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NO TEARS - Borderline (2004)
Par RICHARD le 11 Novembre 2019          Consultée 556 fois

S'il y a à l'évidence un style underground qui en France a toujours connu un dynamisme certain, c'est bien la cold-wave. En effet, même si cette dernière est née sur les cendres encore tièdes du post-punk anglais, elle a su très rapidement se créer une identité propre. La scène hexagonale des années 80 est objectivement d'une richesse et d'une diversité incroyables. Ce courant ne s'est donc jamais éteint, et heureusement. Il a eu des hauts et des bas, mais chaque décennie suivante a réussi néanmoins à nous proposer des groupes qui, s'ils ne faisaient pas totalement table-rase du passé étaient aptes à renouveler ce genre pourtant ultra-codifié. Il en allait ainsi de NO TEARS et de son premier album sorti à la fin de l'année 2004.

Sur le papier, les Parisiens n’apparaissent pas comme des perdreaux de l'année. Ex-membres de NEUTRAL PROJECT ou de BUNKER STRASSE, ces noms sont comme autant d'échos de qualité dans la petite sphère malheureusement confidentielle des musiques sombres. NO TEARS est un retour aux sources, une cold-wave tendue patchwork des différentes expériences de ses membres. Elle demeure incontestablement animée par une froide énergie. NO TEARS en ce début de millénaire reprenait à son compte tout le malaise inhérent à ce style qui, si on désire vraiment faire un effort, vaut beaucoup mieux que sa caricature d'adorateurs portant toute la misère du monde sur leurs frêles épaules et ayant toujours dans la poche de leur imper délavé une corde.

J'ai souvent évoqué dans mes chroniques le fameux cahier des charges cold-wave qu'il est de bon ton de respecter sous peine de se mettre quelques susceptibles corbacs à dos. C'est qu'il ne faut pas froisser ces petites bébêtes. NO TEARS est bien un enfant direct de ce style. Il faut juste en préambule faire abstraction du seul titre raté de cette galette. En évoquant le sulfureux marquis sur «SADE», le groupe semble rendre un hommage involontaire (?) à ENIGMA. C'est tout bonnement gênant et on se demande l'utilité de la chose. On se retrouve plus avec un narrateur qui baigne dans de l'érotico-blaireau que dans le boudoir brûlant de Justine. Une fois passée cette petite restriction, c'est indéniable, NO TEARS a du talent. Les ambiances sont empreintes de givre et les émotions qui s'en dégagent viennent s'immiscer lentement dans votre chaire. «VOID» l'instrumental introductif plante à lui tout seul le décor. Basse rampante, guitare cristalline et rythmique discrète. Pas de doute, les temps seront lourds et pesants, et ça sera bon.

Si NO TEARS a tant plu dans le milieu sombre, c'est qu'au-delà de sa fidélité aux canons du genre, le quintet a aussi cherché à s'extirper un peu de la cold-wave classique, par trop rigide parfois. Ainsi, retrouve-t'on une touche electro sur « Prisoner » la superbe et poignante reprise du titre de NEUTRAL PROJECT relatant la dernière nuit d'un condamné à mort. Les Parisiens se risquent également au changement de rythme au sein d'un même titre. D'une entame très CURE, « 16 Years » finit haletant façon death-rock malsain. Pas mal, tout ça quand même, comme les deux morceaux suivants qui sont pour moi parmi les meilleurs de la galette.

L'émotion est forte sur l'énergique « Mauvaise Farce », vibrant hommage à Yvon MILLION le leader de NEUTRAL PROJECT qui s'est suicidé en 2001. Sur fond de guitares sourdes, l'incompréhension, la douleur et l'absence ainsi décrites collent à votre peau qui frisonne. NO TEARS se fait sobre également comme sur le particulièrement tendu et prégnant « Madness ». Je préviens toutefois les curieux qui tenteraient l'expérience NO TEARS et qui ne seraient pas nécessairement habitués au style. Mais viendez quand même comme dirait l'autre ! La voix de Kristian Dernoncourt est parfois stressante (c'est purement subjectif, hein) et certaines de ses phrases ampoulées pourraient prêter à sourire comme le souligne le maladroit « L'Amour Froid ». Mais ce sont aussi les «charmes» paradoxaux du mouvement.

Borderline a tout juste quinze ans et cet album n'a pas pris une ride. Efficace, varié, il est devenu ni plus ni moins qu'un classique de la cold-wave, malgré quelques légers défauts. Il est une idéale porte d'entrée pour découvrir ce monde toujours vivant et foncièrement stimulant.

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   RICHARD

 
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- Paul Fiction (claviers,guitare,programmations)
- Kristian Dernoncourt (chant,basse,claviers)
- Dominique Oudiou (guitare)
- Vincent K (basse,guitare)
- Fernando Million (batterie)


1. Void
2. Night Effect
3. Prisoner
4. 16 Years
5. Sade
6. Tears
7. Mauvaise Farce
8. Madness
9. Feast
10. L'amour Froid



             



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