Recherche avancée       Liste groupes



      
NEW-WAVE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


NO TEARS - Fragments (2010)
Par RICHARD le 9 Juin 2020          Consultée 813 fois

Octobre 2010. Un samedi soir à Caen, dans un bar du quartier de Vaucelles. C'est ici que les fans de musique froide de Normandie se sont donnés rendez-vous pour une affiche des plus appétissantes. En effet, la scène doit se partager entre les Nordistes cultes de GUERRE FROIDE et les Parisiens de NO TEARS, le petit groupe qui monte, qui monte et qui vient défendre son tout récent troisième album Fragments. Cette soirée est l'occasion de constater encore une fois la triste réalité des univers sombres. Celle par exemple qui consiste pour les groupes d'effectuer plusieurs centaines de kilomètres de trajet pour jouer devant une vingtaine de personnes à tout casser. Ce soir, il ne sera donc ni question de hype, ni de posture tête à claques. La passion des artistes, des organisateurs, des amoureux de cette scène et la curiosité bienvenue des novices auront seules droit de cité. De la passion, encore et toujours.

De passion, justement, à l'image de ses deux premiers albums, NO TEARS en a pleinement à revendre. Dans le cercle de plus en plus restreint des univers sombres, le groupe a réussi sous un apparent classicisme à se forger une belle identité faite d'instants glacés et de sensations brûlantes. C'est assurément le petit plus qui a amené le combo à se distinguer rapidement de la mêlée. Je vais être direct. Fragments est pour moi le meilleur album du combo. Il sonne comme une forme de synthèse de sa brève existence où la cold wave la plus orthodoxe partagerait des espaces un peu moins référencés, laissant le champs libre à de nouvelles sonorités excitantes. La marque sans conteste d'une pertinente évolution. Malheureusement, l'essai ne sera pas transformé. Le sort semble en avoir décidé autrement puisque depuis ces neuf titres, NO TEARS est aux abonnés absents.

Vague froide un jour, vague froide toujours. On ne se refait pas du jour au lendemain. C'est ainsi. En effet, quoi de plus corbeau que de reprendre alors un titre de JOY DIVISION ? Les Parisiens se débrouillent plutôt pas mal avec le culte et archi-entendu «She's Lost Control». S'inscrivant dans une compilation hommage éditée la même année par l'excellent label INFRASTITION ( 30 Years With (out) Ian CURTIS- Transmission 80-10) cette reprise prend avec malice l'exact contre-pied de l'original en ralentissant le rythme et en la drapant de claviers froids et de guitare triste. Il en est de même avec l'excellent «Your White Face With The Red Lips» mélancolique à souhait qui à travers ces synthés percutants se ferait presque dansant. Autre moment intéressant et si caractéristique du mouvement, le très bon «Miroirs Underground» avec sa section rythmique terriblement post-punk. C'est l'occasion de souligner ici la qualité des textes. Kristian Dernoncourt quitte quelque peu le terrain de la grandiloquence pour atteindre celui d'une belle sobriété où se mélangent doute, isolement et résignation.

Fragments retient aussi l'attention car NO TEARS n'hésite pas à quitter les rivages d'ambiances typées pour accoster volontiers sur des rives moins attendues et entendues. C'est l'occasion de se confronter à l'introductif et rugueux «Brutal Killing». On y découvre des Parisiens particulièrement combatifs. Dernoncourt sur une rythmique d'enfer hurle plus qu'il ne chante. On croirait même entendre à la fin des hululements pruniens. Pari osé que de débuter un album avec ce type de sonorité pas nécessairement confortable. Osé et réussi tout comme le superbement atmosphérique «The Last Day Of Joy». Cette longue pièce me fait indubitablement penser à la moiteur que l'on retrouve dans le «Snakepit» des CURE ou chez les BANSHEES période Tinderbox, c'est dire. Le groupe élargit sa palette et paye également sa dette à TUXEDOMOON avec «Noomo De Xut» (anagramme) morceau enlevé que souligne un saxo malade. NO TEARS avec assurance réussit à réactualiser la tension dramatique sans pour autant en donner une grossière caricature.

Fragments prouvait encore une fois toute la valeur artistique de NO TEARS. Plus riche et diversifié que les précédents albums, il se révélait être la parfaite conclusion d'une carrière sans faute majeure et en tout point intéressante.

Note réelle: 4,5/5

A lire aussi en NEW-WAVE par RICHARD :


The ESSENCE
Ecstasy (1988)
Belle new-wave néerlandaise




The CHAMELEONS
Dreams In Celluloid (2013)
Les très grands oubliés des années 80.


Marquez et partagez





 
   RICHARD

 
  N/A



Non disponible


1. Brutal Killing
2. La Foule Sage
3. Noomo De Xut
4. Irréelle
5. Distance Du Silence
6. She's Lost Control
7. Your White Face With The Red Lips
8. Miroirs Underground
9. The Last Day Of Joy



             



1999 - 2021 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod