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- Style : Mc5
- Membre : Iggy Pop

The STOOGES - My Girl Hates My Heroin (1973)
Par DANTES le 17 Octobre 2008          Consultée 4052 fois

Ah, fuckin’ Stooges !

Vraiment, fuckin’ Stooges ! Pardon pour les plus prudes (ou les plus titilleux) d’entre vous, mais ce mot (que n’aurait certainement pas renié Cambronne) est absolument représentatif de ce que l’écoute de ce CD provoque, à savoir admiration et incompréhension. Je m’explique.

Tout d’abord, replaçons cette galette dans l’espace temps. Les Stooges, récemment reformés sous un line up différent ont, en 1972, sorti, grâce à l’aide précieuse de David Bowie et de sa compagnie de Management Mainman, l’album Raw Power, concentré de pure violence jouissive que très peu de gens comprirent lors de sa mise en vente. Conséquence logique, l’album fit un bide complet et, très rapidement, les quatre Stooges furent lâchés par leur boite et s’en retrouvèrent seuls, perdus dans l’immensité des collines hollywoodiennes, en proie à tous les démons inhérents au rock and roll (sauf Ron Asheton qui eut la sagesse de rester straight).
Ne sachant quoi faire, les comparses décidèrent de faire la seule chose qu’ils savaient faire : jouer.
Cette dernière tournée, qui passa notamment par l’Angleterre et Los Angeles, permit à deux reprises au groupe de repasser par leur ville natale, Détroit.
Durant ce laps de temps, d’environ une année, un nombre incalculable de bandes furent enregistrées : lives, répétitions, jams... Longtemps restés dans l’ombre, ces enregistrements pirates finirent par sortir et envahir le marché au fur et à mesure que le groupe devenait mythique.

« My girl hates my heroin » est un de ces multiples bootlegs et fut, pour sa part, enregistré à Détroit en 1973. Aucun doute sur leur origine : ces bandes sont, c’est quasiment certain, des reliquats de répétitions effectuées on ne sait où et dont 11 morceaux ont été extraits.
Parmi ces morceaux, on compte 4 reprises tirées de Raw Power et 7 compositions inédites (bien que certaines puissent être retrouvées sur d’autres bootlegs) dont l’intérêt peut puissamment évoluer selon la qualité de leur écriture et de leur interprétation.
Mais avant d’aller plus loin dans la description de ces quelques pièces musicales, un mot, je vous prie, sur le « son » et, d’une manière générale, la « production » de cet album : celui-ci est vraiment cru, mais vraiment de chez vraiment... Vous qui pensiez que le premier album des Damned était inécoutable, mes amis, fuyez vite, My Girl... n’est pas fait pour vous ! Vous l’aurez compris, le son de cet album est donc totalement « garage » et capté Live. Enregistré par un certain B. Masanes et soi-disant produit par les Stooges (il est plus probable qu’ils n’aient même pas vu qu’il y avait un magnétophone sous leurs pieds, les cons…), on se retrouve, comme c’est le cas de la plupart des démos du monde avec un son de guitare strident, une batterie étouffée, un chant distant et une basse qui peine à se faire entendre… le piano, rajouté pour l’occasion (et joué par Scott Thurston, musicien de sessions) quant à lui, est également discret.
Objectivement, avec une telle production (carrément « true », les amateurs de raw black métal apprécieront certainement ce point de détail), cet opus serait plus destiné aux fans obsessionnels du groupe (dont votre serviteur fait bien évidement partie) qu’aux amateurs de rock de manière générale, surtout si ceux-ci sont habitués à des albums bien léchés et superbement produits comme on se plaît tant à les faire à notre époque.
Cette production constitue donc le point le plus handicapant de l’album, d’autant plus que musicalement, celui-ci n’a pas à rougir. Explications :

Stylistiquement, les Stooges n’ont pas beaucoup évolué par rapport à Raw Power, les quatre d’Ann Arbor continuent de nous offrir leur étrange mais jouissive mixture constituée d’éléments rock, blues, punk, jazz et psyché. Cela se voit très bien par le placement ici de morceaux extraits de Raw Power, collant bien avec l’ensemble et rendant le contenu de l’album très homogène ; néanmoins, cette homogénéité se voit troublée par la différence de niveau des compositions. Enregistrés lors d’une probable répétition, ces morceaux peuvent aller du jam pas du tout finalisé (« hey baby » pas inoubliable ou bien « cock in my pocket » sympa mais pas encore au point) à des morceaux simples mais absolument épiques (« Open up and bleed », presque stoner et doté d’une ambiance maléfique, voire « Head On » à la basse surprenante et à la progression pesante).
Les morceaux repris de Raw Power, eux, sont… différents : « Search and Destroy », tout comme « Raw Power » sont rendus bien plus saccadés par la présence du piano, « Death Trip » se voit doté d’une guitare totalement abrasive, presque trash, ce qui prouve que James Williamson pouvait parfois, dans ses moments de génie, faire autre chose que copier le style originel de Ron Asheton.
Mais la véritable surprise de l’album se trouve être « Gimme Danger » : déjà un titre excellent de Raw Power, il est ici magnifié, rendu de loin supérieur à l’original, plus long aussi, de 2 minutes et enrichi par l’adjonction du piano, d’arpèges, de riffs et de solos de guitare à forte puissance mélodique. Ron Asheton, de son côté, réussit à imposer sa 4 cordes tandis qu’Iggy n’a jamais aussi bien chanté. Ce point doit être souligné, Iggy n’a peut être jamais aussi bien chanté que sur ces bandes de mauvaise qualité, alternant entre l’agression et la folie, il est ici magistral !
Petite curiosité bienvenue, le titre « Jesus Loves the Stooges », placé en avant dernière position est une sorte de trip entre les deux Scott : le morceau, un instrumental de 4 minutes et demie propose une chouette musique de bar jazzy où le jeu de piano inventif de Thurston est soutenu par la batterie du petit frère Asheton. Pas forcement révolutionnaire mais assurément groovy, ce titre est une bonne bouffée d’air frais dans un album généralement bien plus sale.

Et voilà, fuckin’ Stooges !

J’y reviens, oui car vraiment, fuckin’ Stooges... en écoutant cet album sous-produit, proposant quelques bonnes et très bonnes compos et bien d’autres qui auraient pu devenir énormes si elles avaient été finalisées, on se dit que ces fuckin’ Stooges auraient bien pu donner un très digne successeur à Raw Power s'ils n’avaient pas tout foutu en l’air. On donnera donc un petit 3 sur 5 à cet album qui aurait pu, et aurait dû, être annonciateur de quelque chose de bien plus grand...

Fuckin’ Stooges...

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   DANTES

 
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- Iggy Pop. (chant)
- James Williamson. (guitares)
- Ron Asheton. (basse)
- Scott Asheton. (batterie)
- Scott Thurston. (piano)


1. My Girl Hates My Heroin
2. Cock In My Pocket
3. Head On
4. Death Trip
5. Hey Baby
6. Search Ans Destroy
7. Raw Power
8. Gimme Danger
9. Open Up And Bleed
10. Jesus Loves The Stooges
11. How It Hurts



             



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