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1979 Rickie Lee Jones
1981 Pirates

Rickie Lee JONES - Pirates (1981)
Par LE KINGBEE le 13 Décembre 2021          Consultée 1300 fois

Rickie LEE JONES avait cassé la baraque en 1979 avec son premier disque éponyme. On pouvait voir la jeune américaine en couverture du Time, de Rolling Stones. Tout semblait réuni pour qu’une nouvelle star apparaisse durablement sans le concours d’une baguette magique ou d’une boite de production aux ramifications tentaculaires. La chanteuse venait d’être nouvellement "graminée". Dans les rues, le port du béret chez les femmes redevenait monnaie courante.

Mais les choses ne sont parfois pas aussi roses qu’il y parait. Entre sa séparation avec Tom WAITS, un recours à une poudre aussi blanche qu'illusoire et une relation avec Sal Bernardi, l’univers de la fille au béret la plus célèbre du moment allait quelque peu s’écorner.

Dans l’esprit de la Warner, s’il ne s’agit pas de mettre la charrue avant les bœufs, il convient de ne pas laisser bouillir l’eau de la casserole plus que nécessaire, à la longue la flotte s’est évaporée et le récipient risque de cramer ou de fondre.

Dès janvier 1980, Russ Titelman et Lenny Waronker décident de renvoyer la chanteuse en studio. Une première session voit le jour avec deux titres à la clef ("Skeletons", "The Returns"). Formidable conteuse d’histoires, Rickie possède un don particulier pour mettre en musique des tranches de vie, des histoires d’amour qui finissent souvent tristement agrémentés de textes que seuls de rares initiés parviennent à comprendre. Waronker et Titelman ont assez de bouteille et de savoir-faire pour laisser du temps au temps, ne pas brusquer la chanteuse qui a du mal à se remettre de sa séparation avec WAITS mais aussi de son fulgurant et inattendu succès. Il n’est jamais facile d’être placé soudainement sous les feux de la rampe. Les six autres titres proviennent de diverses sessions gravées dans les studios de la Warner à North Hollywood entre novembre 80 et avril 81.

Il semble évident que les deux producteurs savaient pertinemment qu’il leur serait impossible de relancer un tel feu d’artifice que celui engendré par le premier opus. C’est bien connu, les miracles ne se produisent qu’une fois !

A l’image de son quotidien, Rickie Lee JONES délivre ici un répertoire beaucoup plus complexe et torturé avec des avancées dans le Jazz, la Soul avec toujours des dominantes de Pop et de Rock. D’entrée de jeu, le piano tisse un décor des plus tendu sur "We Belong Together", une pièce Jazzy qui au fil des secondes devient de plus en plus austère. "Living It Up", une ballade Pop gorgée d’embruns sophistiqués et de nuances désenchantées pourrait figurer dans un album de Kate BUSH avec ce timbre qui monte parfois en vrille selon l’humeur de la chanteuse. "Skeletons", autre balade interprétée au piano se révèle mélancolique et s’approche dangereusement de la torpeur avec un rythme d’une langueur monotone. Changement de tournure avec "Woody And Dutch On The Slow Train To Peking", un titre plongeant de suite dans une ambiance festive, Rickie tisse ici un dialogue quasi incompréhensible mais le décor évoque "America" chanté par Rita Moreno dans "West Side Story"; la grosse ligne de basse dans l’intro et les coups trompette bouchée s’annoncent comme de bonnes trouvailles.
Au chapitre des titres qui auraient pu connaitre un gros succès, "Pirates (So Long Lonely Avenue)" comportait tous les ingrédients pour cartonner sur les ondes avec une ligne mélodique qui lorgne sur "Chuck E’s In Love", malheureusement au tiers du morceau, Rickie s’enferre dans une litanie sans queue ni tête avec un piano presque monastique. "A Lucky Guy", une balade où il est question d’amour perdu, fait référence à Tom WAITS et repose sur une mélodie simple basée sur un jeu de piano et une section rythmique qui apporte consistance et moelleux. Avoisinant les 8 minutes, "Traces Of The Western Slopes" offre une épaisse palette où les teintes et les changements de structure finissent par nous perdre à l’image du nuancier d’un peintre. En fermeture, "The Returns" avec un timbre hyper aigu et une mélodie peu accrocheuse mais heureusement très courte ne parvient pas à nous sortir de l’enlisement dans lequel on est subrepticement en train de glisser.

Alors comme souvent les avis divergent sur cet album, il n’y rien d’anormal là-dedans. Certains aficionados prétendent que plus l’œuvre est complexe et d’un abord complexe ou épineux, plus le disque est bon. Si l’argument se montre parfois exact et bienfondé, il est loin de constituer ici une démonstration sans faille ou un raisonnement qui tient la route à toute épreuve. Certes ce disque contient une part de beauté, à l’instar d’une toile de maitre dont on peut avoir du mal à assimiler tous les traits, mais quarante ans après sa sortie, c’est encore et toujours un sentiment scabreux et indéfinissable qui émane de ces huit pistes. Les changements de tonalité dans la voix, les rythmes et les mélodies finissent généralement par lasser. Les humeurs et la passion souvent trop exacerbée de la chanteuse se révèlent hélas trop chronophages pour votre humble serviteur. La longueur de certains titres et une recherche vers une sophistication souvent touffue et trop complexe risquent de perdre pas mal d’auditeurs en route, malgré la qualité d’une production bien léchée et d’une orchestration haut de gamme. Si certains fans crient au génie en écoutant ce disque, je reste plus dubitatif quant au résultat final. Un disque à l’image de sa pochette sombre et enfumé. Note réelle 2,5 malgré toute l’affection que je porte à cette interprète.

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- Rickie Lee Jones (chant, claviers, synthétiseur)
- Sal Bernardi (harmonica 5-7, chant 2, chœurs 7)
- Buzzy Feiten (guitare 1-2-3-5-6-7-8)
- Steve Lukather (guitare 1-2-3-5-6-7-8)
- Dean Parks (guitare 1-2-3-5-6-7-8)
- David Kalish (guitare 4)
- Chuck Rainey (basse)
- Steve Gadd (batterie 1-4-5)
- Art Rodriguez (batterie 2-6-7)
- Neil Larsen (claviers 1-2-4-5-6-7)
- Russell Ferrante (claviers 1-2-4-5-6-7)
- Randy Kerber (claviers 3-8)
- Clarence Mcdonald (claviers 3-8)
- Michael Boddicker (synthétiseur)
- Donald Fagen (synthétiseur 5)
- Rob Mounsey (synthétiseur 5)
- David Sanborn (saxophone 4-5)
- Tom Scott (saxophone 4-5)
- Randy Brecker (trompette 4-5)
- Jerry Hey (trompette 7)
- Arno Lucas (chœurs 4)
- Leslie Smith (chœurs 4)
- Joe Turano (chœurs 4)


1. We Belong Together
2. Living It Up
3. Skeletons
4. Woody And Dutch On The Slow Train To Peking
5. Pirates (so Long Lonely Avenue)
6. A Lucky Guy
7. Traces Of The Western Slopes
8. The Returns



             



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