Recherche avancée       Liste groupes



      
GLAM INDUS METAL GOTH  |  STUDIO

Commentaires (3)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

1994 Portrait Of An Americ...
1995 Smells Like Children
1996 Antichrist Superstar
1998 Mechanical Animals
1999 The Last Tour On Earth
2000 Holy Wood (in The Sha...
2002 Guns, God And Government...
2003 The Golden Age Of Gro...
2004 Lest We Forget
2007 Eat Me Drink Me
2009 The High End Of Low
2012 Born Villain
2015 The Pale Emperor
2017 Heaven Upside Down
2020 We Are Chaos
 

- Style : Nine Inch Nails, Dave Navarro

MARILYN MANSON - Portrait Of An American Family (1994)
Par NOSFERATU le 29 Mai 2022          Consultée 411 fois

Le cas MARILYN MANSON... D’abord les souvenirs… La découverte ? Un soir, durant l’année 96, dans mon studio crade d’Aix en provence, avec une amie, on allume la télé à deux heures du matin et on tombe sur le fameux vidéo clip de l’hymne qu’est "The Beautiful People" extrait de l’apocalytique antichrist superstar. Comme quoi à une époque il y avait des clips rocks à cette heure tardive à la télé française .Un peu surpris faut l’avouer par l’esthètique teen thrash lynchéenne du combo déviant… Et je me souviens aussi de ce concert mal foutu de Nimes en 2018 où on sentait le MANSON complètement "ailleurs"…

Le nom du groupe (car encore une fois on l’oublie un peu trop vite, MARILYN MANSON comme l'ancêtre ALICE COOPER, c'est avant toute chose le nom d'un groupe avant le patronyme du sulfureux personnage) est l'antithèse ultime. Le prénom Marilyn renvoie à l’icone glamour incarnée par la pulpeuse Miss MONROE. Le nom MANSON rappelle frontalement le gourou de la secte de 69 CHARLES (musicien folky raté entre parenthèses), accomplissant le carnage dans la villa d’hollywood que l’on sait (Mais comment peut-on tuer Sharon Tate ?). Donc le rêve et le cauchemar américain dans toute… son horreur. De toute façon, la MARILYN prenait de la dope et CHARLES pouvait être très doux avec ses disciples, selon l’ancien adepte de l’Eglise de Satan d’ANTON LA VEY qu’est notre MANSON (enfin Brian Warner de son vrai nom).

Et Portrait Of An American Family, premier lp frappadingue sorti à la suaire du mouvement grunge en juin 94 illustre la contradiction de la civilisation américaine de cette fin tourmentée du XXe siècle. Déjà la pochette… On voit à l’intérieur les photos des membres, les étranges SPOOKY KIDS, mi aliens (ALIEN SEX FIEND ?)mi clochards célestes avec des relents très bien assimilés de looks empruntant à la mythologie batcave des eighties, au grunge crade s’achevant et au glitter du rock décadent des années 70. La pochette fait penser à une image entre Massacre à la tronçonneuse et le coté cauchemardesque d’un TIM BURTON première période avec les références explicites à Charlie et la chocolaterie. Déjà, on perçoit visuellement une attaque en règle de la famille moyenne américaine white trash, Mister FARMER anéantissant l’hypocrisie religieuse en se souvenant d’un grand-père zoophile…

L’idée jouant sur l’hybridité se veut être à la fois underground mais aussi très hollywoodienne. D’où, du moins à l’époque, les débats divisant la communauté internationale des men in black’: MANSON gothique ou pas ? Entité purement commerciale ou innovateur artistique ? Transhumaniste ou extra-terrestre ? Pour moi, la réponse (déjà dans le concept) est simple. C’est la perpétuation d’un certain shock rock créé dans les fifties avec l’incroyable SCREAMING JAY HAWKINS, perpétué par l’ALICE COOPER BAND à partir de 1968, poursuivi dans les années 80 avec BAUHAUS et compagnie, achevé pratiquement donc durant les nineties par MANSON et son plus sérieux concurrent, le rigolo ROB ZOMBIE… Entre mille huluberlus qui ont mélangé guitares bruyantes et le décorum horrifique du cinéma bis à la HAMMER (pour faire court), entrainant l’émergence de divers sous courants…

Et MANSON a synthétisé toutes ces diverses influences. En gros, pour rester métaphoriquement dans le septième art, pas le trésor avant-gardiste annoncé genre Eraserhead à coté de MANSON, la discographie de ses pairs comme Jim Thidwell de FŒTUS, de BOYD RICE avec son insensé NON ou même celle des débuts comateux de CHRISTIAN DEATH avaient des dents plus acérés, sans parler de l'apocalypse programmée par MINISTRY) mais un bon blockbuster musical style l’exorciste. Et il m’arrive d’écouter Antéchrist superstar que devrait nous conter le Cornélius (j'en salive d'avance), d’une oreille encore assidue. D’ailleurs, je me pose toujours la question : Comment ce dernier disque aussi sombre a-t-il pu se vendre par millions ?

