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- Style : Mc5
- Membre : Iggy Pop

The STOOGES - Metallic K.o. (1976)
Par NOSFERATU le 15 Juin 2016          Consultée 1552 fois

Plus qu’un disque, un document historique, un concentré de nihilisme de première facture, une illustration de ce que pouvait être un concert de rock à une certaine époque, c’est-à-dire un événement où tout pouvait arriver, un peu comme si on allait à la guerre.
Depuis les riffs de « 1969 », la France a toujours été à l’avant-garde pour défendre l’importance de la bande à Iggy. En témoignent les papiers incendiaires des Yves Adrien (« je chante le rock électrique ») et autres Patrick Eudeline dans le « Best » de l’early seventies.
Parmi les fans de la première heure, il y a aussi un certain Marc Zermati. Cet activiste du rock déviant ouvre une boutique underground contre-culturelle, l’Open Market, qui devient un véritable centre de résistance au totalitarisme hippie qui sévit à l’époque, vendant des vinyls d’import « garage » prohibés par la doxa progressive alors en vogue. Dans le même état d’esprit, il distribue de la presse subversive puis fonde un label dévoué à la cause proto punk, le célèbre Skydog Record, sortant des disques de HENDRIX, de JIM MORISSON, des FLAMIN GROOVIES. Dans le même état d'esprit, il fera venir les DOLLS à l’Olympia.
Rien d’étonnant d’avoir dans le catalogue le « metallic ko » d’IGGY AND THE STOOGES. A L’origine, un pirate sorti sur ce label punk.
Ce dernier arrive en 76, année où les protagonistes du bourgeon punk apparaissent (premiers disques abrasifs des RAMONES et de HELL en Amérique, PISTOLS semant le chaos en Angleterre…), payant tous leur dû aux STOOGES.
La pochette ? Le titre « metallic ko » laisse présager un tsunami métal, on y voit iggy allongé (mort ? dans les pommes ?) illustrant parfaitement ce dernier.
Le contenu ? Le dernier concert des STOOGES en janvier 74 dans un endroit mal famé, le Michigan Palace, à Détroit, la ville d’où les crétins depuis 68 exportèrent au monde effaré leur insurpassable binaire destroy (plus un gig de 73 pour la version du live de 88). Ce doc montre le rapport amour/haine qu’affectionnait tant le gang à Iggy avec son public.
Le public ? Les cramés locaux (on appellera çà des punks avant l’heure) qui suivent les exactions de l’iguane et de ses sbires depuis ses origines, des ados en perte de repère qui ne croient pas à la révolution prônée par le MC5 (autres grands héros locaux), des glammers barrés, des junks en manque de sensations auditives extrêmes, des anciens combattants traumatisés par le Vietnam qui ne jurent que par le « search and destroy » de qui vous savez, des petites filles de 16 ans qui veulent ressentir l’ »o mind », mais aussi des « bikers » en mal de scénarios à la Altamont !
Le témoignage ahurissant de deux gigs à Détroit datant du 6 octobre 1973 (quelques mois après la sortie de l’inflammable « Raw power ») et l’autre du 9 février 74, juste avant historiquement les premiers sets des RAMONES, qui vont reprendre le flambeau de la punkitude. Les ultimes assauts live des STOOGES avant que ces derniers ne se reforment dans les années 2000, ère de toutes les reformations.
Dire que les concerts des STOOGES sont violemment désordonnés relève de l’euphémisme le plus complet. Dès le départ, la bande réussit à réconcilier les théories du théâtre de la cruauté d’Artaud et la violence tout azimuth (audestruction à la bouteille, croix gammées de Ron Asheston, jet de pamplemousse en pleine poire d’Iggy …) annonçant les futurs shows ultradestroys de tous les PISTOLS, CRAMPS, GGALLIN et autres THROBBING GRISTLE de la création.Durant l’hiver 73-74, l’iguanodon est défoncé de a à z, utilisant souvent un mélange détonnant de calmants, de vodka, des substances psychédéliques et évidemment des dopes dures. Il arrive sur scène, souvent en string, peroxydé, tient généralement quelques minutes puis s’écroule lamentablement.
