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- Style : The Rolling Stones , The Animals , The Yardbirds , The Pretty Things , The J. Geils Band , The J. Geils Band , The Crawdaddys , The Purple Helmets
- Membre : Van Morrison

THEM - Them Featuring Van Morrison (1982)
Par LE KINGBEE le 7 Mai 2020          Consultée 896 fois

Cette compilation Decca sort en 1982 dans le plus grand anonymat. Rien de bien étonnant, le groupe étant dissous depuis 1979 et la sortie de « Shut Youg Mouth », un opus anecdotique enregistré sans Van MORRISON, l’âme centrale du groupe ayant pris ses cliques et ses claques au bout de deux albums. Les THEM et tous leurs rivaux sont tombés au plus profond d’une oubliette sans fond. En cet an de Grâce 1982, CULTURE CLUB, DEXY’s MIDNIGHT RUNNERS, The STRANGLERS rallient les foules. Chez nous, BACHELET avec les Corons, LAVIL le tapeur de bambous et GOLDMAN qui nous embobine avec sa bonne musique inondent les ondes radios.

Aujourd’hui, THEM fait l’objet de 40 compilations, dont quatre portent la même mention « THEM Featuring Van Morrison ». En 1972, le label américain avait publié un double album de 20 titres, un mois plus tard London Records avait cru bon de sortir une compilation de 12 titres via un pressage japonais peu courant. En 1982, Decca remettait le couvert avec une nouvelle compil de 13 titres. Ce disque allait trôner quelques mois sur une étagère en hauteur de magasin Pygmalion. Il faut dire que seuls les plus rapides avaient pu décrocher le précieux sésame. Cette pochette est restée longtemps en place à prendre la poussière, il faut dire qu’un vendeur avait égaré le vinyle considéré par conséquent comme invendable.

Si certains lecteurs et de nombreux chroniqueurs ne sont pas très friands de ce genre de recueils, souvent agencés en dépit du bon sens et dans un souci bassement mercantile, cet opus échappe à la règle et représente un excellent exercice de vulgarisation pour tout auditeur qui voudrait se familiariser avec ce groupe phare du Blues anglais et la personnalité du Sieur Van The Man, qui allait voler vers une carrière solo à travers un répertoire totalement personnel.

C’est en toute logique que le disque s’ouvre sur « Gloria », véritable hymne du R&B anglais, composé par MORRISON et posé sur trois accords et un refrain repris avec ardeur. Repris par tout amateur de Blues et de Garage, le morceau fera l’objet d’essais joliment transformés : on pense aux STANDELLS avec l’apport d’un orgue farfisa diabolique, à Patti SMITH, à EDDIE & The HOT RODS en version Pub Rock et au duo Van MORRISON/John Lee HOOKER, des interprétations bien plus méritantes, à notre humble avis que celles des DOORS ou de SHADOWS Of KNIGHT. Si d’autres ont mis la chanson à leur répertoire, la voix tranchante et furieuse, la basse bien groovy, le nappage d’orgue et les touches de guitare font qu’on revient toujours vers l’original. Autre compo de l’Irlandais, « The Story Of Them », un long blues lent, se déguste comme une superbe biographie emmenée par la guitare de Billy HARRISON et un chant qui refuse d’en démordre. MORRISON est aussi comme un poisson dans l’eau dans le Garage, comme en atteste « Mystic Eyes » avec intro d’harmonica agressive, un titre souvent repris en concert par Tom PETTY et transformé en un long blues exaltant par STACK WADDY. Le combo sait laisser reposer les soupapes quand le besoin s’en fait sentir ; « Hey Girl »▪ avec son intro de flûte se démarque agréablement de l’ensemble. Sentiment identique avec la cinquième et dernière compo « My Lonely Sad Eyes », un titre à connotation nostalgique pouvant évoquer certaines douceurs des KINKS. Si Carl Holmes & The Commanders en donnèrent une interprétation totalement incongrue bourrée de cuivres, Maria McKee (ex Lone Justice) en fera un Folk judicieux.