On rappellera brièvement que ce combo obsédé par les serial killers trainait à l’origine dans les clubs métal de Floride au début des remuantes années 90. Leur chanteur, Brian Warner, poète luciférien, après avoir taté du journalisme gonzo amène la touche arty à cette association de freaks cramés du bulbe. A la production de la première oeuvre, Roli Mossiman, qui a joué du tambour avec les maitres de l’indus rock déviant SWANS et FŒTUS (qui ont bien influencé le MANSON en question )et qui a joué de cet exercice avec YOUNG GODS ou CELTIC FROST, donnant déjà une caution underground à l’entreprise… Sauf que le courant passe mal et c’est Trent Reznor (NINE INCH NAILS), le mentor de MANSON, qui suit les aventures de l’inquiétante secte de très très près, prenant le relais. Exit le Mossiman renvoyé au rôle ingrat de technicien… Les chansons, toutes aussi maladives les unes que les autres, sont enregistrées en grande partie dans le nouveau studio de Reznor qui n’est autre que la demeure où les sbires de CHARLES MANSON ont commis le massacre cité plus haut à Hollywood! Ambiance …

MANSON et ses KIDS remettent ainsi au gout du jour la notion de concept –album (ici tournant autour des affres de l’american way of life), nous remémorant certains disques de rock progressif des années 70 , la créature en question, étant fan de ceux de PINK FLOYD ou de son idole, ALICE COOPER. Ce dernier a joué, durant les années 70, de cette conception de la musique, illustrée par des shows théâtraux dans la grande tradition sanglante du grand guignol inhérent au genre. L’approche de la critique de MANSON de la société familiale conservatrice américaine rejoint celle d’un JELLO BIAFRA. On utilise les monstres sous forme de métaphore vindicative. Pas une fuite dans l'imaginaire, fût-il surréaliste, à la tonton ALICE... Peu de choses nous interpellent sur ce disque assez bien foutu mais qui est loin d’être transcendant. L’ombre de Reznor est forcément derrière avec tous ces samples détraqués. Le climat ressenti est à la fois catchy et glauque mais l'ensemble n'est pas encore bien abouti.

L’Introduction "Prelude (The Family Trip)" est forcément sombre issu d’un film d’horreur avec plein de cris de redneks possédés, les lyrics faisant allusion au roman barré de Road Dahl. Derrière ce rock industriel à forte connotation métallique, on entend des effets bien digérés issus de d’autres groupes. "Cake and Sodomy" sonne comme du MOTLEY CRUE en version post punk, "Lunchbox" comme du JANE’S ADDICTION métal, avec la phrase "I bring you fire!", extraite de la chanson "Fire" issue de The Crazy World of Arthur Brown, lointain hommage au shock rocker sixties (MANSON a au moins le mérite de connaitre l’histoire de son courant musical). "Dope Hat" lorgne vers les travaux hallucinés de VIRGIN PRUNES mais avec une tendance plus poussive, marquée par une atmosphère de films bis 50.

"Get Your Gunn" possède un refrain plus punk. Celui de "Snake Eyes and Sissies" est un peu trop convenu. On retiendra aussi les vocaux hystériques de "Wrapped in Plastic" et les effets bizarroides de "My Monkey". "Misery Machine" (la chanson en elle-même se termine à 5:03) morceau heavy rock puisssant, s’arrêtant dans une ambiance foraine inquiétante (quelque part entre DEAD KENNEDYS et BLACK SABBATH pour décrire cette dernière) serait une ode au magicien Aleister Crowley, grand inspirateur ésotérique de tout le rock souterrain (mais aussi des BEATLES et de LED ZEP) de ces cinquante derniers années... Peu d’hymnes, à part peut être l’indus metal de haute volée qu’est "Organ Grinder" avec un refrain bien dévastateur,"Cyclops" dénonçant la condition des femmes de l’american family version W.A.S.P. plutôt heavy , illustrerait presque la démarche d’un cyclope par sa lourdeur*. "Portrait", aux paroles dingues, est un album encore brouillon oscillant maladroitement entre punk , stridences industrielles et métal raccoleur.

Le prochain, mieux produit,sera ........................................................................
CATACLYSMIQUE …

A lire aussi en GLAM-ROCK par NOSFERATU :


NEW YORK DOLLS
Too Much Too Soon (1974)
Trop tôt encore !




NEW YORK DOLLS
New York Dolls (1973)
Album pivot du glitter garage


Marquez et partagez





 
   NOSFERATU

 
  N/A



- Marilyn Manson (chants, cuivres)
- Daisy Berkowitz (guitare, guitare acoustique)
- Madonna Wayne Gacy (orgue, orgue hammond, saxophone, thérémine, cuivre)
- Sara Lee Lucas (batterie, effets sonores)
- Gidget Gein (basse)
- Twiggy Ramirez (basse)


1. Introduction - Prelude (the Family Trip)
2. Cake And Sodomy
3. Lunchbox
4. Organ Grinder
5. Cyclops
6. Dope Hat
7. Get Your Gunn
8. Wrapped In Plastic
9. Dogma
10. Sweet Tooth
11. Snake Eyes And Sissies
12. My Monkey
13. Misery Machine



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod