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INTERPOL - Our Love To Admire (2007)
Par VIVI le 24 Septembre 2007          Consultée 3866 fois

Les années 2000 font l’objet depuis quelques temps d’un drôle de phénomène : ce que l’on appelle communément le revival. Entre les reformations (« le temps d’une tournée » disent-ils) de formations cultes et le renouveau (ravalement de façade compris) de genres que l’on croyait morts et enterrés, c’est toute un pan de la nostalgie du « vieux » rock qui se réveille et reprend ses bons droits. Mais depuis 2001, il y a un revival en particulier qui se fait plus vif que le reste : celui de la scène post-punk engendrée par les mythiques JOY DIVISION. INTERPOL fait bien entendu partie de cette frange, mais il est surtout le chef de file de toute cette réouverture d’un genre considéré comme cheap et que l’on pensait définitivement éteint. Emmenant avec lui toute une pléiade de groupes piochant tous dans la scène new-wave/cold-wave, il est passé du stade de clone de JOY DIVISION à celui de cloné. Que ce soit EDITORS, I LOVE YOU BUT I’VE CHOSEN DARKNESS ou plus récemment l’excellent DRAGONS, ils se sont tous engouffrés dans la brèche grâce aux Amerlocs.

Pourtant, si sur Antics, le fantôme de Ian Curtis et ses acolytes se faisait encore un peu ressentir, il s’est totalement évaporé sur la nouvelle offrande des New-Yorkais. Ces derniers ont su faire du vieux avec du neuf, sans pour autant rester cloîtré dans une imitation défraîchie des Britanniques. Our Love To Admire, troisième opus studio des Américains, est à ce jour leur œuvre la plus romantique…mais aussi la plus difficile à appréhender. Attention, ne vous méprenez pas, leur sens inimitable du tube est toujours au rendez-vous, mais cette fois, c’est au niveau des arrangements qu’il faut se focaliser. Turn On The Bright Light était une pépite noire, Antics un véritable condensé de rock sec, Our Love To Admire, quant à lui, laisse le soin au clavier de développer les textures. La basse se fait toujours ronde et claquante, les lignes de guitares cisaillent avec la même précision les compositions (boudiou, écoutez-moi « Rest My Chemistry », vous allez comprendre ce que le mot entêtant veut dire !), Paul Banks nous délecte comme à l’accoutumée de son timbre froid et posé, quoique plus nuancé cette fois-ci… La principale évolution est orientée par l’injonction au premier plan du clavier, conférant une ambiance moins anguleuse que les frères précédents.
« Pioneer To The Falls », est, à cet égard, la chanson la plus révélatrice du nouveau visage interpolien : classieuse, élégante et racée. L’instrumentation n’est pas étrangère à cette prise de position : le piano, par exemple, apporte une touche de mélancolie écorchée à cet ode à l’amour. Oui l’amour, vous avez bien lu. Tout transpire les sentiments (le sirop diront les mauvaises langues), confondant chaque morceau en une enveloppe intense et sensible. Les contours s’adoucissent, donnant ainsi moins d’espace aux guitares et à la basse. La production parait de prime d’abord totalement lisse, il faut un temps d’adaptation pour pénétrer les nouvelles compositions, quitte à rester sceptique un instant (ce fut mon cas !). Or, vous verrez qu’au bout de quelques écoutes, tout se met en place avec limpidité : la juxtaposition des couches d’instruments s’enlace de façon plus juste, leur dosage étant moins approximatif, c’est le plaisir d’écoute qui ne fait que s’en renouveler.

Il y a quand même « The Heinrich Manoeuver », premier single mis en boîte, qui n’est pas foncièrement représentatif de l’ensemble de Our Love To Admire. Sympathique, oui, entraînant, oui, plat… aussi. Loin d’avoir la verve démoniaque d’un « Evil », il dénote de l’ensemble. Alors oui, c’est un titre agréable, mais pas essentiel. Dans le genre dynamique, on retiendra plus aisément la guitare de « Mammoth », qui cette fois, est le second single en parution, ou « Who Do You Think ? », titre sans doute le plus urgent et rythmé de la galette. Reste que si je suis toujours très friande de ces compositions, ce ne sont pas les plus séduisantes ici. « Pionner To The Falls » posait avec brio les jalons de ce romantisme noir, « Pace Is The Trick » enfonce un peu plus le clou grâce aux chœurs en milieu de piste, « Wrecking Ball » nous offre des instants hypnotisants, avec une sorte de distance et de mystère ultra-sexy. Reste que dans le tas, le meilleur moment est à mes yeux « Rest My Chemistry ». S’il y a bien un morceau qui combine intelligemment tous les ingrédients qui ont été mis en place, c’est celui-ci. Mid-tempo langoureux aux accents chaloupés, il propose notamment des lignes de guitares pénétrant le moindre interstice du cerveau pour ne plus le lâcher, un clavier aérien, et une basse à faire fondre la banquise. Tous ces éléments parachèvent ce qui pourrait être un single judicieux, mais c’est aussi une de mes compositions favorites tout album confondu (avec « Evil » aussi, parce que bon, faut pas pousser mémé dans les orties).

Alors que reste-t-il d’INTERPOL aujourd’hui ? Un groupe de revival cold-wave ? Et bien, la réponse est désormais non. Ce nouvel essai risque peut-être de dérouter, mais il affiche avec une belle aisance les ambitions d’un groupe qui n’a désormais plus peur de s’affirmer. Si JOY DIVISION laissera toujours des stigmates dans la musique des Américains, la comparaison semble désormais superflue. Même si Our Love To Admire conserve ce sixième sens du tube et se fait plus pop (dans le bon sens du terme), il met de nouvelles cartes dans les mains du groupe et préfigure un avenir toujours aussi excitant. Bien qu’Antics garde une place de choix dans mon cœur, Our Love To Admire s’installe d’ores et déjà sur mon podium des disques de l’année.

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- Paul Banks (chant, guitare)
- Daniel Kessler (guitare, chant)
- Carlos D. (basse, claviers)
- Sam Fogarino (batterie)


1. Pioneer To The Falls
2. No I In Threesome
3. The Scale
4. The Heinrich Maneuver
5. Mammoth
6. Pace Is The Trick
7. All Fired Up
8. Rest My Chemistry
9. Who Do You Think
10. Wrecking Ball
11. The Lighthouse



             



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