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 Bungle Fever (664)

MR. BUNGLE - Disco Volante (1995)
Par LE BARON le 20 Octobre 2020          Consultée 487 fois

Souvenons-nous : avec son premier album, Mr BUNGLE nous avait laissé groggy, sans voix, heureux. On l’avait passé des centaines de fois sur la platine, on en connaissait les moindres recoins par cœur ! Ce disque était sublime, tout simplement. Et puis vint l’année 1995, et nous nous vîmes obligés de rebattre les cartes de notre admiration. Non que le disque soit devenu moins bon qu’auparavant, mais on se mit désormais à lui trouver quelques menus défauts, des maladresses, voire des longueurs – notamment ces intermèdes comiques dont la répétition s’avérait fastidieuse à la longue. Le son quant à lui nous parut agressif, et pesant par endroits. Que s’était-il passé ? Quelque chose sur lequel on n’aurait pas parié un kopeck : Mr BUNGLE venait de sortir un deuxième album enfonçant littéralement le précédent.

Disco Volante est biberonné aux mêmes ingrédients que son prédécesseur : métal, jazz, musique de manège ou de cirque, surf, mazurka, tango et j’en passe. On y retrouve également de l’expérimental et beaucoup d’influences cinématographiques*. Le côté protéiforme du premier opus du groupe est donc bien là, mais il est passé au stade supérieur. Osant des juxtapositions à la limite du déséquilibre, sautant du coq jazz à l’âne hard-rock ou tango en quelques secondes et l’air de rien, Mr BUNGLE enchaîne les passages expérimentaux ou mélodiques à fond de train, avec une aisance confondante. Libéré des oripeaux de métal de ses débuts, le groupe pétrit désormais avec la même gourmandise tout ce qui lui tombe dans les oreilles, aucun genre ne prenant le pas sur un autre. Il parvient ainsi à former une fusion de styles riche, onctueuse et homogène d’autant plus réussie qu’elle s’avère totalement imprévisible dans le déroulé des morceaux. Rien à voir avec ce que l’on pouvait appeler fusion à l’époque, le mélange Rock / Funk / Rap d’un RED HOT CHILI PEPPERS, par exemple, dont Mike PATTON a d’ailleurs régulièrement fait un bouc émissaire en concert (Anthony, si tu nous lis, bisous).

Mr BUNGLE pousse donc la science du mélange encore plus loin, mais ce n’est pas tout. Il se paie également le luxe de se débarrasser du carcan qui structure l’ensemble de la musique pop, rock, etc.: celui de la chanson, avec son modèle couplet/refrain. Ici, il en est parfois question, et souvent non, soit que les différentes séquences d’un morceau nous amènent d’un point à un autre selon une chronologie secrète et pleine de surprises – à des lieux de l’alternance régulière à laquelle nous sommes habitués –, soit que les titres se déploient carrément à la manière d’un film, tel "Violenza Domestica", monstrueuse création mariant texte inquiétant, bruits de couteaux que l’on affute, guimbarde et bandonéon tango dans une tension croissante et explosive.

Débarrassé de toute entrave, le groupe expérimente plus loin, plus fort, au gré de l’imagination franchement délirante de ses trois têtes chercheuses : Trevor DUNN, Mike PATTON, Trey SPRUANCE**. Et s’il peut sembler y avoir un monde entre le grinçant, "Everyone I Went To Highschool With Is Dead", le techno-orientalisant "Desert Search ForTechno Allah" et le dantesque "Ma Meeshka Mow Skowz", ce n’est qu’apparent. Car sous ces différentes formes musicales se trouve la même exigence, alliée à un remarquable travail de studio. Chaque séquence, même très courte, semble avoir vingt fois sur le métier été retravaillée. Techniquement bien sûr, mais pas que : la moindre note, le plus petit bruit d’ambiance doit s’insérer à la bonne place dans le puzzle géant confectionné par le groupe.

Alors, pourquoi pas 5 étoiles ? Parce que si le disque est absolument parfait du 1er au 8ème titre, il aurait fallu qu’il s’arrête là pour prétendre au chef-d’œuvre. A partir de "The Bends", il y a comme une légère sensation de fuite en avant, de difficulté à terminer l’ouvrage. On trouve encore d’excellentes choses ("Platypus" ou "Merry Go Bye Bye", ce n’est pas rien !), mais elles semblent plus éparses, comme si le groupe avait voulu remplir le CD – format de l’époque – jusqu’à la gueule, nous refilant quelques rushes en lieu et place du montage définitif.

Ce n’est qu’un petit bémol. Disco Volante reste un très grand disque portant fièrement son nom***, lui qui a tout d’un ovni dans le paysage musical, de l’époque comme d’aujourd’hui.
Avec ce deuxième album, Mr BUNGLE devient culte. 25 ans plus tard, la réécoute confirme que la réputation du groupe n’est nullement galvaudée. N’ayant pris aucune ride, ce disque demeure dantesque, brillantissime, totalement barré, et donc incontournable.



* L’ombre d’Ennio MORRICONE plane au-dessus de nombreux titres, notamment ceux écrits par Trey SPRUANCE.

**Ces trois-là, copains de lycée, continuent de collaborer régulièrement ensemble. En dehors de Mr BUNGLE, PATTON a collaboré avec SECRET CHIEFS 3, le groupe de SPRUANCE, ce dernier ayant lui-même œuvré sur un album de FAITH NO MORE. DUNN jouait au sein de FANTÔMAS. Les collaborations de PATTON et DUNN avec John ZORN sont très nombreuses, et SECRET CHIEFS 3 a participé aux volumes 2 et 3 du Masada Songbook.

***Disco Volante, c’est le nom de tout un tas de choses, par exemple celui d’une Alfa Roméo de 1952, d’un yacht de luxe utilisé par SPECTRE dans James Bond, ou encore d’un titre sur Locus Solus, album totalement dingue de John ZORN. C’est également, dans la langue de Dante, une soucoupe volante.

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Comme son nom l'indique.




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   LE BARON

 
  N/A



- Quit (batterie, percussions)
- Trevor Dunn Basse, (violon)
- Uncooked Meat Prior To State Vector Coll (orgue, guitare, électronique)
- Clinton Mckinnon (saxophone ténor, clarinette, claviers, batterie)
- Patton (voix, microcassette, orgue, ocarina)
- Theo (saxophone alto saxophone)
- ------
- William Winant (percussions)
- Lisandro Adrover (bandoneón)


- disco Volante
1. Everyone I Went To High School With Is Dead
2. Chemical Marriage
3. Carry Stress In The Jaw
4. Desert Search For Techno Allah
5. Violenza Domestica
6. After School Special
7. Phlegmatics
8. Ma Meeshka Mow Skwoz
9. The Bends
10. Backstrokin'
11. Platypus
12. Merry Go Bye Bye
13. Nothing



             



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