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BRITISH BLUES - R&B  |  STUDIO

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- Style : Them, The Yardbirds , The Pretty Things
- Membre : Eric Burdon

The ANIMALS - The Animals (1964)
Par LE KINGBEE le 25 Mars 2017          Consultée 1946 fois

Exercice ardu que celui de s’attaquer à la discographie de ce groupe emblématique du Blues anglais. Entre les pressages US, UK, les EPs, les singles il y a de quoi s’y perdre. De plus, de nombreuses encyclopédies diffusent des renseignements contradictoires à un point tel qu’une vache ni retrouverait pas ses petits. Autre problème, selon la provenance des publications, les titres mais aussi les pochettes changent. On n’abordera pas le domaine des compilations dédiées au groupe, il y en au bas mot environ 165. Quelle bande d’animaux ces ANIMALS !

Un peu d’histoire : En 1961, le claviériste Alan Price monte le groupe Alan Price Rhythm And Blues Combo avec Hilton Valentine (guitare), Chas Chandler (basse) et John Steel (batterie). L’ensemble parvient à attirer l’attention des teenagers dans le nord de l’Angleterre, mais c’est avec l’arrivée du chanteur Eric Burdon que le groupe commence véritablement à faire parler de lui. Son arrivée réoriente la formation vers le R&B et le Blues au détriment des effluves jazzy prônés par Alan Price. Le groupe fait ses gammes au Downbeat Club de Newcastle et passe au Club A Go-Go, boîte dirigée par le même bonhomme Mike Jeffrey. Tous les samedi soirs, le groupe casse la baraque et le jeune public anglais vient s’agglutiner pour voir ces curieux gus en costard cravate foutre le feu partout où ils passent. A l’instar des STONES, l’Alan Price Combo est le premier groupe anglais blanc à adopter le style des blues noir et à reprendre John Lee HOOKER, Bo DIDLEY, Jimmy REED ou Sam COOKE.

Fin 63, le groupe devient les ANIMALS. Certaines encyclopédies affirment que leurs fans auraient suggéré ce nom a cause de leur sauvagerie sur scène et de leurs logorrhées. En fait, il est inspiré d’une bande de rue basée dans leur fief de Newcastle. En octobre 63, les Animals gravent leur premier EP pour Graphic Sound, une galette pressée à 99 exemplaires, véritable pièce de collection. Après avoir foutu le rif à Newcastle, ils investissent la Capitale échangeant de bastion avec les YARDBIRDS, une riche idée de Giorgio Gomelski, futur propriétaire du label Marmelade. Nos anglais se produiront même sur scène avec Sonny Boy WILLIAMSON. La soudaine notoriété du quintet attise les convoitises et place le groupe sur la route du producteur Mickie Most. En janvier 64, Most leur décroche un contrat avec la Columbia, le groupe intègre les charts avec "Baby Let Me Take You Home" couplé à "Gonna Send You Back To Walker". La face A est tirée d’un vieux blues de Snooks Eaglin "Moma Don’t You Tear My Clothes" adapté par Bob DYLAN sous le titre de "Baby Can You Follow Me Down". Afin d’éviter un problème de censure, le titre étant gorgé d’allusions sexuelles, Most change le titre et certains passages trop provocateurs pour l’Angleterre puritaine. Le titre manque de peu le Top 20 mais se classe à la 21ème place du hit parade anglais.

En mai nos ANIMALS participent à une longue tournée avec Chuck BERRY, Carl PERKINS et d’autres groupes anglais (The Swinging Blue Jeans, The Nashville Teens, Kingsize Taylor & the Dominoes) mais ils sont au dessus du lot. C’est à cette période que Burdon découvre un morceau gravé par Bob DYLAN en 1962 sous le titre de "The House Of The Rising Sun", avec Valentine et Price il en adapte une longue version et persuade Mickie Most d’enregistrer leur version. Le producteur est réticent, il juge le morceau trop long mais tente le coup. Tirée d’un vieux Folk de Texas Alexander, la chanson évoque un bordel de la Nouvelle Orleans et a été enregistrée en 1934 par Tom Clarence Ashley et Gwen Foster. L’enregistrement a lieu le 18 mai après le passage du groupe dans l’émission télé "Ready Steady Go !". Couplé à "Talkin’ About You" de BERRY, le single se vend à 250 000 exemplaires et atteint la première place des classements la semaine suivante. Aux Etats Unis, c’est la première fois qu’un groupe anglais, hormis les BEATLES, fait un tel carton. Aux States, une version plus courte sera enregistrée afin de convenir au format jukebox et radio. Ce premier gros carton sera curieusement à l’origine de la dissolution du groupe, pour une sombre histoire de pognon, Alan Price étant le seul accrédité pour les arrangements.

