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POP-VARIETE PROVENCALE  |  STUDIO

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Guy BONNET - Chante En Provencal (1981)
Par MARCO STIVELL le 2 Décembre 2019          Consultée 106 fois

Dans ce genre de découverte, il faut s'attendre à tout. Déjà, la pochette avec ce synthétiseur bien ancré dans le littoral provençal sous le ciel bleu a quelque chose de charmant. Ensuite, c'est un Gatefold, une pochette ouvrante comme le disque précédent, mais avec un peu plus de style personnel. Seul le titre le semble moins au final : Guy BONNET chante en provençal depuis trois albums déjà ! Il y a un insert pour les paroles, bref, l'artiste a mis les moyens !

Et au niveau du son également car, ô joie ô bonheur, il rappelle l'équipe du deuxième album ! Roland Romanelli est de nouveau aux arrangements, bien aidé par monsieur Jannick Top. Des noms que vous commencez à connaître pour les revoir souvent dans ces chroniques et qui promettent beaucoup ! Il y a, parmi les musiciens, les frères Georges et Michel Costa, le guitariste Patrice Tison, le batteur Jean-Paul Batailley.

On sait dès le départ que nous sommes au début des années 80, avec l'apport de synthétiseurs mieux marqués que jamais, ainsi que la pochette nous l'a annoncé. Le rock à tendance hard de "Rima, crema, brula" ("Grillé, flambé, brûlé", évocation funeste des incendies d'été en Provence) et le boogie/rock'n'roll de "La ferrado" (une fête vachère à Maussane-les-Alpilles qui tourne bien mal !) offrent une ouverture et une conclusion nerveuse, toutes guitares dehors par Patrice Tison et Jacky Tricoire, mais jamais sans claviers massifs ni basse très prononcée. On se doute pourquoi.

Les chansons, majoritairement écrites par Guy BONNET et son parolier Pierre Vouland, encore meilleures que celles du précédent, font de ce disque un essentiel de la chanson pop provençale. On retrouve aisément les ballades mettant la belle voix du chanteur dans le ton le plus sucré, bien géré ici toutefois. "Elo 'me ieu"/Elle et moi et son harmonie jazz, la reprise du "Temps des cerises" ("Lou tems di cerieso"), où la mélodie et les nappes de synthé versent entre la romance ancienne et l'hymne religieux, sont toutes splendides.

Sur "Lou desmana", slow mélancolique en hommage aux déracinés (provinciaux contraints de vivre à la capitale, par exemple) et imprégné de piano Fender Rhodes, les choeurs des trois soeurs Bernolles ajoutent beaucoup de fraîcheur et c'est loin d'être fini. Chacune de leurs interventions est magique, proche de la partition du chanteur ("Li vendemio"/les vendanges) ou en lui lançant des réponses vigoureuses ("Fau pas biqueja"/"Faut pas bricoler"). Ces morceaux légers ont des couleurs ensoleillées, latines et calypso, fort bienvenues comme les flûtes folk de Pierre Holassian. Même le disco de "Mireio (li nouveu demandaire)" ("Mireille (les nouveaux prétendants)") ne fait pas tâche.

La surprise est d'avoir utilisé la voix, que dis-je les voix, et les musiciens, tous autant qu'ils sont, et dans ce qu'ils pouvaient apporter de meilleur. Pour BONNET, avec son timbre et ses mots aussi caressants que rudes selon les moments, comme pour Top, Romanelli et les autres, cela représente la musicalité la plus riche, presque du rock progressif à contre-courant en cette année 81.

Ecoutez donc "La bestio" ("La bête"), ce morceau de bravoure fait d'ambiances (vent qui souffle) et de complainte savemment articulée en crescendos et en ruptures, voix caverneuse et narrative comprise. Le disco de "Mireio" s'éloigne largement des paillettes, malgré le groove endiablé, grâce à un développement inattendu lui aussi. Et comment ne pas admirer "Lou Ventour", cette chanson proche de l'incantation païenne faite au Mont Ventoux, "gigant de Prouvènço", géant de Provence ? BONNET l'Avignonnais maîtrise son propos, il n'y a pas à dire !

Même sur les chansons simples, les slows, il y a la basse fretless de Jannick le Marseillais ; même sur "Lou Ventour", il y a des effets de guitares blues intelligents. Souvent, la batterie de Batailley donne l'impression d'être en roue libre et pimente le tout. Les claviers de Romanelli autant que les choeurs des Costa et des Bernolles sont géniaux, prononcés. Et détail non négligeable, les musiciens comme Pierre Holassian ainsi que Hubert Varron et son violoncelle merveilleux (le même que sur le "Brocéliande" et le "Ys" d'Alan STIVELL) ne sont pas seulement des invités : ils font réellement partie du groupe ! On le ressent à maintes reprises, sur les titres les plus denses en particulier.

Fort d'avoir goûté à ce festin musical, en espérant que les intervenants y ont autant pris de plaisir en vrai que cela semble être le cas à l'écoute, on n'a envie que d'une chose : y revenir.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Guy Bonnet (chant, piano)
- Jannick Top (basse)
- Roland Romanelli (claviers, synthétiseurs)
- Jacky Tricoire, Patrice Tison (guitares)
- Hubert Varron (violoncelle)
- Pierre Holassian (flûte, piccolo)
- Michel Costa, Georges Costa (choeurs)
- Anne, Françoise Et Aurore Bernolles (choeurs)


1. Rima, Crema, Brula
2. Lou Desmama
3. Li Vendemio
4. La Bestio
5. Elo 'me Ieu
6. Mireio (li Nouveu Demandaire)
7. Lous Tems Di Cerieso
8. Fau Pas Biqueja
9. Lou Ventour
10. Credo
11. La Ferrado



             



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