait pas mal de lutherie en moins, puisque les Favaro ont quitté l'aventure, mais Dupont a ajouté des cordes à son archet (psaltérion, rebec), tout comme le quanûn pour Carlòti, et la richesse sonore n'en est pas tant affectée. Le tonton ou tambour basque, le galoubet-tambourin, le saz et les flûtes sont de fête dès le départ, pour des farandoles enfiévrées.

L'enchaînement "Paure Satan e er dei Tripetas"/"Lei Bofets" nous fait passer avec bonheur d'un sacrifice de la mi-janvier (un boeuf, pour éloigner Satan, est distribué aux pauvres) à une sorte de carnaval qui pourrait passer pour grivois aujourd'hui. Des jeunes hommes se déguisent en diablotins et provoquent les filles en pointant vers elles un soufflet de cheminée (bofet) qu'ils ont entre les mains pour influencer l'entente par la communication directe ("de moins en moins compréhensible par la société d'aujourd'hui", et ces notes ont été écrites en 1978...). L'effet rubato accentue le délire vocal.

La "Targa dau Martegue", ou Targo de Martigues, est un sport toujours pratiqué de nos jours, au bord de l'étang de Berre (jeu de joutes provençales), et la scottish, pénultième morceau, est écrite pour le mariage d'amis du groupe. Simple divertissement collectif ou rite païen (plus ou moins approuvé par le prêtre de chaque bourgade, d'Avignon jusqu'à Antibes, ainsi que le montre la carte du verso de la pochette), les trois ou quatre voix masculines nous les présentent avec de belles harmonies, des railleries sympathiques, même si l'esprit bon enfant, encore une fois, est moins séduisant que le ton plus sérieux du premier album.

On note, sur la face A, "Pastres rintratz vòstrei tropeus"/"Bergers, rentrez vos troupeaux", qui se distingue par sa nostalgie, et plus loin, la magnifique complainte appelée "La Finforleta", nouveau moment de bravoure pour Carlòti, chanson de fille mal-mariée dans un style berceuse. Très touchant...

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jan-maria Carlòti (chant, saz, quanûn, guitare, psaltérion)
- Patrici Conte (chant, galoubets, tambourin, tonton, grelots)
- Choà Dupont (chant, violons, rebec, psaltérion, mandoline)
- Danieu Vissiere (chant, prise de son, mixage)


1. Tura Lura Lura
2. Pastres Rintratz Vòstrei Tropeus
3. Paure Satan E Er Dei Tripetas 3:32
4. Lei Bofets
5. Targa De Ceta
6. Targa Dau Martegue
7. Seguida De Matelòtas
8. La Finforleta E Rigaudon De Fòs
9. Escotish De Jòrji E Francesca E Erba De Sant-jan
10. Mazurca De Sant-andiòu



             



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