Arrêtons-nous là au sujet de l’historique, celle ci pouvant parfois paraître rébarbative. Vous êtes en droit de vous dire : "Mais Kes Kil Dit ?". En effet, à la lecture des titres précités, aucun ne figure sur ce premier disque intitulé sommairement "The Animals". A cette époque, certaines maisons de disques anglaises n’incorporaient pas les titres de nombreux singles aux 33 tours. Les anglais ne font rien comme tout le monde, ils roulent à gauche, disposent d’un autre système métrique. En clair ils ne mélangent pas serviettes et torchons. Cette distinction est également présente dans la discographie des SHADOWS. Alors ce premier disque éponyme est enregistré en février 64 juste avant les premiers singles. Un pressage américain avec une autre pochette et des pistes différentes verra le jour coïncidant avec la tournée du groupe en Amérique. Entre les deux pressages seuls 7 titres subsistent. Nous nous pencherons ici non pas sur la publication anglaise, mais sur l’américaine. La pochette anglaise demeure évidemment la plus connue et nous parait plus sympathique, mais la publication américaine nous semble un cran au dessus.
Par rapport au pressage anglais "Story Of Bo Diddley", "Bury My Body", "Dimples", "She Said Yeah" et "Boom Boom" passent à la trappe remplacés par "The House Of The Rising Sun", "Talkin’ About You", "Blue Feeling", "Baby Let Me Take You Home" et "Gonna Send You Back To Walker". Première information, MGM glisse les quatre titres figurant sur le Ep français, morceaux qui seront pour beaucoup dans la popularité du groupe.

MGM ouvre l’album avec" House In The Rising Sun" avec la version US, celle raccourcie de plus d’une minute. Le choix peut paraître curieux, pourquoi débuter avec un titre slow down. Certes la chanson a connu un succès inespéré mais incorporer ce slow blues en milieu de disque aurait permis de trancher et nuancer les tempos. Tout le monde connait ce hit planétaire, les nappes d’orgue et les arpèges de guitare viennent enrober le chant rauque de Burdon sur une splendide mélodie. "Gonna Send You Back To Walker" est fortement inspiré du "Gonna Send You Back To Georgia" de Timmy Shaw, un titre de 1964 édité par Wand Record. Quand on vous dit fortement inspiré, c’est un euphémisme, les anglais ont juste changé la fin de titre. Si c’est bel et bien ce chanteur de Detroit qui demeure le créateur du titre, il faut avouer que l’adaptation des ANIMALS vaut le détour. Chanson machiste, emmenée par l’orgue de Price et la guitare d’Hilton Valentine pour un titre qui fera office de marque de fabrique. "Baby Let Me Take You Home", autre tube du groupe, est lui aussi fortement inspiré d’une compo de Bert Berns (alias Bert Russell) gravée par Hoagy Lands en 1964 pour la firme Atlantic. L’intro de guitare, le chant habité de Burdon qui relance sans cesse la machine, les nappages d’orgue contribueront à faire connaitre le titre au niveau international.

Sur cette première publication américaine, les anglais s’attaquent à quelques petites pépites de R&B accommodées à la sauce anglaise : "The Girl Can’t Help It" du songwriter Bobby Troup et grand succès de Little RICHARD. Ici, pas de sax mais une guitare incisive au beat dévastateur. Les ANIMALS reprennent par deux fois Chuck BERRY avec "Around And Around" dans une version supérieure à celle des Stones, et "Memphis Tennessee" dans une interprétation qui relègue bien loin celle de Pat BOONE, Vince TAYLOR, The HOLLIES ou Johnny RIVERS. Ils transvasent le lac Pontchartrain dans la Tamise avec "I’ve Been Around" et "I’m In Love Again", deux titres Imperial de Fats DOMINO. Autres bons passages avec le frénétique "I’m Mad Again" de John Lee HOOKER et "The Right Time", une compo de Nappy Brown inspirée du "Night Time Is The Right Time" du pianiste Roosevelt Sykes. Si les ANIMALS n’apporteront qu’un seul original avec "Blue Feeling" (future reprise des québécois The Hou-Lops sous le titre "Pour Toute La Vie", le groupe avait un talent hors norme pour se réapproprier des inusités, la symbiose entre la section rythmique, la guitare de Valentine, l’orgue de Price et le mimétisme de Burdon faisant le reste.

Comme de nombreux groupes de Garage ou de R&B, les ANIMALS ne connaîtront qu’un succès éphémère d’à peine trois ans, d’incessants changements de line-up, l’égo de Burdon et des fâcheries financières auront raison de ce band, véritable icône du R&B anglais. Reste à savoir où les classer, les frontières entre British Blues et R&B étant des plus minces.

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   LE KINGBEE

 
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- Eric Burdon (chant)
- Alan Price (claviers)
- Hilton Valentine (guitare)
- John Steel (batterie)
- Chas Chandler (basse)


1. The House Of The Rising Sun.
2. The Girl Can't Help It.
3. Blue Feeling.
4. Baby Let Me Take You Home.
5. The Right Time.
6. Talkin' About You.
7. Around And Around.
8. I'm In Love Again.
9. Gonna Send You Back To Walker.
10. Memphis, Tennessee.
11. I'm Mad Again.
12. I've Been Around.



             



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