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- Style : Them, The Yardbirds , The Pretty Things
- Membre : Eric Burdon

The ANIMALS - Animalization (1966)
Par LE KINGBEE le 9 Mai 2017          Consultée 1310 fois

Nous sommes en 1966 et l’aventure des ANIMALS commence à avoir du plomb dans l’aile. L’organiste Alan Price est parti fonder The Alan Price Set. Officiellement le grand claviériste serait parti pour une histoire de surmenage. A d’autres ! Le batteur John Steel a pris les jambes à son cou dès le mois de février. Price avait déjà été remplacé par Mick Gallagher (futur membre des Blockheads de Ian Dury) en 1965, mais ce dernier n’a pas demandé son reste. Le groupe voit donc l’arrivée de deux nouveaux membres : Dave Rowberry, un organiste en provenance du Mike Cotton Sound, tandis que Barry Jenkins (ex Nashville Teens) vient manier les baguettes à la place de Steel. Si l’on regarde bien, deux membres sur cinq de la line up d’origine ne font plus partie du groupe, ça n’a pas l’air mais ça fait quand même mal. Et puis surtout Eric Burdon ne s’est pas concerté avec ses deux partenaires, le tout jeune batteur est arrivé sans passé la moindre audition et l’entente avec Chas Chandler n’est pas de mise. En clair le groupe est au bord de la rupture.

Et pourtant, tout semblait réuni pour que le groupe reparte sur de bonnes bases, la formation venait de décrocher un contrat avec Decca pour l’Angleterre. Alors comme souvent, il faut trier le bon grain de l’ivraie pour la discographie du groupe. « Animalization » provient d’un pressage américain publié par la MGM. Dans le même temps en Angleterre Decca édite « Animalism ». Outre une pochette différente, le pressage américain comporte une différence dans les titres : le hit « Don’t Bring Me Down », « Cheating », « See See Rider » et « Inside Looking Out », tous sortis en singles font leur apparition au profit de « Outcast », « Clapping », « Squeeze Her- Tease Her » et « That’s All I Am To You ». Pas de quoi casser trois pattes à un canard !

Premier constat, l’orgue Hammond de Price disparait au profit d’une sonorité plus fuzz, plus mordante et moins subtile. Les nappes d’orgue qui enrobaient les précédents enregistrements et finissaient par devenir obsédants ont disparu. « Don’t Bring Me Down », placé en ouverture, est le parfait exemple de ce changement. Burdon et ses sbires plongent en plein freakbeat alors en vogue dans l’Angleterre de 1966. Si cette version composée par le duo Carole King Gerry Goffin n’est pas mauvaise en soit, il y avait certainement mieux à faire. Vingt ans plus tard, les Heartbreakers de Tom Petty en délivreront une version plus intense. Au rayon des satisfactions, les Animals se montrent toujours aussi éclectiques, mais la voix de Burdon se montre plus feutrée, comme si le chanteur se retenait, peur de surprendre, à moins que sa consommation de Whisky y soit pour quelque chose ? Le groupe nous offre deux bons petits blues : « Gin House Blues », un vieux titre gravé par Bessie Smith dans les années 20 et repris par Nina Simone et « Maudi », un boogie rockin’ primitif de John Lee Hooker, dans une version manquant un de peps. La paire Burdon/Rowberry balance trois compos : « Cheating », un blues enivrant bien dans l’esprit du son londonien de l’époque, « You’re On My Mind » une ballade navigant maladroitement entre la Tamise et le Lac Ponchartrain bordant la Nouvelle Orleans et enfin un petit rock « She’ll Return It » qui essaie naïvement de renouer en vain avec le succès de « Gonna Send You Back To Walker ».

