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The GUN CLUB - The Las Vegas Story (1984)
Par NOSFERATU le 2 Mars 2021          Consultée 204 fois

Le second gun club ,"Miami" était un sacré disque, avec ses mélodies vénéneuses. Il atteignait des sommets dans le genre que le gang enfiévré de Jeffrey Lee Pierce a quasiment créé, cet espèce de punk blues nous emmenant dans des marécages "cajuns" infestés d’alligators et de rednecks "junkies". "Las Vegas story", leur troisième forfait, nous amène dans des contrées plus ou moins voisines. 84, l’année de sa sortie, est la période où je découvre le GUN CLUB. Le batteur d’un groupe avignonnais me le fait découvrir chez un disquaire malfamé local. Sur le moment, je ne comprends pas le style, je trouve l’album même un peu trop « country » ( !?) à mon gout. Je le réécoute quelques temps plus tard et là, c’est la stupéfaction…

"Death party", le EP suivant l’énormissime "miami" a vu le line up changer avec l’arrivée de Jim Duckworth (jouant alors dans PANTHER BURNS de TAV FALCO oeuvrant dans le même courant rock blues punky) et de Dee Pop qui a sévi au sein de BUSH TETRAS orienté plus no wave. Le titre éponyme, plutôt rugueux, aux lyrics morbides ("come to the death party, you ain’t got nothing to lose") marche quasiment sur les plates bandes d’un swamp rock high energy à la SCIENTISTS. Mais la reconnaisance tarde à arriver malgré le soutien acharné des amis de Jeffrey, Debbie HARRY et Chris Stein, le couple glamour de BLONDIE. "Las Vegas Story", tout comme "Miami" est ainsi distribué sur l’aventureux label du batteur de BLONDIE, Animal.

De nouveau, le personnel change. Kid Congo, fanatique des RAMONES devant l’éternel, qui a joué entre temps avec les fabuleux CRAMPS revient dans la bande à Jeffrey. Et puis il y a surtout l’arrivée au poste de bassiste de l’affolante Patricia Morrison, véritable poupée gothique (un fantasme absolu pour le camarade Erwin)qui reste l'événement principal. La demoiselle à la très longue chevelure n’est pas à son coup d’essai , elle a déjà joué dans l’hallucinante faune punk hardcore de Los Angeles avec les BAGS, emmené par sa copine Alicia Armendariz. On la retrouvera plus tard avec les goths ténèbreux de SISTERS OF MERCY et les valeureux punks de DAMNED. L’album "The las vegas story" est bien produit par Jeff Eyrich, qui a chanté sur l’oeuvre Power pop garage des PLIMSOULS intitulée "Everywhere At Once". On reste donc entre gens de bon gout… Car tout est épique dans cet album marqué par les hululements géniaux du révérend Lee Pierce.

Le GUN CLUB reprend d’une façon totalement hantée une balade jazzy de GERSHWIN ("My Man’s Gone Now"), s’attaque à un morceau de PHARAOH SANDERS, un des maîtres du free jazz ("The creator was a master plan") . On le remarque aisément, ces gens là avaient ainsi des influences magistrales , partagées entre le jazz, le punk rock, le blues et la country. Mais "Las Vegas" a cependant une nette tonalité plus urbaine, plus mordante… "Walkin With The Beast" est satanique en diable, un satanisme tribal (toujours l’inspiration lointainement amérindienne) qui renoue avec la tradition blues d’un ROBERT JOHNSON, du moins dans l’esprit…

Sur "My Dreams " ou "Eternally Is Here", on sent que Jeffrey Lee Pierce a écouté TELEVISION, le fleuron arty du punk rock new yorkais. Le rutilant "Moonlight Hotel" va certainement marquer la psyché d’un jeune groupe bordelais se formant quasiment à ce moment là, dénommé NOIR DESIR. "The Stranger In Our Town" possède une atmosphère Goth Americana angoissante à souhait, pas loin des CRAMPS de "Psychedelic Jungle", le coté homérique en moins. "The Master Plan" est un blues psychédélique. L’utilisation de la slide est judicieuse sur "Bad America". Le blues punk "Give Up The Sun" légèrement DOORSien dégage une émotion rare. Dans les rééditions, on notera aussi l’émouvante ballade countrysante "Secret Fires".

A la fois lyrique et élevée, The Las Vegas Story est encore un sommet dans la discographie classe du GUN CLUB. Disque encore parfait du début à la fin… Malheureusement, Jeffrey, alcoolique au dernier degré, s’enfonce par la suite dans une spirale de défonce ad eternam en se shootant aussi un peu trop à l'héroïne . Les concerts prennent alors une tournure bordélique et les membres se disputent continuellement.

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- Jeffrey Lee Pierce (vocaux, guitare)
- Kid Congo (guitare)
- Patricia Morrison (basse)
- Terry Graham (batterie)


1. Walkin' With The Beast
2. Eternally Is Here
3. The Stranger In Our Town
4. My Dreams
5. The Master Plan
6. My Man's Gone Now
7. Bad America
8. Moonlight Motel
9. Give Up The Sun
10. Secret Fires



             



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