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- Membre : Iggy Pop

The STOOGES - Gimme Danger (2018)
Par NOSFERATU le 9 Mars 2018          Consultée 442 fois

It’s 2018, ok …
"Je suis avec Jim Osterberg, chanteur des STOOGES, le meilleur groupe de rock n roll de l'histoire". Ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est Jim jarmush au début de ce rockumentaire qui en met plein la vue… Sur les STOOGES, tout a été écrit, dit, disserté, à droite et à gauche mais je me rappelle que la première fois que j’avais acheté Fun house, leur cataclysmique second lp, tout le monde me disait à l’époque ,( on était en 85 j’avais 17 balais et les dents cassés !), "C’est quoi ce bordel", même parmi mes relations dans la sphère punk/metal. En 2018, c’est devenu presque un consensus d’aimer la bande à Iggy, c’en est même banal. Dans toutes les soirées hipsters actuellement, tout le monde danse sur "I wanna be your dog" comme si c’était "L’aventurier"… Un comble pour un groupe précurseur au niveau de l’attitude comme du son, des différentes vagues punks qu’il a mortellement influencées. En 85, c’était encore un trésor underground, une sorte de grimoire ésotérique que l’on faisait écouter à quelques initiés. Pourtant on était seize ans après le premier vinyle, et huit ans après la tornade punk de 77. Iggy était connu, par contre, son visage émacié me fascinait mais son ancien groupe n’avait toujours pas l‘intérêt populaire (à part Yves adrien qui dès 71 défendît bec et ongles sa prodigieuse discographie) qu’il a désormais de nos jours.

Originaires de la région de Détroit, avec leurs frères du MC5, mais en allant plus loin dans la surenchère sonique, les crétins incarnèrent une véritable révolution contre-culturelle. Leur style unique synthétisait en effet le delta blues, le british boom à la WHO, les garage bands déviants à la SONICS, le heavy à la BLUE CHEER, les stridences décadentes du VELVET, les délires cosmiques à la SUN RA, le free jazz de COLTRANE, le rock solaire des DOORS… D’ailleurs l’Ig montre bien ses influences dans le film (et bien d’autres que vous verrez par vous même). Le résultat ? Une bombe atomique decibélique illustrée par trois chefs d’œuvre d’un rock bruitiste dans la musique dite pop de la fin des sixties qui dénote fortement avec le contexte plutôt porté sur les pénibles rengaines folky hippies du moment. Je ne vous parle même pas des paroles, directement influencées par la littérature beat sauvage d’un Burroughs, là aussi en décalage avec le discours sirupeux peace and love du moment (voir le passage du doc narrant la façon d’écrire minimaliste de l’iguane à l’antithèse quasi précieuse d’un BOB DYLAN).

Il y a donc un avant et un après STOOGES dans l’histoire mouvementée du rock ( le documentaire montrant bien les différents groupes traumatisés par leurs incendiaires sonorités, des PISTOLS aux RAMONES en passant par SONIC YOUTH ou les WHITE STRIPES). Jarmush, dont la filmographie classe oscille entre western psychédélique (le déroutant Dead man), polar melvillien ("Ghost dog") et film de vampires dandys ("Only Lovers Left Alive") avait ainsi toute la légitimité de se saisir du sujet. En effet, sa cinématographie est indissocialement lié à un amour certain de la musique au sens large : la bande son hip hop de “ghost dog”, les accords ensorcelants de guitare d’un NEIL YOUNG (“Dead man”), mais aussi l’intervention de rock stars décalés(TOM WAITS, JOE STRUMMER, SCREAMING JAY HAWKINS et…IGGY POP) dans ses différents films. De plus, le bonhomme a ferraillé au sein de groupuscules punks dans l’effervescente scène new yorkaise de 77. Tout donc prédestinait à ce fan absolu de raconter la geste des STOOGES.

Je connaissais la plupart des images mais ici, il y a un véritable travail d’archiviste qui a été entrepris. Les premières images des sets du combo sont impressionnantes avec la façon de danser d’Iggy entre un babouin (comme il le dit lui même) et le danseur Nijinski, les concerts chaotiques (surtout la période de 73, racontée au début, "tu as failli me tuer avec ta bouteille") comme peut illustrer le mythique gig de Cincinatti où le journaliste commentant ("Iggy a plongé dans la foule") le premier slam de l’histoire, les fameuses mutilations… Du sang, du foutre, de l’orgie sonore, de la haine mais aussi pas mal d’amour…
L’enfance de James Osterberg (le vrai nom de l’Iguane) a été plutôt heureuse d’après ses propres dires. Il narre sa vie au sein de la fameuse caravane de ses parents, ses anciennes émissions télé qui l’ont marqué, les déboires avec des caids locaux, le tout avec un talent de conteur qui fait sensation, de façon souvent drôle.

Il est bien sur question de la genèse du groupe mais aussi de ses anciennes expériences musicales (en tant que batteur au sein de garage bands comme les IGUANAS, tiens donc…). On apprend ainsi que les crétins firent la première partie des MOTHERS OF INVENTION, ce qui peut se comprendre mais ils jouèrent bizarrement avant des artistes mainstream comme JOE COCKER, la façon d’Iggy de raconter ce dernier exploit est d’ailleurs hilarante. Çà parle beaucoup de défonce évidemment, surtout durant l’époque post Raw power où les membres du combo le plus violent de l’histoire ont un peu trop joué avec le feu avec les moments de galère qui vont souvent de pair ... Sinon, d’autres interviennent durant le long métrage comme les anciens STOOGES avec leurs tronches de dingues (les frères Asheton, McCay tous morts avant la réalisation), l’ancien bassiste des MINUTEMEN, Mike Watt (qui parle de la reformation à partir de 2003 à laquelle il a collaboré). Les carrières respectives des vieux membres sont relatées (avec un Iggy dans une émission des années 70 affirmant péremptoirement devant un BOWIE hilare "qu’il a éliminé les sixties", avec Asheton et son « arty » DESTROY TO MONSTERS…).

D’autres personnages (Nico, la sorcière du VELVET, BOWIE, les activistes du MC5…) sont aussi évoqués car ils ont participé, de près ou de loin, à l’odyssée destroy du gang.Au niveau cinématographique, Jarmush a eu la
judicieuse idée d’incorporer du dessin animé pour illustrer les propos des acteurs de cette urbaine odyssée.
Les STOOGES en cartoon, vous le rêviez, Jarmush l’a fait… Au stade purement musical, outre les hymnes mythiques, on entendra des titres peu connus comme l’expérimental "Asthma attack", avec la ventoline sous le bras pour les astmatiques comme moi ou Jim Osterberg (le vrain nonm de mr pop), je vous le conseille, vu l’intensité étouffante du morceau en question , quasi indus avant la lettre… A la vision de ce doc sensationnel, on est donc revigoré et on a envie de hurler dans la rue en sautant, "i feel allright… I feel allright". Un trip visuel intense, cathartique mais aussi émouvant.

A real cool time, en gros…

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