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Maggie BELL - Queen Of The Night (1974)
Par LE KINGBEE le 14 Août 2020          Consultée 291 fois

Native de Maryhill, patrie de Donovan dans la banlieue de Glasgow, Maggie Bell quitte l’école à quinze ans pour devenir étalagiste le jour et chanteuse le soir en intégrant les Trixons, un trio vocal local. L’écossaise se fait ensuite connaître au sein de Power, qui se transforme bientôt en STONE THE CROWS. Sous la houlette de Peter Grant, manager de LED ZEPPELIN, le groupe se produit abondamment sur tout le territoire britannique et enregistre trois albums qui retiennent l’attention de la critique internationale.
La suite va hélas s’annoncer beaucoup moins glorieuse. Le 3 mai 1973, le guitariste Leslie Harvey s’électrocute sur la scène du Top Rank alors que le groupe prépare ses balances. Ce décès brutal mettra un terme à l’aventure STONE The CROWS, le cœur n’y est plus et les corbeaux confirment qu’ils sont souvent signe de mauvais présage. Leslie Harvey, frangin d’Alex fondateur du Sensational Alex Harvey Band, rejoint le club très fermé des 27.

En 1973, la firme Atlantic connaît quelques succès majeurs. Si Jerry Wexler s’occupe principalement d’Aretha FRANKLIN, le big boss d’Atlantic reste toujours à l’affût d’une bonne surprise. Les trouvailles ne manquent pas, il suffit parfois simplement de les ciseler. La firme connaît quelques turbulences : LED ZEPPELIN est sur le point d’enregistrer sous la bannière Swan Song, label créé par Peter Grant et le groupe et destiné à enregistrer des artistes n’entrant pas dans les schémas artistiques et financiers des principales maisons de disques. Certes, Atlantic continue d’assurer la distribution de LED ZEP et diverses productions du label, mais il y a comme une rupture. On reste toujours bons amis, mais le plus vieux estime qu’on lui a fait à l’envers, le principe de l’entourloupe.
Atlantic connaît donc de grands succès avec Relayer de YES, le Bloodshot du J GEILS BAND, Desperado des EAGLES ou le Closing Time de Tom WAITS. Roberta FLACK, Tracy NELSON, ABBA, John Prine et l’Average White Band ajoutées à de multiples productions de Jazz viennent mettre un peu de beurre dans les épinards.
Toujours aux aguets, Atlantic édite même sous licence The Lamb Lies Down On Broadway de GENESIS et le Lark’s Tongues In Aspic de King CRIMSON. Mais l’une des plus belles pioches du moment vient avec Maggie BELL.

Peter Grant et son fidèle comparse Mark Taylor n’ont jamais lâché l’ancienne chanteuse de STONE THE CROWS. Les deux hommes informent Jerry Wexler du gros potentiel vocal de leur pouliche. Jerry qui vient de connaître quelques problèmes à Muscles Shoals lors d’une session avec Aretha FRANKLIN, décide de produire lui-même l’Ecossaise, Grant et Taylor se chargeant de la production exécutive. Le 23 juillet 1973, Maggie BELL est expédiée à l’Electric Lady Studio à Greenwich Village. Dans l’ancien studio modelé par Hendrix et l’acousticien John Storyk, elle enregistre onze titres dans la journée. On ignore s’il y a eu un problème avec les bandes ou si Wexler n’était pas satisfait du résultat, mais les onze morceaux passent à la trappe.
Les 3 et 4 octobre, Maggie est rappelée par Atlantic qui vient de lui caller deux sessions entre Dianne Steinberg et Jackie DeShannon. Pas ingrate pour deux sous, l’Ecossaise décide de reprendre les onze mêmes morceaux qu’elle avait préalablement gravés pour que dalle ! Si on ignore avec exactitude comment s’était déroulée sa première séance, ce coup-ci Atlantic a mis les petits plats dans les grands. Aux consoles, on retrouve Gene Paul, l’ingé-son auquel on doit le premier album de CACTUS mais également trois Live de référence (CREAM, King Curtis, Esther Phillips). Au niveau de l’accompagnement, c’est aussi du haut de gamme avec les guitaristes Reggie Young (ex-Wilson PICKETT, Elvis PRESLEY, Joe Tex), Cornell Dupree (Aretha FRANKLIN, Freddie KING, Yusef Lateef) le bassiste Chuck Rainey (ex-Fats DOMINO, Donny HATHAWAY, Quincy JONES) le claviériste Barry Goldberg (ex-James COTTON, Charlie MUSSELWHITE) et le batteur Steve Gadd (ex-Rusty Bryant, George BENSON) pour ne citer que les principaux.
Si Maggie composait souvent en compagnie de Leslie Harvey durant la période STONE THE CROWS, elle ne délivre ici aucune création, se contentant de reprendre des titres conçus pour le disque et des inusités. Elle ouvre les hostilités avec "Caddo Queen", une compo des countrymen Troy Seals et Will Jennings. Enregistré quelques mois avant par Dobie Gray, un chanteur de Soul texan, c’est Reggie Young présent sur la session du Texan qui suggère à l’Ecossaise de reprendre cette histoire d’un couple travaillant sur un bateau à aubes. Maggie met du rythme d’entrée de jeu, bien couverte par une rythmique légère et funky et la dualité des deux guitares. Reprendre un titre préalablement popularisé par Janis JOPLIN demeure un exercice risqué. Figurant dans l’album Pearl de la rouquine, "A Woman Left Lonely" a connu quelques bonnes reprises via Rita Coolidge et Ella Brown (ancienne chanteuse de WET WILLIE). Maggie Bell se sort de cette embûche avec une certaine facilité, elle n’en rajoute pas et ne cherche pas à pousser sur sa voix. Les fans de Janis lui préféreront peut-être l’original, les deux interprétations se valent selon nous. Incursion dans la Country avec "Souvenirs"⃰ du regretté John Prine. Si Prine délivrait une version acoustique proche du Folk, la chanson reprise en mode Bluegrass par les Country Gentlemen prend ici de la voilure. On croirait que le titre provient d’une séance captée à Muscle Schoals dans les studios FAME. L’orchestration et les arrangements nous immergent ici dans un lac de Deep Soul dont les douces vagues finissent par nous ensorceler. Titre emblématique de J.J. CALE, "After Midnight" a connu son lot de reprises, CLAPTON reprenant le titre à maintes occasions. Maggie en délivre une version exotique, les percussions de Ralph McDonald (ex-Yvonne Elliman, Roberta FLACK, Bill WITHERS) nous entraînent ici sur les plages de sable fin de Trinité et Tobago. Joël Daydé en fera une adaptation efficace et crédible. En clôture de face A, rien de tel qu’un morceau de Ronnie Leahy, ancien membre des Corbeaux, avec "Queen Of The Night" ⃰ ⃰. Si la chanson donne son titre au disque, elle contribue à apporter un contrepied parfait à la tonalité de l’ensemble; la mélodie. Les arrangements et l’orchestration bifurquant sans cesse entre Blues churchy et Blues Glam bien ampoulé du genre de Bette MIDDLER finissent par perdre l’auditeur faute d’une direction cohérente.

