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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  B.O FILM

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- Style : Justice

DAFT PUNK - Tron : L'héritage (2010)
Par SASKATCHEWAN le 21 Mars 2011          Consultée 2727 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Ah ! Daf’ pounk ! Le groupe-étendard qui a remisé le « mix raté du samedi soir » au rayon des maladies disparues, au côté du scorbut et la variole. On leur doit une fière chandelle. Avant, on n’osait pas tenter un PLASTIKMAN ou un APHEX TWIN sans avoir verrouillé les portes de la salle au préalable. Maintenant, n’importe qui peut se permettre de glisser de l’ambient à un enterrement de vie de garçon, il suffit de balancer « Harder Better Faster Stronger » à la fin, et tout le monde sera content. Mais un jour DAFT PUNK en a eu marre de sa réputation d’amuseurs… oui ! marre ! marre ! marre ! Alors ils ont tenté l’album kraftwerkien, le film concept pour se gratter la barbe de trois jours d’un air songeur et le silence mystérieux de l’artiste désapprobateur. Rien à faire, tous s’obstinaient à chantonner « Arounde ze weurlde » sur leur passage. Dans ce contexte, le Alive 2007 traîne un léger parfum de résignation et d’argent facile.

Il leur restait quand même un dernier atout dans la manche : la musique de film. Rien de tel qu’une bonne musique de film pour asseoir sa crédibilité d’artiste électro. Et comme chez DAFT PUNK on a vraiment besoin de crédibilité, on met le paquet et on annonce une musique de film qui mêlera électronique et orchestrations classiques ! OOOooooh ! Merveille des merveilles ! L’idée géniale que personne n’a jamais eue avant (couché ORBITAL !). Bon, après tout pourquoi pas, il a fallu de nombreux essais infructueux avant de réaliser les fajitas à la sauce tomate parfaites ; DAFT PUNK aurait pu être le duo qui pensa à saupoudrer la fajita de gruyère pour que la sauce n’imbibe pas la galette.

Le problème, eh bien, le problème, c’est le film. Tron l’Héritage, sans blague, la belle histoire. Souvenez-vous de Tron, premier du nom, l’un des premiers films à essayer d’ériger ses prouesses techniques en cache-misère. Eh bien Tron l’Héritage, c’est la même chose, mais avec les effets spéciaux d’aujourd’hui… et un marketing un peu plus poussé (le premier s’était révélé être un cuisant échec commercial).

Difficile de faire une bonne B.O. sur un mauvais film. Messieurs BANGALTER et HOMEM-CHRISTO ont enfilé leur gros sabots de compositeurs hollywoodiens, et donnent le ton dès l’ouverture : le mot « finesse » vient d’être pulvérisé par une charge de clichés ronflants digne des passages les plus racoleurs de John WILLIAMS. TADAAAAAAAAAAM ! Tsoiiiiiiiin, tsoiiiiiiiiiiiin, taaaaaadaaaaam… DOUM DOUM DOUM ! Cordes omniprésentes, cuivres pompeux, tout y est, ZIMMER, SHORE & Cie peuvent être fiers de leurs émules versaillais.

Heureusement, DAFT PUNK sait faire de l’électro efficace qui décolle les crêpes du plafond. Je donne mille fois raison à ceux qui préfèrent les sonorités électro-house de « Derezzed » ou « End of Line » aux orchestrations téléphonées de « Recognizer » (ouh ! une menace !). Le duo a la bonne idée d’introduire quelques percussions martiales à partir d’« Arena », ce qui donne un peu plus d’énergie à des compositions autrement peu originales. Dommage que l’électronique et le classique fassent si souvent chambre à part… quand les deux se mêlent, comme sur « Nocturne », la B.O. prend tout de suite un tour moins prévisible.

Entendons-nous bien. La B.O. proposée par DAFT PUNK remplit parfaitement les contraintes imposées par Disney ; elle suit même assez fidèlement les codes de deux genres. L’un est complètement maîtrisé par le groupe, c’est l’électro house. Dans l’autre, les deux Français se contentent de singer les cadors d’Hollywood. C’est efficace, ça colle parfaitement aux scènes d’actions du film… mais c’est désespérément vide et convenu. Ce qui aurait pu être une expérience intéressante n’est finalement qu’un produit de marketing sans la moindre identité. Ah, et pour ceux qui se poseraient la question, l’édition spéciale est complètement inutile : des grigris et douze minutes de musique fade en plus, on a fait mieux.

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   SASKATCHEWAN

 
   RED ONE

 
   (2 chroniques)



- Thomas Bangalter (compositeur, producteur)
- Guy-manuel De Homem-christo (compositeur, producteur)
- Joseph Trapanese (arrangements)
- Toby Chu (arrangements)
- Gavin Greenaway (chef d'orchestre)
- Orchestre De Londres


1. Overture
2. The Grid
3. The Son Of Flynn
4. Recognizer
5. Armory
6. Arena
7. Rinzler
8. The Game Has Changed
9. Outlands
10. Adagio For Tron
11. Nocturne
12. End Of Line
13. Derezzed
14. Fall
15. Solar Sailer
16. Rectifier
17. Disc Wars
18. C.l.u.
19. Arrival
20. Flynn Lives
21. Tron Legacy (end Titles)
22. Finale

- Edition Spéciale
1. Endcom Part I
2. Endcom Part Ii
3. Round One
4. Castor
5. Reflections



             



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