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ANGELE - Nonante-cinq (2021)
Par WALTERSMOKE le 28 Décembre 2021          Consultée 1192 fois

C’est peu dire que j'attendais le nouvel album d’ANGÈLE au tournant. Ayant grandement apprécié Brol (2018), il allait de soi que je sauterais sur son opus suivant, que j’espérais aussi réussi dans le genre pop/rap/électro. Or, premier constat : je n’ai pas été déçu et j’ai été déçu en même temps. Bilan étrange et pourtant ô combien cohérent, selon l’angle d’attaque.

Avec Nonante-Cinq (quel étrange terme issu de cette étrange langue qu’est le belge !), ANGÈLE joue immédiatement la carte de l’album orienté vers l’introspection. Pas au point d’être un album intime, une mise à nu, mais tout de même. On comprend dès les premières notes le caractère égocentré de l’oeuvre. Rien de nouveau sous le soleil : Brol l’était déjà pas mal, et puis bon, s’il fallait citer les albums de musique où l’artiste parle de sa propre personne… Et non, je ne pense pas qu’à la pop des millenials. Ceci étant, donner son année de naissance (putain, elle n’a que deux ans de moins que moi) à son deuxième album, ça a une grande importance.

Dès les premières notes. Donc, dès "Bruxelles je t’aime", ode à la capitale du plat pays. Tiens donc, ANGÈLE se la jouerait-elle identitaire, après avoir chanté les louanges du féminisme sur "Balance ton quoi" ? Je suis taquin, mais arrêtons là la médisance : chanter l’amour de sa terre natale n’a rien de problématique et ne mérite aucune récupération politique ou morale ; de plus, il paraît que Bruxelles est une belle cité (sans les échafaudages du palais de justice, ça va de soi). Musicalement, ANGÈLE éprouve de nouveau la recette qui lui a tant réussi précédemment : voix angélique (hahaha) sur une musique suffisamment moderne pour entrer dans le moule mais en même temps assez originale et bien construite pour se démarquer.

Voilà en quoi ANGÈLE ne déçoit pas : sa maîtrise de la science pop. Et là où elle déçoit, c’est que sa plume ne fait plus autant mouche qu'autrefois. Même le meilleur morceau, à savoir "Solo", ne hante pas autant les esprits que, par exemple, "La flemme" ou "Matins" - et je ne cite même pas des singles, là. Pour le côté tubesque et l’efficacité, on devra repasser, donc. Et pourtant, Nonante-Cinq est un bon album, à la limite du très bon, même si certains points qui faisaient le charme d’ANGÈLE sont au mieux diminués. Où est donc le féminisme affiché de notre chère Belge ? Dans le bien-nommé "Tempête", évoquant le douloureux et très actuel sujet des violences conjugales ; pas aussi percutant, médiatiquement parlant par exemple, que "Balance ton quoi", mais pertinent en plus d’être musicalement correct.

Répétons-nous, Nonante-Cinq est avant tout un album égocentré. ANGÈLE parle d’elle, mais avec la riche idée de ne pas se prendre pour le centre du monde tout en évitant le Caliméro - bon enfin presque, les paroles de "Bruxelles je t’aime", bof bof. Ce côté 36 15 My Life est traité avec pertinence et justesse sur "On s’habitue", oscillant entre routine et mélancolie. L’amour est également traité sous l’oeil assez cocasse de la déception et du « mieux vaut être seul que mal accompagné(e) » sur "Solo" le bien-nommé. Dans un autre registre, plus global, il importe de relever le duo avec Damso sur "Démons". Certes, ce n’est pas la première fois que les deux artistes collaborent : que les fans de rap se souviennent de "Silence" sur Lithopedion (2018). Les retrouvailles sont intéressantes, mais un peu trop formatées et manquant d’ambition, sans compter un manque réel de fusion des deux univers ici présents. On peut espérer mieux, avec d’autres duos, les deux Belges présentant une compatibilité musicale évidente.

Avec Nonante-Cinq, ANGÈLE continue et conforte sa position de chanteuse de premier rang. Le temps où elle se faisait huer en première partie de Damso (encore lui !) est déjà loin, et on espère sincèrement continuer à la voir par la suite. Avec une meilleure musique ? Ça va de soi. Et c’est là la plus grande crainte que l’on peut avoir : qu’ANGÈLE, aussi douée soit-elle, se repose sur ses acquis et n’évolue que peu ou prou. À elle de nous prouver que ce n’est qu’une vaine peur.

Note réelle : 3,5/5

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- Angèle (chant, claviers)
- Tristan Salvati (claviers, prog, guitares)
- Florian Gouello (batterie)
- Damso (invité chant sur 7)


1. Bruxelles Je T'aime
2. Libre
3. On S'habitue
4. Solo
5. Pensées Positives
6. Taxi
7. Démons
8. Plus De Sens
9. Tempête
10. Profite
11. Mots Justes
12. Mauvais Rêves



             



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