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1986 Chapter IV - Le Je-Ne-Sais-Quo...
1987 Million Lights

COMPILATIONS

1988 The First Songs

TRISOMIE 21 - Chapter Iv - Le Je-ne-sais-quoi Et Le Presque Rien (1986)
Par K-ZEN le 12 Mars 2025          Consultée 234 fois

Le piège c’est justement de s’arrêter en si bon chemin après avoir équitablement (ou pas) divisé les passions, et ce alors qu’il reste encore une si belle matière inutilisée.

Tel ce disque tissant des champs d’électricité statique où se meuvent reflets et visions dont on ne peut décemment déterminer si elles sont réelles ou l’inaugural symptôme d’une imagination malade. Des sentiments sur lesquels il est impossible de poser des mots autres que ces borborygmes à la signification connue du seul autre être impliqué parlant l’identique langage abscons produisant ces syllabes crachées au début du merveilleux "There’s No Trouble There". S’il y a un trouble ici, uniquement quelques initiés sont capables de le constater.

"Your Dream" le dissipera en ultime instance, annonçant l’horizon où siégera le futur, tel un ouvrage parfaitement équilibré dès le départ, superbe architecte du chaos. Vers le "Paradis" d’un album qui n’est alors même pas une image pleinement définie, sinon un fragile embryon... Un aspect cheap, artisan de peu de moyens se dégage de ces chansons parfois bancales où s’abîme la voix plaintive de Philippe, toujours à la limite du faux, Tyrolienne ayant renvoyé son âme damnée à un jeune homme d’une petite bourgade située non loin de la frontière belge.

Un retour au primitif assumé, tel ce personnage mystérieux au premier plan se délectant d’un petit être innocent. Des larmes coulent-elles de ses yeux exorbités ? Assume-t-il que son appétit passe par la mort et le cannibalisme ? Un équilibriste à cheval entre l’hirsute dégoûtant et la beauté, lorsque le reptilien reprend la main sur l’humanité, la société ne peut que basculer dans l’archaïque. Ou la folie.

Francisco Goya ne l’était peut-être pas quand il entreprit sa série de Peintures Noires extrêmement glauques destinées à décorer sa maison avant son départ pour Bordeaux mais le silence d’une surdité due à une fièvre en 1792 devait être oppressant. L’œuvre convoquée ici, surnommée Saturne dévorant un de ses fils de manière posthume, ornait, dans une ironie suprême, sa salle à manger. Elle représente une scène mythologique où Saturne (Cronos chez les Grecs), effrayé par une prédiction indiquant qu’il serait détrôné par l’un de ses fils, les dévore systématiquement à leur naissance. Fragilité de la vie soumise à temps et mort, colère divine ou situation politique explosive de l’Espagne à cette époque, les interprétations ne manquent pas !

Quant à savoir comment déchiffrer ce choix de jaquette, il s’agit d’une autre paire de manches. Tout juste peut-on, à défaut d’une simple illustration de cauchemar gothique raccord à la musique développée, se risquer à y voir une réelle volonté d’incriminer un mouvement punk ou une industrie musicale avalant goulûment ses enfants, qu’ils soient talentueux ou délébiles. Avec l’intitulé choisi, on poursuit dans la métaphysique, même si l’explication peut s’avérer plus immédiate à élaborer.

Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien est un concept cher formulé par le philosophe français Vladimir Jankélévitch tentant d’isoler au plus fin l’instant qu’il s’agisse de mort, d'amour ou liberté. Le je-ne-sais-quoi illustre ainsi cette impression persistante toutefois jamais entièrement identifiable postérieure à la réalisation de l’acte en question, accomplissement en un temps infinitésimal (le presque-rien) durant lequel l’être s’est concentré jusqu’à quasiment disparaître.

C’est très exactement cette conjugaison de sensations, sur laquelle on parvient sinon avec difficulté à mettre des mots afin de l’expliciter, faisant de TRISOMIE 21 notre obsession secrète invraisemblable pendant de longs jours, imprimant une trace inaltérable dans l’esprit y compris via un disque proposant uniquement quarante petites minutes auquel on se rallie malgré tout sans cesse. On revient ainsi écouter ces fragments musicaux synthétiques semblant se répéter ad vitam æternam, ces percussions robotiques, ces basses hautement câblées, ces introductions à rallonge particulièrement soignées ou ces guitares souvent tranchantes alors que la sempiternelle question parait s’égrener à l’infini, triste interrogation dont le quidam désincarné ne connaît que trop bien la réponse, constat au dés-amiable entériné lors du franchissement du pas de sa porte blindée après avoir ramassé du courrier inutile.

Y-a-t-il quelqu’un à la maison ?

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- Philippe Lomprez (chant)
- Hervé Lomprez (claviers, guitares, voix)
- Laurent Dagnicourt (basse)
- +
- Jean-michel Matuszak (voix)


1. The Last Song
2. There’s No Trouble There
3. Memories
4. Pleasure
5. The Cave And The Light
6. Nightflight
7. Is Anybody Home ?, Pt 2
8. Is Anybody Home ?, Pt 3
9. Your Dream



             



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