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- Style + Membre : Miles Davis , Thelonious Monk, Ornette Coleman , Dizzy Gillespie , Dexter Gordon
 

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John COLTRANE - Olé (1961)
Par ONCLE VIANDE le 28 Juillet 2007          Consultée 7925 fois

John Coltrane était un météore. Il révolutionnait sa musique et le jazz tous les six mois, et ses disques sont autant de balises larguées qui permettent de reconstituer sa trajectoire fulgurante. « Olé » reste un repère chronologique marquant à plus d’un titre. Tout d’abord, il marque une avancée significative dans le langage du saxophoniste et porte un rude coup au hard-bop déclinant. Ensuite, il est le dernier disque enregistré pour Atlantic et clôt la période entamée avec « Giant Steps ». Ce changement de label n’aura guère d’influence sur le musicien mais sera fréquemment utilisé comme découpage. Enfin, « Olé » voit le quartet traditionnel augmenté de quatre musiciens, parmi lesquels Eric Dolphy à la clarinette, George Lane à la flûte et au sax alto, Freddie Hubbard à la trompette et Reginald Workman à la seconde contrebasse ; un élargissement étonnant pour celui qui sera bientôt en quête d’épure et de petits effectifs.

Avec « Olé », Coltrane frotte son écriture au style modal alors en vogue et passe du foisonnement harmonique de « Giant Steps » à une poignée d’accords. Cette restriction apparente autorise une plus grande liberté de jeu et d’indépendance entre les musiciens. Elle constituera une étape provisoire mais nécessaire vers des formes toujours plus ouvertes. Cette voie se traduira par des compositions plus longues, plus lancinantes, et se montrera moins fougueuse, moins bondissante et surtout moins bavarde.
« Olé » vaut surtout pour sa pièce éponyme qui occupait la première face du vinyle à l’époque. A l’instar de Miles Davis avec « Sketches of Spain », elle emprunte à la musique espagnole son tempérament tourmenté et trouvera un écho évident chez Frank Zappa (« Big swifty »). Une simple écoute dévoilera la structure de cette pièce de choix. Un thème hispanisant réapparaît régulièrement pour relayer les prestations des différents musiciens qui entrent et sortent à tour de rôle. Après la flûte, la trompette et le piano, c’est aux deux contrebasses de se donner la réplique, avec et sans l’archet, puis au sax alto. L’ouverture et la conclusion sont assurées par Coltrane au ténor, maître de cérémonie. Un déroulement simple qui garantit l’égalité de temps de jeu de chaque protagoniste et ne gâche en rien le plaisir de l’écoute, d’une entraînante fluidité.
Les deux autres pièces s’inscrivent dans la même optique même si elles abandonnent le mode hispanique au profit de climats plus apaisés et marquent un recul au regard de la plage titre, plus audacieuse, plus fouillée. « Dahomey dance » renoue avec un chabada relativement tranquille propice à l’intervention des solistes, et « Aisha » conclut le disque dans la volupté et rappelle de façon troublante « Naima » de « Giant steps ». C’est bien le seul bémol que l’on pourra formuler à l’encontre de cette pierre angulaire de l’évolution coltranienne.
Elvin Jones qui a intégré le quartet depuis un an se montre évidemment impeccable derrière ses fûts, mais les rythmes conventionnels de cet album ne mettent pas encore en valeur l’inventivité et la densité de son jeu et bride pour l’heure sa puissance d’improvisation.

1961 est aussi l’année du fameux « Free Jazz » d’Ornette Coleman, à côté duquel « Olé » peut paraître bien sage, mais qui sèmera dans l’imaginaire d’un Coltrane toujours en mouvement une soif de liberté qui ne tardera pas à germer. « Olé » constitue avec « Giant steps » et « My favorite things » le troisième pilier de la période Atlantic, et avec lui se ferme une page déjà féconde, bien que totalement fictive. Le train bleu ne cesse de prendre de la vitesse, et le meilleur reste à venir.

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   ONCLE VIANDE

 
   MR. AMEFORGEE

 
   (2 chroniques)



- John Coltrane (saxophone ténor et soprano)
- Mccoy Tyner (piano)
- Steve Davis (contrebasse)
- Elvin Jones (batterie)
- Avec :
- George Lane (flûte, saxophone alto)
- Eric Dolphy (clarinette)
- Freddie Hubbard (trompette)
- Reginald Workman (contrebasse)


1. Olé
2. Dahomey Dance
3. Aisha



             



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