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SHOEGAZE-POST-ROCK  |  STUDIO

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2019 More

BLANKENBERGE - More (2019)
Par RICHARD le 5 Mai 2019          Consultée 400 fois

A l'est, il y a incontestablement du nouveau ! Et c'est tant mieux ! Si la Russie est maintenant devenue une place solide du renouveau post-punk avec des groupes aussi intéressants que MOTORAMA, HUMAN TETRIS ou BUERAK par exemple, il semble qu'il va falloir également compter avec elle pour nous proposer maintenant des projets particulièrement excitants estampillés shoegaze. J'en veux pour preuve ce tout jeune quintet originaire de Saint-Petersbourg qui avec ce deuxième album tout frais délivre 40 minutes addictives de décharge sonore mélodique. Si le patronyme des Russes évoque bien la morne station balnéaire belge, c'est vers l'Angleterre que More prend sans conteste plus volontiers racine.

Nous serions en 1992, BLANKENBERGE aurait assurément été présenté comme un combo s'inspirant aussi bien de SLOWDIVE que MY BLOODY VALENTINE. Énoncé comme ceci, les Russes pourraient apparaître quelque peu comme des suiveurs, des opportunistes profitant de ce revival qui ne désire pas (heureusement pour nous) s'éteindre. Ce n'est vraiment pas le cas. Yana Guselnikova et ses quatre acolytes ont réussi à créer un univers pas si courant à bien y réfléchir. En effet, aux habituelles superpositions de couches de guitares viennent se greffer de discrètes couleurs post-rock qui pourront rappeler les notes lointaines et nostalgiques de MONO ou MOGWAI. Avec More, il ne sera donc pas question de hype, ni de recherche facile de succès. Juste la seule présence de neuf morceaux habités.

S'il y a bien une difficulté majeure lorsque l'on évoque des disques émanant d'une même sphère musicale, c'est bien celle d'essayer de ne pas être redondant. En effet, dépeindre le shoegaze, et BLANKENBERGE ne déroge aucunement à la règle, c'est mettre encore une fois en avant cette science de la saturation, ces voix diaphanes qui émergent d'un brouillard diffus. Les trois premiers titres suivent à la lettre ce cahier des charges. Dés l'entame de la galette, avec "Islands", les Russes placent la barre bien haut. De ce magma sonore transperce avec grâce la voix de Yana Guselnikova qui tout au long de ce périple sera le gracieux contrepoids à cette toute relative agressivité électrique ("Right Now"). Le groupe n'oublie pas non plus que si force il y a (précepte musical de Maître Yoda) , elle ne s'oppose aucunement à la constance d'une recherche mélodique. Comment résister par exemple à la basse et au dynamisme des guitares qui forment le puissant "Look Around" avec son petit refrain qui rappelle subtilement le "She Calls" des glorieux aînés de SLOWDIVE.

BLANKENBERGE fait en effet preuve d'une très belle maîtrise pour développer des pièces à l'architecture sonore subtile. Ainsi l'évanescent «More» subjugue (ni plus ni moins) par cette propension à nous proposer dans une alternance réussie ruptures, accélérations, le tout baignant dans un monde de reverb. Idem pour "Fest" le titre qui referme l'album. Ce sont sept minutes intenses qui rappellent le meilleur de la scène anglaise du début des années 90. Les Russes n'ont pas à rougir d'une comparaison avec leurs prestigieux modèles. Le petit plus est à coup sûr, car et c'est là que le quintet se distingue,cette volonté d'aller encore un peu plus loin que les canons inévitables du genre, les dépasser insolemment. De la très courte pièce bruitiste "Intro Fest" aux soubresauts percutants noisy pop de «Go», du surprenant saxo sur le superbe "Until The Sun Shines" à la douceur ouatée de "Waves", les Russes brassent avec intelligence leurs multiples influences pour en faire ressortir le meilleur de la scène actuelle. C'est osé, risqué, mais la mayonnaise électrique prend pleinement.

More est une excellente surprise. BLANKENBERGE ne prend pas que de confortables autoroutes shoegaze. Il opte également pour des petites routes de traverses qui sont autant de détours surprenants et jouissifs. Hautement recommandable !

Note réelle : 4,5/5

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- Yana Guselnikova (chant)
- Daniil Levshin (guitare)
- Daian Aiziatov (guitare)
- Dmitriy Marakov (basse)
- Sergey Vorontsov (batteries)


1. Islands
2. Look Around
3. Right Now
4. More
5. Go
6. Waves
7. Until The Sun Shines
8. Intro Fest
9. Fest



             



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