Sous la houlette de MORRISON, THEM s’attaque à divers standards du Blues, mais la formation s’éloigne de la copie servile, apportant une touche personnelle souvent très novatrice. « Stormy Monday » de T Bone WALKER bénéficie d’un nettoyage sonore en stéréo contrairement à la version single. Le titre vaut surtout pour les prouesses vocales de MORRISON et l’apport de quelques notes de vibraphone, les autres instruments paraissant presque trop sages, comme trop respectueux. Le groupe pioche chez le duo SIMON & GARFUNKEL, reprenant « Richard Cory ». Si l’original basé sur une vieille poésie d’Edwin Robinson sonnait comme un folk gentillet, le chant décalé et à moitié barré de MORISSON nous emmène sur les rives d’un honnête Garage.
Le compilateur nous glisse deux compos de l’Américain Bert Berns, auteur de plusieurs hits pour Atlantic et de l’imparable « Twist & Shout » : « (It Won’t Hurt) Half As Much », titre oscillant entre Soul et Blues, dans lequel l’orgue nous emmène vers des voix célestes alors que le chant s’oriente dans la direction du Diable. Le chanteur de Soul Garnet MIMMS en fera plus tard une version Soul fort recommandable. Seconde création de Berns avec l’excellent « Here Comes The Night », enregistré cinq mois avant par l’Anglaise LULU pour Decca sans grand succès (50ème aux classements Pop anglais), Bert Berns persuadé que son titre pouvait faire un carton le confiera à ses nouveaux protégés qui rateront de peu la plus haute marche des charts. Si DUCKS DELUXE, dix ans plus tard, se hissera au niveau des THEM, quelques-uns se casseront les dents sur cette pépite dont David BOWIE ou Dwight YOAKAM.
Compo de l’arrangeur Joe Scott et de Don Robey, patron du label Peacock, « Turn On Your Love Light » a fait les beaux jours de Bobby Blue BLAND. Si l’original atteignait le niveau maximum, les Anglo-Irlandais en accentuant la cadence se situent encore un cran au-dessus. Il faudrait être cul de jattes pour ne pas faire deux pas de danse là-dessus. On ne compte plus le nombre de repreneurs de ce titre (GRATEFUL DEAD, Bob SEGER, Greg ALMANN jusqu’aux BLUES BROTHERS. Chez nous Eddy MITCHELL adaptera le titre avec « Je fais le singe ». Enorme standard Voodoo de Screamin’ Jay HAWKINS, « I Put A Spell On You » fera l’objet de nombreuses versions parfois inimaginables. Si les essais de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, d’Annie LENNOX, de Queen LATIFAH et DEMON FUZZ figurent à notre sens dans le haut du panier, le morceau subira aussi quelques reprises massacrantes : GAROU, Joe COCKER, Marilyn MANSON ou l’Anglaise Josh STONE dont le chant polluait la guitare de Jeff BECK s’illustrant plus particulièrement. Ici, le sax de MORRISON imprime une ambiance dans le style « Harlem Nocturne ». La compilation s’achève sur « Don’t Look Back »°, une ballade de John Lee HOOKER qui procure ici un moment de douce quiétude ou d’apaisement.

Ce genre de compilation ne restitue qu’en partie le punch de ce groupe qui aurait mérité assurément de connaître un plus grand succès s’il avait été bien managé, bien conseillé, mieux produit et s’il n’avait pas eu à subir les humeurs de son chanteur. Certains titres auraient peut-être mérité de figurer au détriment d’autres, « Don’t Start Crying Now » ou « Bright Lights Big City » avaient assurément leur place ici.
Cette compilation a fait l’objet d’une réédition en format CD en 1987 avec une pochette différente et un membre supplémentaire. Mais les changements incessants de personnels demeurent un vrai casse-tête, à tel point qu’aujourd’hui encore on ignore avec exactitude si Jimmy PAGE était bel et bien présent en seconde guitare sur « Baby Please Don’t Go ». En 1995, le jeune organiste Eric WRIXON déclarait que c’était bien Billy HARRISON qui figurait sur l’enregistrement du titre. Avant d’intégrer les YARDBIRDS, Page a participé à un nombre incalculable de sessions, il est fort possible qu’il en confonde quelques-unes, ses passages dans les studios Decca Angleterre étant journaliers. Cette line-up est donc livrée sur un mode suggestif.

▪ Titre homonyme à ceux de The MAMAS & The PAPAS, The SMALL FACES et Carole KING.
° Titre homonyme à ceux de Smokey ROBINSON, The REMAINS, BOSTON et Bruce SPRINSTEEN.

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- Van Morrison (chant, saxophone,harmonica)
- Billy Harrison (guitare 1-2-3-4-6-7-9-10-13)
- Jim Armstrong (guitare 5-8-11-12)
- Jimmy Page (basse 1, guitare 1-7?)
- Alan Henderson (basse)
- Eric Wrixon (claviers 2-3-6-7-9)
- Ray Elliott (clavier, vibraphone, saxophone, flûte 5-8-11-12)
- Jack Mcauley (claviers 4-13)
- Arthur Greenslade (orgue 1-11)
- Patrick Mcauley (batterie 2-3-4-5-6-7-8-9-10-12-13)
- Bobby Graham (batterie 1-11)


1. Gloria
2. The Story Of Them
3. Stormy Monday
4. Mystic Eyes
5. Hey Girl
6. Baby Please Don't Go
7. Here Comes The Night
8. My Lonely Sad Eyes
9. Richard Cory
10. (it Won't Hurt) Half As Much
11. Turn On Your Love Light
12. I Put A Spell On You
13. Don't Look Back



             



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