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SWAMP PUNK BLUES   |  STUDIO

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The GUN CLUB - Miami (1982)
Par NOSFERATU le 21 Novembre 2019          Consultée 490 fois

C’est quoi un grand disque de rock ? Certainement, l’alliance de la chanson et d’un danger décibellique toujours omniprésent. Seuls les plus grands arrivent à cette transmutation alchimique (BAD SEEDS, les premiers qui me viennent à l’esprit). Echappant aux recettes éculés quiet/loud si populaires durant les nineties… Ceux qui illustreraient la maxime surréaliste d’André Breton : "la beauté sera convulsive ou ne sera pas". Et Miami du GUN CLUB en est un exemple parfait …

Certes, le premier GUN CLUB fut une déflagration dantesque… La bande du ténébreux Jeffrey Lee Pierce emmenait le blues (du moins dans son état d’esprit , pas dans sa version académique) dans des contrées post punks peu explorées. En gros, GUN CLUB sonnait comme un objet "rétro futuriste".Faire du neuf avec du vieux.Sauf que l’aspect punky apparaissait nettement avec ces titres rapides… "Miami" continue un peu sur cette lancée mais possède une connotation mélodique plus marquée. On entend toujours cette sorte de blues mais qui serait revu par un CAPTAIN BEEFHEART transposé dans les années 80. On sent aussi une nette influence du psychobilly déjanté des CRAMPS pour une approche malmené du rock'n'roll traditionnel. Mais surtout, des mélodies prenantes à tomber par terre… Ce qui en fait une œuvre, peut être même supérieure au premier opus qui était déjà phénoménal.

Des litanies aux plaisirs du sexe, de la dope mais aussi des références à la Bible illustrant la vie tourmentée du prêcheur fou Lee Pierce, menée à cent à l’heure….Toujours la même équation métaphysique insoluble : la débauche peut-elle se rattraper par la rédemption ? Un certain NICK CAVE, au sein des bruitistes BIRTHDAY PARTY joue alors dans la même cour, piquant quelques idées ici et là sur son frère d’armes californien, thèmes des lyrics y compris… On le sait, Jeffrey est dingue de Debbie HARRY, la pulpeuse chanteuse de BLONDIE, tellement fou d’elle, qu’il adopte pour ses cheveux la même teinte blonde que notre Marylin Monroe du punk. qui vient juste de cartonner avec son sybarite "disco punk". Juste retour des choses, c’est Chris Stein, le guitariste compagnon de la fausse blonde, qui se charge de la production de « Miami » qui sort sur l'aventureux label "anima record". Et la jolie Debbie, pour un Jeffrey tout énamouré, intervient dans certains chœurs sous le pseudo de D.H. Laurence Jr.

Ce disque est tout simplement ENORME. Largement au dessus des VIOLENT FEMMES et autres GREEN ON RED qui tentent de reproduire la même formule durant ces eighties, sauf que l’énergie et la tension inhérentes au style, sont parfois absentes dans leurs disques. Toujours ce blues rural proche du sud des States, mâtiné avec une violence punk. Du CREEDENCE sans le coté un peu plouc caractérisant ce fameux groupe seventies… Leur titre "Run Through The Jungle" y est transfiguré. Allez, soyons une nouvelle fois blasphémateur, c'est même mieux que l’original… De même, pour la reprise du morceau traditionnel "John Hardy". Ce qui impressionne, c’est, en effet, la guitare de Ward Dotson qui crache des effets de slide grandioses, surtout sur le rutilant "like a Calling up Thunder". Et surtout une rythmique d’enfer mené de main de maître par le bassiste Rob Titter qui vous donne envie de caracoler à cheval sur de longs espaces semi-désertiques pour un western imaginaire qui ne pourrait qu’être qu'onirique comme "la nuit du chasseur". Les vocaux hululant, à la fois sombres et sensuels, du pasteur défroqué Lee pierce amène le tout dans la stratosphère du genre musical le plus excitant qui soit : cet épique punk blues tant pillé par la suite. Sur "Mother of earth", le GUN CLUB ressuscite ni plus ni moins que la grandeur des DOORS. "Watermelon man" vire dans le complet tribalisme montrant des racines lointainement amérindiennes. "The fire of love" est à la fois sublime et déglingué. Tous les morceaux sont évidemment monstrueux mais on aura certainement un faible pour le follement classe "Brother and sister", peut être la meilleure chanson de l’univers…

Après l’enregistrement, Rob Titter quitte le groupe et apprend les rudiments de basse à son ancienne compagne du groupe THE BAGS, la superbe Patricia Morrison (l’un des fantasmes de l’ami Erwin) future icone gothique au féminin. Sur la pochette, il refuse d’apparaître faché par l’omniscience de Lee Pierce. Cette oeuve majestueuse sera rééditée avec pas mal de bonus tracks en 2009, époque où des groupes comme les WHITE STRIPES, WOVENHAND se disputent tous l’héritage de ce groupe faramineux… Avec l’énormissime "Ghost on the Highway" au dessus du panier pour ce qui concerne ces titres supplémentaires, parfaite illustration de ce "cow-punk" qui ridiculise même les potes (pourtant doués) contemporains de X, avec sa rythmique hypnotique qui ferait "jerker" un cul de jatte dans un saloon malfamé.

Tripant et remarquable…

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   NOSFERATU

 
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- Jeffrey Lee Pierce (chant, guitare, piano)
- Ward Dotson (guitare)
- Rob Ritter (basse)
- Terry Graham (batterie)
- D.h. Laurence, Jr. (debbie!)


- carry Home
- like Calling Up Thunder
- brother And Sister
- run Through The Jungle
- devil In The Woods
- texas Serenade
- watermelon Man
- bad Indian
- john Hardy
- fire Of Love
- sleeping In Blood City
- mother Of Earth
- ghost On The Highway
- walkin’ With The Beast
- i Hear Your Heart Singing
- devil In The Woods
- goodbye Johnny
- for The Love Of Ivy
- bad Indian
- strange Fruit
- carry Home
- preachin’ The Blues
- sex Beat
- jack On Fire



             



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