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COUNTRY-ROCK  |  STUDIO

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Brad PAISLEY - Love And War (2017)
Par BRADFLOYD le 20 Février 2020          Consultée 415 fois

Bon, je suis d’accord, on ne commence pas la chronique d’un artiste par la plus récente de ses productions. D'autant plus lorsque cela fait 20 ans qu’il sévit dans un certain style. Ça ne se fait pas en règle générale. Sauf qu’ici, nous avons la quintessence de ce qui fait que cet artiste peu connu du côté-ci de l’Atlantique, est une immense star aux US. Promis, je chroniquerai les autres albums dans l’ordre. Mais là, laissez-moi faire, que diable. Outre ses qualités de guitariste virtuose, Brad PAISLEY est doublé d’un excellent compositeur, en compagnie de ses potes Frank Rogers, un camarade de classe devenu son producteur, et Kelley Lovelace avec lesquels il a co-écrit la plupart de ses morceaux.

Dès son premier album, c’est la consécration, jamais démentie depuis, même si les ventes n’ont pas toujours été au plus haut. En effet, particularité de l’intéressé, il participe à l’ouverture des frontières de la country aux autres styles musicaux, notamment le rap, provoquant parfois un rejet de sa production par les aficionados du style. Les derniers albums de Brad PAISLEY m'avaient pourtant quelque peu refroidi : moins de guitares, moult expérimentations qui le faisaient, donc, sortir de la country, des chansons moins évidentes et moins entraînantes, sauf exceptions. Franchement, ce n'était plus le nirvana comme sur l'album "play", pour ne citer que lui.

Donc, c’est avec crainte que je mettais le skeud de près d’une heure de musique dans ma platine. Or, avec Love and War, son 13 opus studio, dès le premier morceau nous sommes transportés globalement dans l'inspiration la plus jouissive du meilleur (à mon sens) artiste de country de ces dernières années.
Dès les quatre premiers morceaux ("Heaven south", "Last time for everything", "One beer can", "Go to bed early"), nous sommes dans un style très country-rock, entraînant et dans un style mid-tempo, en bref, c’est la fête. On pouvait difficilement faire mieux pour débuter. La guitare est de retour, acérée, parfois saturée, les cordes qui claquent, les soli inspirés. Le pied ! Brad PAISLEY sait jouer vite, mais ce n’est jamais de la démonstration à vide. Et, lorsque les soli servent une musique inspirée, on ne demande qu’à suivre.

Depuis le début de sa carrière, Brad Paisley travaille avec des invités qui connaissent bien le talent du bonhomme. Particularité de ces partenaires, il ne sont pas tous de la sphère country mais font partie pour certains des héros de notre guitariste. Ainsi, "Drive of shame", co-composé avec Mick JAGGER, qui est un rock très stonien ou "Love and War" qui voit la participation de John FOGERTY (CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL). Morceau étrange que ce dernier, cependant, puisqu'il commence doucement pour prendre de la puissance en se transformant en rock mi-tempo avec un duel de guitares en plein milieu (assez sage, somme toute) entre les deux complices. Très jolie mélodie donc la conclusion arrive soudainement alors qu’on se sent bien à remuer la tête (j’attendais un solo supplémentaire avec un fading un peu plus sympa). Je suis quelque peu dubitatif.

Mais la liste des invités n’est pas close puisque TIMBALAND, rappeur reconnu, participe à deux titres ("Grey goose chase" et "Solar power girl"), lesquels prouvent que le mélange peut être très intéressant dès lors qu’il est fait avec intelligence. Je m'attendais d’ailleurs à ce mélange rap/country que Brad PAISLEY avait déjà testé sur son album Wheelhouse ("Accidental Racist" avec LL COOL J). Ce qui est étonnant, ce sont, jusque là, les morceaux les plus country du disque (country-rock rapide avec une guitare mise en avant (le solo au milieu… wouah), du violon, de la pedal steel... sur un tempo fait pour les square dance pour "Grey goose chase". Magnifique, de même que pour "Solar power girl" où la voix de TIMBALAND est utilisée dans sa fonction rythmique avec le banjo en soutien. J’aime énormément, deux des titres phares de l'album.

