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Nolwenn KORBELL - N'eo Ket Echu (2003)
Par MARCO STIVELL le 11 Juin 2019          Consultée 161 fois

La fille d'Hervé Corbel, sonneur, et de la chanteuse Andrea AR GOUILH n'est pas une jeune première lorsqu'elle publie son premier disque en 2003. À 35 ans, Nolwenn KORBELL a consacré une bonne partie de sa vie à la culture bretonne, aux études sur la civilisation celte, parallèlement à divers postes dans le monde de la télévision, journaliste, présentatrice, actrice, doubleuse (FR3, TV Breizh...).

Enregistré dans un studio du port de Saint-Quay-Portrieux dans les Côtes-d'Armor, N'eo Ket Echu (rien n'est perdu, c'est pas fini) paraît en 2003 avec le concours de financements artistiques (FCM) et une distribution gérée par Coop Breizh. Nolwenn KORBELL tient à inclure "Ma c'hemenerez", une chanson qu'elle avait composée pour le Kan ar Bobl en 1997. Ce tremplin/concours, anciennement basé à Lorient et, dès 1993 à Pontivy, a révélé, entre autres, Yann-Fañch KEMENER, Denez PRIGENT, Annie EBREL, Marthe VASSALLO... KORBELL en a également remporté le même prix, c'est ce qui a lancé sa carrière de chanteuse, donc la chanson est symbolique !

"Ma c'hemenerez", "ma couturière", est une gwerz proche de la tradition et comme la chanteuse en interprète peu, au final. On sent, à travers l'album de N'eo Ket Echu, combien l'influence de la musique pop est présente dans son univers (sur certains albums plus récents, c'en est même devenu pop-rock). Il y a aussi, grâce aux musiciens et notamment Frédérique Lory, pianiste/arrangeuse, une marque Europe de l'Est et africaine assez importante. Sur ce disque, il n'y a pas de guitare ; en revanche, mis à part le piano et les flûtes orientales de Sylvain Barou, les percussions d'Antonin Volson, Huggo Le Hénan ainsi que Iltud Le Doré ont une place prépondérante, marimbas comme tambours écossais.

On peut parler d'une interprétation remarquable, avec la touche personnelle due aux arrangements, à l'écriture de textes qui reprend largement les formes anciennes, mais en gardant une certaine ouverture. Sur tous les plans, c'est un disque de grande qualité, par une chanteuse sublime dont le timbre et le phrasé nous transportent, qu'elle chante simplement, murmure ou crie un peu. Certaines expériences restent étonnantes pour un début, "Sant ma pardon" ("le saint de mon pardon") avec son ton écorché vif, le tribal "A-dreuz kleuz ha moger"/"À travers talus et murs" qui dépeint une fuite haletante dans un milieu naturel. Le tapis de percussions y est seul accompagnant.

Ailleurs, le piano conduit des mélodies sucrées. "Luskell ha mab" est une berceuse que KORBELL dédie à son fils Gwion, dont le père est Twm Morys, poète gallois qui écrit une poignée de textes et chansons. L'un d'entre eux est "Y byd newydd"/"Le nouveau monde", ballade où le bassiste Tangi Le Doré tient un rôle splendide aux côtés de Frédérique Lory et Nolwenn KORBELL. Cette dernière, ayant vécu auprès de Morys au Pays de Galles pendant près de dix ans, maîtrise suffisamment cette langue brittonique du nord qui semble toujours fortement rugueuse par rapport au brezhoneg (sur le papier notamment), mais dont l'emploi oral nous rapproche un peu plus du monde elfique...

Nolwenn KORBELL, par l'envie de ne pas recourir à des instruments-phares de la musique celtique telles la harpe ou la cornemuse, donne de prime abord le sentiment de s'éloigner d'un courant qu'on adore, mais une fois que l'on écoute ses chansons, on se rend compte qu'elle le conserve bien et qu'elle a juste une autre manière de le raconter. Même garnie d'un solo voluptueux au doudouk (hautbois arménien popularisé par Peter GABRIEL), "Deuit ganin-me"/"Venez avec moi" demeure, par l'interprétation de dame Nolwenn, la chanson emblématique qu'elle a connue petite grâce aux soeurs GOADEC ainsi qu'Andrea AR GOUILH, sa propre mère.

Elle peut user des influences jazz et latino pour les merveilleux "Glav" et "Heklev", textes narratifs ou paroles amoureuses conjuguées aux points cardinaux, c'est d'un charme fou ; merci aux musiciens mais à elle avant tout. On écoute avec plaisir le laridé "Padal"/"Pourtant", où une femme déclame à son homme qu'elle se sépare de lui, sans y parvenir réellement. Difficile de ne pas sentir de frissons venir pour "Plac'h ar gwele-kloz" ("La fille du lit-clos")... N'eo Ket Echu, à lui seul en 2003, fait rentrer Nolwenn KORBELL dans la cour des grandes chanteuses bretonnes.

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   MARCO STIVELL

 
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- Nolwenn Korbell (chant)
- Frédérique Lory (piano, arrangements, direction artistique)
- Tangi Le Doré (basses)
- Antonin Volson (percussions)
- Huggo Le Hénan (marimbas, accessoires)
- Iltud Le Doré (darbouka, zarb, caisses claires)
- Sylvain Barou (bansouri, dizi, doudouk)


1. Ur Wech E Vo
2. Padal
3. Ma C'hemenerez
4. Glav
5. Y Byd Newydd
6. Son Ar Plac'h N'he Doa Netra
7. Luskell Ha Mab
8. A-dreuz Kleuz Ha Moger
9. Deuit Ganin-me
10. Sant Ma Pardon
11. Heklev
12. Plac'h Ar Gwele-kloz



             



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