La face B s’ouvre avec l’entraînant "Oh My My", une compo de Ringo STARR. Le titre ne s’éternise pas, le chorus répétitif contribue à ancrer la mélodie dans le crâne des auditeurs. Rien d’extraordinaire mais c’est simple, gai et efficace. Changement de tempo avec "As The Years Go Passing By", œuvre probable de Peppermint Harris dont s’est accaparé Don Robey sous le pseudo de Deadrick Malone. BELL nous délivre une bonne version, il est simplement dommage que la cadence monte d’un cran au ¾ du morceau. Les puristes de Blues opteront pour les versions d’Albert KING ou de Mighty Joe Young. "Yesterday’s Music" une ballade Country Soul de David Clayton Thomas (chanteur de BLOOD SWEAT & TEARS) s’oriente là entre Southern Soul et Southern Rock. La version d’Etta JAMES, plus tempérée, nous semblait plus juste. Seconde visite dans l’univers de Troy Seals avec "We Had It All", une ballade dans laquelle flotte une ambiance nostalgique. Une interprétation en droite ligne avec celle de Candi STATON, pour un titre que reprendront les STONES dans l’édition Deluxe de Some Girls. "The Other Side" ⸋, compo de la paire Carole Sage Baker/ Peter Allen (ancien mari de Liza Minnelli) nous renvoie vers Beale Street à mi chemin du Rag bluesy et du Retro Jazz. Le disque se termine avec "Trade Winds" une petite douceur du tandem Ralph McDonald/William Satler (ex- Howard TATE, Roberta FLACK) dans laquelle la chanteuse pose sa voix sur une belle partie de piano. Une version moins bavarde que l’originale des Three Degrees.

Premier opus sous son nom, Queen Of The Night allait consacrer l’Ecossaise au rang de reine pendant quelques mois. Maggie BELL, chanteuse à la voix puissante mais expressive, poursuivait ici le chemin entamé au sein de Stone THE CROWS dans une orientation moins psyché et plus maîtrisée. Une bonne pioche pour la firme Atlantic. On regrette simplement la pochette austère de l’Anglais Tony Evans peu inspiré sur ce coup. En Europe, la galette paraît sous la bannière Polydor avec une pochette encore plus restreinte. Un des meilleurs disques de British Blues de la première moitié des seventies.

⃰Titre homonyme à ceux de Bonnie Owens, Dan Fogelberg et Voyage.
⃰ ⃰ Titre homonyme à celui de Whitney Houston.
⸋ Titre homonyme à ceux de Neil Sedaka et Bruno Mars.

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- Maggie Bell (chant)
- Cornell Dupree (guitare)
- Hugh Mccracken (guitare)
- Reggie Young (guitare 1-4-6-9-10)
- Chuck Rainey (basse)
- William Satler (basse)
- Steve Gadd (batterie)
- Ralph Mcdonald (percussions)
- Barry Goldberg (claviers)
- Arthur Jenkins (claviers)
- Richard Tee (claviers)
- Leon Pendarvis (orgue)


1. Caddo Queen
2. A Woman Left Lonely
3. Souvenirs
4. After Midnight
5. Queen Of The Night
6. Oh My My
7. As The Years Go Passing By
8. Yesterday's Music
9. We Had It All
10. The Other Side
11. Trade Winds



             



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