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The SMITHS - The Queen Is Dead (1986)
Par MR. AMEFORGEE le 16 Février 2007          Consultée 6394 fois

L’enjeu d’écrire une chronique sur un album aussi largement commenté que celui-ci, c’est de parvenir à éviter de tomber dans le dithyrambe. On fera ce qu’on peut.
Or donc, la reine est morte, troisième album des Smiths, est un pur chef-d’œuvre. C’est tout. Trente-sept minutes de bonheur sans scories, orfévrées à la façon du rock britannique saveur new-wave (époque oblige), mais sans excès synthétique, ouvert aux vents du punk, du ska ou tout simplement de la pop intelligente. En clair, dès la première écoute, soit on adore, soit on déteste et dans ce cas, on est mort, car à quoi bon vivre si l’on n’aime pas cet album ?

Pour les chanceux qui sont encore en vie, il y a des marques qui ne sauraient mentir : un batteur qui assure du tonnerre, que ce soit sur des rythmiques de cavalcade ou bien sur des tempos plus peinards ; un guitariste qui assure des éclairs, sertissant la partition de ses limpides et fluctuantes interventions électriques ; et enfin un chanteur qui assure de l’orage, de sa voix pleine et cuivrée, au ton un brin désabusé mais à la technique irréprochable. Et le bassiste ?, me direz-vous. Ben, il assure du boudin aussi.
Mais ce n’est pas tout, car Johnny Marr, non content de toucher sa bille à la guitare, est surtout le compositeur redoutable de ces dix pépites de chocolat en or massif, tramant avec une science que l’on croyait perdue depuis Paracelse des arrangements aux petits oignons. Mais ce n’est pas tout, car Morrissey, non content de savoir chanter comme un crooner des blêmes cimetières, est aussi l’auteur des dix petits textes savoureux, empreints de mélancolique ironie, qui colorent définitivement les morceaux et leur donnent une âme unique.

Les deux faces de l’album débutent sur les titres les plus impulsifs, marqués par quelques accents punks (mais en plus propres, car les Smiths prennent une douche tous les jours chez maman), le fameux morceau titre, qui brocarde non pas le groupe qui chantait à la même époque « A Kind of Magic », mais l’espèce de vieille bique à la tête de l’empire britannique, qui joue du cricket en mangeant des petits enfants, français de préférence, ainsi que l’excellent « Bigmouth Strikes Again », promu single, accrocheur en diable, qui figure assurément parmi les bijoux de la couronne des Smiths à côté d’un précédent « What She Said », à la ligne de chant absolument terrible.
Entre les deux, on a le droit à un petit coup de délicieux ska en sucre glace (parfum arsenic) sur « Frankly, Mr Shankly », un slow qui pleure dans un crescendo d’émotion « I Know It’s Over », un autre tempo lent planant et déprimé « Never Had No One Ever », qui dépeint les affres de la misère sexuelle chez l’adolescent, aussitôt balayé par un entraînant et lumineux, « Cemetry Gates », touché d’une emphase délicate qui fait mouche, promenade au milieu des tombes en compagnie de quelques illustres figures littéraires.
La deuxième face, quant à elle, est tout aussi passionnante, balancée entre titres (un peu) plus calmes (« The Boy With the Thorn In His Side ») et embardées entraînantes (« Vicar in Tutu » aux accents de rockabilly transgénique) même si la cime est atteinte ici avec « There Is A Light That Never Goes Out », rehaussé d’arrangements de cordes, à la beauté gracile et frissonnante : prodigieux.

Avec tout ça, je suis mal barré pour éviter le dithyrambe. Vite, trouver quelque chose de méchant à dire, pour masquer mon avis sous des aspects de pamphlet reptilien : l’androgyne Alain Delon sur la pochette n’est pas beau, un peu raide si l’on peut dire (en même temps, on peut dire que ça lui va bien de faire la reine morte).
Alors voilà, que dire d’autre ? Plus de vingt ans plus tard, The Queen Is Dead tue toujours sa mémé. Le fait qu’il n’y ait pas abondance de claviers a permis à l’album de ne pas trop mal vieillir, outre la qualité évidente des morceaux. On pointe souvent du doigt le ton désespéré des paroles, mais en alliance avec la musique, on fait face en réalité à un désespoir joyeux. Mélancolie, l’amour de la tristesse comme l’affirmait ce bon vieux Victor, un sentiment juvénile qui donne envie de croquer les bijoux de famille de la vie à pleines dents.
The Queen Is Dead, on n’y résiste pas. A écouter, encore et encore.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Morrissey (chant)
- Johnny Marr (guitare)
- Mike Joyce (batterie)
- Andy Rourke (basse)


1. The Queen Is Dead
2. Frankly, Mr Shankly
3. I Know It's Over
4. Never Had No One Ever
5. Cemetry Gates
6. Bigmouth Strikes Again
7. The Boy With The Thorn In His Side
8. Vicar In Tutu
9. There Is A Light That Never Goes Out
10. Some Girls Are Bigger Than Others



             



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