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POST-PUNK / POP  |  STUDIO

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2020 Ultra Mono
2021 Crawler
2024 Tangk

IDLES - Tangk (2024)
Par JOVIAL le 20 Mars 2024          Consultée 592 fois

Ultra-Mono était un disque efficace mais sans surprise, Crawler un disque plus entreprenant mais moins efficace. IDLES fait toujours salle comble et la moindre de ses sorties est toujours attentivement scrutée, mais pour combien de temps encore ? Après un marathon de quatre albums en cinq ans, sans compter tournées et concerts à répétition, on sent poindre un certain essoufflement chez les Anglais. D'autant plus que les premiers extraits de Tangk n'annonçaient pour lors rien d'enthousiasmant. "Gift Horse" est en soi un bon single mais ne fait que recycler ce que l'on pouvait déjà entendre sur Ultra-Mono, quand "Grace" prend le pari d'un morceau noisy apaisé, peut-être trop, à en devenir presque plat.

Tangk – prononcez 'tank' – nous est présenté comme le projet le plus ambitieux et le plus frappant du groupe anglais. On commence à être habitué à cette rhétorique qui fait quasiment de chaque album d'IDLES le meilleur de la décennie, voire du siècle, surpassant à chaque fois le précédent chef-d'œuvre d'une courte tête. Il n'en est évidemment rien, mais il faut cependant bien avouer que ce cinquième effort a de quoi surprendre au départ. Là où Ultra-Mono partait encore en croisade contre les injustices du monde contemporain et Crawler s'attardait surtout sur les déboires cocaïnés de son chanteur, Tangk nous parle aujourd'hui d'amour. L'Amour, mettons-y un grand A. L'Amour et ses étapes, de la séduction sauvage à l'extase fusionnelle la plus pure. L'Amour qui console et fait oublier tous le reste. L'Amour qui parfois ne dure pas, parfois mutile et marque. L'Amour qui sauve Joe Talbot, lui inspirant ici des textes il est vrai d'une grande poésie. Sincère et touchant, le Gallois émerge des ténèbres où Crawler nous avait laissés, point final (?) à sa lente reconstruction, entre acceptation de soi et renaissance.

La rage est donc désormais contenue, parfois même enfouie, pour laisser place à des compositions venant davantage miser sur des ambiances plutôt qu'une bonne mélodie, accordant aussi plus d'espace au chant. De même, la guitare cède du terrain, les claviers et surtout la basse gagnant ici nettement en importance.

Cet ajustement porte en partie ses fruits, comme en témoigne "Roy", moment le plus intense de l'album, ballade rock assez sombre, marquée d'une belle explosion finale. "POP POP POP" offre également un contraste intéressant, avec son rythme hip-hop et son atmosphère étouffante et désabusée. Le plus souvent toutefois, Tangk en vient malheureusement à manquer de profondeur. Dans un registre tout à fait pop, "A Gospel", "Grace" et "Monolith" sont effectivement très belles, mais aussi monotones voire ennuyeuses. De même, "Idea 01" s'achève sans avoir réellement commencé. Les intentions sont bonnes, seulement IDLES ne convainc pas. En comparaison, une chanson comme "Slow Savage" sur Brutalism touchait autant sinon davantage, tout en restant aussi plus simple.

Lorsque nos Anglais se laissent aller à des morceaux plus vigoureux, histoire de se rappeler au bon souvenir des fans de la première heure, Tangk devient alors purement anecdotique. "Hall & Oates" est une récréation stoogienne agréable mais sans plus, tandis que "Gratitude" et "Gift Horse" ne tiendront pas la comparaison avec les albums précédents, énergiques mais rarement mordantes.

Mais le plus décevant dans cette histoire, c'est la production. Aux manettes depuis Crawler, le duo Mark Bowen et Kenny Beats accueillait pourtant ici un monstre sacré de la scène alternative, en la personne de Nigel Godrich, producteur attitré de RADIOHEAD. Seulement voilà, ça ne prend pas. À titre d'exemple, "Dancer", enregistré en compagnie de James Murphy et Nancy Wang au chant, voit son refrain gâché par ces voix noyées dans l'instrumentation. De manière générale, on a régulièrement la désagréable impression d'une musique trop lissée, là où on aurait au contraire préféré un peu plus de rugosité. C'est d'autant plus dommage chez un groupe qui joue peut-être ici un peu trop la retenue.

Reproche-t-on vraiment à IDLES de ne pas faire ce qu'on attend d'eux ? Ce serait un peu hypocrite, puisque c'est justement en cela qu'Ultra-Mono avait déçu. Néanmoins, ce cinquième album nous laisse avec l'image d'un groupe en perte de vitesse autant que d'identité. La bougie qui brille le plus fort est aussi celle qui dure le moins longtemps. Est-ce la fin ?

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- Jon Beavis (batterie)
- Mark Bowen (guitare/claviers)
- Adam Devonshire (basse)
- Lee Kiernan (guitare)
- Joe Talbot (chant)
- Guests :
- Colin Webster (saxophone)
- Aaron Paris (cordes)
- James Murphy (chant sur 'dancer')
- Nancy Whang (chant sur 'dancer')


1. Idea 01
2. Gift Horse
3. Pop Pop Pop
4. Roy
5. A Gospel
6. Dancer
7. Grace
8. Hall & Oates
9. Jungle
10. Gratitude
11. Monolith



             



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