Ce sont encore dans les reprises Rock et R&B que nos anglais se montrent les plus efficaces. « One Monkey Don’t Stop No Show », une reprise d’un titre Dial de Joe Tex, est porté par le vocal d’un Burdon déchainé. Même impression avec « What Am I Living For » de Chuck Willis. Titre repris a toutes les sauces et souvent indigeste (Everly Borthers, Johnny Preston ou Wanda Jackson) les anglais parviennent à en tirer une interprétation intense, la guitare rehaussant l’apport dramatique du chant de Burdon. Les anglais ne s’en sortent pas trop mal avec « Sweet Little Sixteen » hit de Chuck Berry inspiré du « Route 90 » gravé quatre plus tôt par Clarence « Bonton » Garlow pour le label Flair. On ne compte plus le nombre de reprises de ce standard mais la présente version constitue un mixte intéressant entre la version de Berry et celle de Jerry Lee Lewis. Autre gros blockbuster avec « Voodoo » de Screamin’ Jay Hawkins. Ce standard a connu moult reprises et si la version originale demeure mythique, celle postérieure de Creedence Clearwater Revival est à graver dans une pierre blanche. Le titre a bien sur connu des versions calamiteuses mais les Animals ne s’en sortent encore pas trop mal, Burdon semblant rugir à chaque refrain. Mais on ne peut s’empêcher de sourire à l’écoute de la version d’Alan Price Set, l’ancien partenaire, sortie quelques semaines plus tôt chez... Decca. Entre les deux interprétations, l’orgue de Price fait toute la différence. Autre gros classique avec « See See Rider » popularisé par Ma Rainey dans les années 20 et repris près de 300 fois à toutes les sauces (R&B, Blues, Jazz, Country, Rock et j’en passe). La guitare de Valentine martelant la rythmique et le chant sauvage sont les meilleurs atouts de cette version, peut-être l’une des plus captivantes pour les amateurs de Garage, même si elle nous parait se situer un ton en dessous par rapport à celle de The Music Machine.

51 ans après sa sortie, ce disque des Animals procure encore ses effets et ce même si le producteur Tom Wilson semble avoir bâclé certains passages. On regrettera évidemment le départ d’Alan Price remplacé par un organiste qui fait office de maillon faible. Mais ce disque ne masque pas la déconfiture qui s’ensuit, le groupe se séparera en septembre 66, seuls Burdon et Jenkins continueront l’aventure américaine sous le nom d’Eric Burdon & The Animals. Une note de 3 que certains jugeront peut être sévère, mais cette cotation prend en compte les possibilités de ce band légendaire, le départ de Price et un manque de compositions.

* Chas Chandler se fera connaitre plus tard dans un rôle de manager auprès de Slade et Hendrix. Il est décédé en 1996.Dave Rowberry a rejoint le paradis en 2003. Barry Jenkins est devenu le propriétaire d'un magasin de guitares d'occasion. Enfin le batteur John Steel figure sur 8 titres de l'album. Il a quitté les Animals après l'enregistrement du single "Inside Looking Out"/"Outcast" (Decca F 12332. Mais aujourd'hui encore, les enregistrements et les différents pressages (anglais et américains) ne permettent pas d'être plus précis. L'aventure des Animals connaîtra plusieurs confrontations juridiques essentiellement pour des questions de droits d'auteurs. Le dernier procès a été gagné en appel par Eric Burdon en 2013, 50 ans après la naissance du groupe. Si le Ridicule ne tue pas, l'argent peut y contribuer.

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   LE KINGBEE

 
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- Eric Burdon (chant, tambourin)
- Hilton Valentine (guitare)
- Chas Chandler (basse)
- Dave Rowberry (claviers)
- John Steel (batterie)
- Barry Jenkins (batterie 1-4-7-10)


1. Don't Bring Me Down.
2. One Monkey Don't Stop No Show.
3. You're On My Mind.
4. Cheating.
5. She'll Return It.
6. Inside Looking Out.
7. See See Rider.
8. Gin House Blues.
9. Maudi.
10. What Am I Living For.
11. Sweet Little Sixteen.
12. I Put A Spell On You.



             



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