Juste avant l’enregistrement, les STOOGES se produisent dans un petit club de Warrren dans le Michigan. Des bikers présents dans ce trou à rats attendent des titres rock' n' roll à l’ancienne, n’appréciant guère l’énergie « garage punk » dantesque (et avant gardiste) développée par les « crétins ». Iggy s’arrête en plein milieu d’un titre et s’adresse à eux : « ce que vous autres connards voulez entendre c’est « Louie louie » alors vous allez l’entendre ». Aussitôt dit, aussitôt fait ! La version de « Louie louie », le fameux hit des KINGSMEN repris d’ailleurs à un vieux routier du rythm and blues ricain Richard Berry, est littéralement anéantie. Elle dure une plombe avec des paroles improvisées du genre « vous pouvez me sucer la queue / Bande de bikers pédés ». L’ig ne se démonte pas et s’en prend mème à un type particulièrement insultant : « Ecoute connard tu m’emmerdes encore une fois et je descends te botter le cul ! ». L’autre lui répond : « Va te faire enculer, petit pédale ». Ambiance. L’ig, du haut de ses un mètre cinquante et maigre comme Squelettor, avec des ballerines aux pieds, saute dans la foule mais le motard en question, mesurant 6 pieds 5 pouces, le détruit sur place avec son gant clouté. Juste après ce combat à la David contre Goliath, l’ig se réfugie chez les parents d’une jeune fille encore vierge paraît-il et qui désirait le rester. Dure soirée !
C’est donc la guerre entre les motards et la bande à Iggy.
A une émission de radio de Détroit sur WABX, Iggy défie les « Scorpions », l’un des gangs motorisés les plus brutaux du coin, dont la montagne citée plus haut faisait partie, de venir le voir, lui et son groupe déjanté. Message reçu. Les Scorpions se ramènent en force le soir du 9 février 1974. L’idée est de tout simplement tuer l’iguane et ses accolytes ou du moins défoncer les « petites tapettes glam » que sont les STOOGES. Durant tout le concert, les STOOGES reçoivent plein de projectiles, des bouteilles de bière, du vin, des légumes, des jarres, des pelles, mais aussi des sous-vêtements affriolants, sans parler des molards gros comme des boulets de canon. Jim Osterberg (le vrai nom de l’ig) insulte la foule. La scène devient un gigantesque dépotoir sur lequel évolue Iggy évitant (ou pas !) les cadeaux des Scorpions. La violence prend ici un point de non retour. Lester Bangs, le fameux rock critique, affirmera même qu’on y entend des « canettes de bière se briser sur les cordes des instruments » Cling, cling. De l’art conceptuel, une sorte de « happening industriel », en quelque sorte ! Finalement, il y a plus de peur que de réels bobos …
C’est James Williamson, le serial killer préposé à la six cordes, qui enregistra le gig sur un simple magnétophone 4 pistes. Le son est donc d’une qualité déplorable faisant passer les sonorités faiblardes du mix originel de « Raw power » pour du « classement or ».
Le répertoire est joué mollement. On y entend bien sûr les hymnes de l’album « Raw power » comme « search and destroy », le hit éponyme, « gimme danger » qui prennent ici parfois (peu de fulgurances en fait) des proportions cataclysmiques en « live », c’est le cas de le dire. Il y aussi des titres anciens comme « I wanna be your dog », d’autres (en gros tous les morceaux enregistrés entre « raw power » et « kill city ») que l’on retrouvera dans des enregistrements ultérieurs, et la reprise délirante de « Louie louie ».
C’est donc la dernière représentation des STOOGES sur scène. On clôt cette épopée de manière plutôt apocalyptique. Juste après ce gig insensé, les STOOGES se reposent à Ann Arbor d’où toute cette histoire est partie six ans avant. Là, Iggy décide de tout arrêter. Selon ses dires, les concerts « étaient devenus minables, violents, dégoûtants ». Pour la version officieuse, il y aurait surtout l’ombre tutélaire de BOWIE, qui a d’autres projets solos pour son poulain, derrière cette décision.
En 1988, sort le double album Metallic 2X K.O où on entend l’intégralité des deux shows. C’est celui-ci que j’ai acheté à l’époque. Honnêtement, j’ai dû l’écouter deux fois.
Par contre, on peut affirmer que ce live est un truc « obscènement vivant » pour reprendre l’expression de Lester Bangs.

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- Ron Asheton (basse)
- Scott Asheton (batterie)
- James Williamson (guitare)
- Scott Thurston (piano)
- Iggy Pop (vocaux)


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