Malheureusement, le disque ne tient pas dans la longueur. La faute à des choix de production parfois étranges. Ainsi, "Contact high", un blues classique, avec ce solo de gratte… Une tuerie qui s’arrête brusquement, comme si les potards avaient été éteints d’un coup, ou "Today", morceau lent sans réelle inspiration même si je dois reconnaître que la mélodie est suffisamment sympa pour que je ne zappe pas lors des différentes écoutes. Mais bon, le problème de la country a toujours été ses slows, un peu remplissage, larmoyant la plupart du temps. Et qui correspondent tellement à la culture américaine. Pas trop ma tasse de thé en général. De même, "Gold all over the ground" commence avec la voix d’outre-tombe de Johnny CASH, mais ne contient pas de mélodie suffisamment mémorable pour qu’on ait envie d’y revenir. "The Devil is alive and well" est du même acabit, tout comme "Dying to see her", une chanson co-composée avec Bill Anderson, le co-auteur de "Whisky Lullaby", qui n’arrive pas au niveau de sa grande soeur. Un peu trop larmoyant, je n'y ressens aucune émotion. Le temps faible du disque. Heureusement, "selfie#theinternetisforever" relève quelque peu le niveau.

Pour les anglicistes, Brad PAISLEY est un écrivain de chansons qui dépasse très largement les chansons d’amour gonflantes, habituelles de ce style de musique. Chroniqueur de son temps et proche des démocrates, il est à l’opposé des rednecks blancs, parfois racistes, habituellement à l’écoute de ce style de musique (paradoxe, d’ailleurs, le banjo est un instrument noir). Les paroles valent aussi d’être décortiquées pour ce qu’elles sont, des tranches de vie d’une Amérique avec ses évolutions et ses doutes, ses fractures et ses enthousiasmes.

En conclusion, un album gorgé de guitares même s’il est chanté en totalité (ses premiers contenaient toujours des instrumentaux), avec plein de soli ravageurs (il les avait abandonnés dans les précédents albums) mais qui, à l’écoute, présente quelques petites faiblesses, surtout à partir des deux tiers, ce qui fait baisser la note générale. A la limite, j’aurais retiré deux ou trois titres faibles (les plus lents) et la note maximale aurait été promise (Brad PAISLEY n’est pas avare en nombre de titres par album, étant un des plus prolifiques dans ce style, sans que cela nuise, en général, à la qualité de sa production).

Cependant, comme il revient à de la musique avec guitares, il obtient sans difficulté un 3,5/5, arrondi à 4/5 qui exprime tous les espoirs que je (re)mets en lui pour le futur.

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   BRADFLOYD

 
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- Brad Paisley (vocals, guitar, dobro)
- Brent Anderson (acoustic guitar)
- Matt Clifford (keyboards)
- Randel Currie (pedal steel)
- John Fogerty (electric guitar, vocals)
- Gary Hooker (electric guitar)
- Mick Jagger (rythme guitar, vocals)
- Daniel Jones (keyboards, synthesizer)
- Kenny Lewis (bass)
- Kendall Marcy (banjo, keyboards)
- Gordon Mote (keyboards, piano)
- Michael Rhodes (bass)
- Ben Sesar (drums)
- Timbaland (percussion, vocals)
- Justin Williamson (fiddle)
- Jessi Alexander (vocals)
- Bill Anderson (vocals)
- Hannah Dasher (vocals)
- Audrey Kate Geiger (vocals)
- Wes Hightower (vocals)
- Gale Mayes (vocals)
- Angela Primm (vocals)
- Baylor Wilson (vocals)


1. Heaven South
2. Last Time For Everything
3. One Beer Can
4. Go To Bed Early
5. Drive Of Shame - Paisley, Brad / Jagger, Mick
6. Contact High
7. Love And War - Paisley, Brad / Fogerty, John
8. Today
9. Selfie#theinternetisforever
10. Grey Goose Chase - Paisley, Brad / Timbaland
11. Gold All Over The Ground
12. Dying To See Her - Paisley, Brad / Anderson, Bill
13. Solar Power Girl - Paisley, Brad / Timbaland
14. The Devil Is Alive And Well
15. Meaning Again
16. Heaven South (reprise)



             



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