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LE ORME - Ad Gloriam (1969)
Par MARCO STIVELL le 6 Juillet 2019          Consultée 158 fois

Il y a un début à tout, et pour LE ORME, l'un des plus anciens groupes italiens à renommée internationale, c'est le rock psychédélique. Plus exactement, la pop à la BEATLES, au départ gentillette qui dérive rapidement vers la création passée sous LSD, des oeuvres qui ressemblent autant à un disque de chansons qu'à un patchwork expérimental, dadaïsme plus ou moins assumé.

Le groupe prend forme à Venise, la Sérénissime, grâce au guitariste Nino Smeraldi, originaire de la cité, et du chanteur/guitariste Aldo Tagliapietra, voisin de l'île de Murano. Avec Claudio Galieti (basse) et Mario Rebeschini (batterie), ils veulent s'appeler Le Ombre en hommage aux SHADOWS mais préfèrent rapidement une variante, LE ORME, qui signifie "verre de vin" en dialecte vénétien.

Refusé par EMI Records, le groupe publie sur un label milanais indépendant un single en 1967, "Fiori e colori", bien ancré dans l'époque "flower power". Puis Rebeschini, premier à partir pour son service militaire, est remplacé par Michi Dei Rossi (ex-HOPOPI). Sous cette formation, LE ORME parvient à enregistrer un autre single et, augmenté du claviériste Tony Pagliuca, un sudiste celui-là (de Pescara, dans les Abruzzes) ramené par Dei Rossi, enchaîne avec un premier album en 1969.

On peut considérer Ad Gloriam comme un beau brouillon de ce que sera LE ORME, groupe marqué par la force délicate du chant d'Aldo Tagliapietra, et c'est le meilleur élément qu'on peut en garder. Ce collage pop-rock psychédélique nous est présenté comme un concept dans lequel il est difficile de rentrer et qui ne marque guère son temps en termes d'accueil. Certains fans ultérieurs ont eu depuis tout le loisir de le redécouvrir, de l'adorer même.

Il est vrai que plusieurs des idées proposées font déjà mouche, à l'instar de "Senti l'estate che torna", le fameux deuxième single publié juste avant l'apport de claviers (la formation rythmique est ici complétée par l'emploi d'une cithare). Morceau le plus propre, de la pop boys-band beatlesienne calibrée, sans fioritures, mais agréable.

Suivant une intro répétitive bouillonnante et portée par la basse, où le groupe se met en scène et la langue italienne vient nous chatouiller les oreilles ("Ciao, siamo LE ORME..."), "Ad gloriam" serait un morceau de bravoure s'il s'étendait un peu moins longtemps. On apprécie toutefois cette formule batterie-tambourin, le solo de Smeraldi, ces riffs et ces accords à la folk américaine, même les choeurs qui singent les nonnes et chants d'église, dans une certaine mesure.

Sur les titres comme "I miei sogni" et "Oggi verra", LE ORME s'amusent à mélanger des rythmes valsés médiévaux saupoudrés de notes de clavecin avec de la pop nébuleuse en vogue, flûte comprise (sans atteindre les sommets des MOODY BLUES). Le prog n'est pas si loin...

Nino Smeraldi ponctue le tout de beaux effets picking, forme un duo sympathique avec Tony Pagliuca mais bien trop court (telle leur entente) sur "Fumo". Ce dernier titre, fait de changements incessants et expérimentaux incluant section tribale de batterie/percussions, est déjà beaucoup moins convaincant. De même, "Non so restare solo", malgré sa montée dramatique séduisante, s'égare vite, jusque dans son approche jazz. La conclusion de l'album, un blues fleuri, n'est guère plus reluisante.

Il reste deux morceaux intéressants et marqués par leurs arrangements orchestraux, heureusement bien ficelés, sans surplus compte tenu de l'époque. "Fiori di Giglio" est une respiration country acoustique où se balade une voix de fillette avant une bonne partition de musique de chambre, tandis que "Mita Mita", avec ses grands accords solaires, ressemble à un hommage savoureux d'adolescents boutonneux à la jolie actrice Mita Medici. La mélodie emprunte largement aux BEE GEES et à leur "I Can't See Nobody", mais avec réussite.

De la grosse demi-heure que dure Ad gloriam, ne restent que peu de choses. Le morceau-titre a été repris, parfois détourné comme c'est le cas sur la B.O. du film Ocean's Eleven de Steven Soderbergh.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Aldo Tagliapietra (chant, guitare, flûte, célesta)
- Nino Smeraldi (guitares lead, sarangi, choeurs)
- Tony Pagliuca (pianos, orgue, cymbalum)
- Claudio Galieti (basse, guitare, violoncelle, choeurs)
- Michi Dei Rossi (batterie, bongos, timbale, tambourin)


1. Introduzione
2. Ad Gloriam
3. Ogg Verra
4. Milano 1968
5. I Miei Sogni
6. Mita Mita
7. Fumo
8. Senti L'estate Che Torna
9. Fiori Di Giglio
10. Non So Restare Solo
11. Conclusionel



             



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