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Chris DE BURGH - The Road To Freedom (2004)
Par MR. AMEFORGEE le 29 Octobre 2004          Consultée 3563 fois

Un œil. Un œil bleu empli de nuages, à l’image de la Terre vue du ciel, qui nous regarde, touché de reflets en forme de guitare, encerclé de cils finement esquissés... Telle est la pochette de The Road to Freedom, à la fois intrigante et un peu banal. Libre à chacun de la contempler ou de détourner le regard et de passer son chemin.

L’album s’ouvre sur When Winter Comes, un instrumental, qui prépare le morceau suivant, The Road To Freedom : un thème au piano, lyrique, un peu mélancolique, qui se joue, encore et encore, et auquel vient peu à peu s’ajouter un premier violon, puis un second et un troisième, puis l’orchestre tout entier, en une montée en puissance symphonique prenante, puis enfin un chœur, qui conclut cette mise en condition magistralement minutée, avant quelques accords plaintifs d’un instrument traditionnel… Et on enchaîne avec le morceau titre donc, sur le silence qui retombe presque, ne restant plus que la rumeur du clavier comme ligne de tension, sur lequel la voix de Chris de Burgh vient se poser, sobrement, calmement, tristement. Un vieil homme pleure la perte d’un fils, parti à la guerre et dont il n’a plus de nouvelles. Tel est le propos de ce premier morceau, empreint d’émotions merveilleusement soutenues par l’orchestre. La voix n’est tout d’abord qu’un murmure, le chant, triste, beau, lyrique, puis à la moitié du parcours, on relit la partition avec l’arrivée des percussions presque martiales, les guitares acoustiques qui s’effarouchent et la voix qui déploie sa colère brisée, avant de sombrer à nouveau dans le calme résigné de la tristesse, et puis c’est le silence... Magnifique. Le morceau suivant, Snow Is Falling, offre une réponse à ce Road To Freedom, et se focalise sur ces gens anonymes, tués sur quelque front, perdu quelque part au fin fond d’une forêt inconnue. Là encore, la mélancolie prédomine avec les éléments symphoniques qui en renforcent l’image. Ainsi se clôt une magistrale trilogie, inspirée, de pure beauté.

Et alors, que se passe-t-il ensuite ? Chris de Burgh estime-t-il avoir accompli son devoir de compositeur ? Qu’il ne lui reste plus qu’à rajouter des titres de remplissage pour avoir un album ? Car c’est bien l’impression que j’ai lorsque j’écoute la suite de ce cd si excellemment commencé. Comptant sur sa voix qu’il sait sans doute charmante, il se contente ensuite d’enchaîner de petites ballades assez banales et surtout mièvres au possible. Il avait su éviter jusque là ce travers mais dès le titre suivant, The Words « I Love You », on tombe dans le sirupeux des bluettes fils à papa. C’est souvent le problème lorsque l’on prononce le mot « love ». Ceux qui connaissent le Pure Instinct de Scorpions sauront de quoi je parle (c’est pire ici). On aura le droit à des mélodies légères, quelques orchestrations de-ci de-là, pas mal d’acoustique, avec des sonorités aux teintes légèrement country (notamment sur The Journey). A la mélancolie lyrique du début, on glisse dans un romantisme, qui se veut optimiste, mais qui est surtout insupportable (Songbird, Five Past Dream, Rose of England). Le dernier morceau, Read My Name, plus pêchu (rythme plus rapide, guitare électrique), rattraperait presque cette déception s’il n’était pas touché au niveau des paroles par le même mal que les morceaux précédents.

Alors, je ne dis pas, les compositions ne sont pas forcément mauvaises. En fond sonore, lors d’un petit rendez-vous amoureux, ce sera toujours mieux qu’un Marilyn Manson, c’est sûr (enfin, ça dépend de la personne que vous invitez…). Mais bon, il ne faut pas exagérer. Je n’ai rien contre le romantisme ni contre les chansons optimistes, un peu de temps en temps, cela adoucit les meurtres comme on dit, mais optimisme, pour moi, ne veut pas dire niaiseries, n’en déplaise aux adeptes de la célèbre philosophe Lorie et sa fameuse théorie de la “positive attitude”.

En résumé donc, j’ai été déçu par la tournure prise par cet album. Grosso modo, tous les morceaux sont des ballades (même si au sens strict, ce n’est pas tout à fait vrai), mais une différence de tonalité, de propos, et accessoirement d’ambition, fait basculer ce Road To Freedom du sublime au pathétique. Comme quoi, la Route vers la Liberté, comme l’enfer, est pavée de bonnes intentions. Dommage, ça aurait pu être un excellent disque.

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   MR. AMEFORGEE

 
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1. When Winter Comes
2. The Road To Freedom
3. Snow Is Falling
4. The Words
5. Five Past Dreams
6. Here For You
7. What You Mean To Me
8. Rose Of England
9. The Journey
10. Read My Name



             



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