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Janelle MONáE - The Archandroid (suites Ii And Iii) (2010)
Par SEIJITSU le 2 Janvier 2011          Consultée 1106 fois

Puisque la musique noire reste un des grands absents de Forces Parallèles, je vais essayer d’apporter ma modeste contribution pour combler ce trou béant. Janelle MONáE arrive justement cette année à point nommé pour régler ce problème, et en même temps légitimer l’existence d’un genre assez décrié (très souvent à juste titre) : le R&B moderne. J’ai prononcé les mots qui font grincer des dents de la majorité de nos lecteurs, surtout que ce disque risque de se retrouver (à tort) dans le même bac que BEYONCE et consorts.
Grossière erreur que de sous-estimer cette artiste qui ne partage que très peu de traits avec la vague R&B actuelle et dont le contact répugne beaucoup de mélomanes.

R&B certes mais pas seulement et finalement plus transgenres qu'attachée à une seule esthétique. La petite Janelle est une touche à tout et n’hésite pas à se perdre dans un maelström de couleurs. Soul, pop, electro, folk, classique, rock et même punk (oui, oui écoutez donc « Come Alive (War of the Roses) » où notre chanteuse se déchire les cordes vocales), sont passés à la moulinette. Le pari de proposer une exploration de multiples styles de musique est risqué, puisque la tentation de sombrer dans le pompeux et d’en faire trop est grande. Et ho grands dieux, c’est tout le contraire qui arrive ! Et ce, malgré un concept qui augurait du pire avec son histoire futuriste (inspiré du Metropolis de Fritz Lang) complètement délirante qui frise plus d’une fois le ridicule (concept que j’ai justement ignoré). Mais les presque 70 minutes de ce ArchAndroid se révèlent profondément agréables. Tout simplement grâce à la fluidité qui règne dans l’enchaînement des morceaux.

La première partie de l’album est d’ailleurs un modèle dans le genre, les titres groovy et puissants se suivent mais ne se ressemblent pas. Les mélodies savent être imparables comme le terrible « Cold War » ou bien « Locked Inside », évoquant le meilleur de Michael JACKSON. On va de surprise en surprise quand notre chanteuse se lance dans des parenthèses plus expérimentales avec un « Mushrooms & Roses », psychédélique à souhait, avec ses soli de guitare furieux. Ou tout simplement des morceaux pop évidents et terriblement accrocheurs comme « Wondaland ». Mais le summum de l’album est sûrement sa fin avec les deux dernières chansons que sont « Say You’ll Go » et « BabopbyeYa ». La première est une piste soul sensuelle et habitée. La deuxième, un morceau héroïque à l’ambiance cabaret où Janelle y affiche toute sa grâce. Car The ArchAndroid n’est pas seulement une rencontre de genres maîtrisés, c’est aussi une voix. Pleine d’assurance, et surtout polyvalente. Il faut l’entendre rapper sur « Dance or Die », devenir enjôleuse sur « Neon Valley Street » et même être très agressive (« Come Alive (War of the Roses) ») pour le croire. Un énorme capharnaüm casse gueule sur le papier, qui devient un arc-en-ciel musical en vrai et rien que pour ça l’effort se doit d'être salué.

Mais si je reste réservé sur ma note c’est tout simplement parce que la durée de l’album ne se justifie pas vraiment, car toutes les compositions ne se valent pas. On trouvera à redire sur les interludes symphoniques qui n’apportent pas grand-chose si ce n’est peut être plus de poids au concept. On pointera aussi quelques titres faibles qui sans être désagréables, restent un boulet pour l’album et l’alourdissent inutilement (« Sir Greendown », « 57821 » mais surtout « Make the Bus », la moins réussie du lot).

Cet album reste malgré tout une réussite mais surtout un disque plein de promesse. Janelle MONáE nous offre une synthèse très convaincante de ce que peut être la musique pop moderne (au sens large du terme), sans pour autant s’enfoncer dans un exercice de style lourdingue et vain. Sans compter que cette dernière sait bien s’entourer, puisqu’on retrouve le gourou du hip hop BIG BOI (moitié du groupe OUTKAST) sur « Tightrope » et à la production.

Je ne peux qu’encourager les plus curieux à s’intéresser à cet album éclectique, aventureux et léché. Ils ne le regretteront sans doute pas.

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1. Suite Ii Overture
2. Dance Or Die
3. Faster
4. Locked Inside
5. Sir Greendown
6. Cold War
7. Tightrope
8. Neon Gumbo
9. Oh, Maker
10. Come Alive (war Of The Roses)
11. Mushrooms & Roses
12. Suite Iii Overture
13. Neon Valley Street
14. Make The Bus
15. Wondaland
16. 57821
17. Say You’ll Go
18. Babopbyeya



             



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