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Gabriel YACOUB - Babel (1997)
Par MARCO STIVELL le 8 Octobre 2011          Consultée 1389 fois

Lorsqu'il parle de Babel, Gabriel YACOUB dit à peu près : "C'est l'époque où je voulais jouer dans des grandes salles". Comme d'habitude avec ces albums de qualité, la France a boudé, ce n'est certainement pas dans nos Bercy et stades que Gabriel aura pu satisfaire son désir. En revanche, il sera toujours salué à l'étranger...

Quoiqu'il en soit, on retrouve dans Babel un peu de cette volonté de se faire connaître, car ce disque sonne plus pop-rock que les autres. En fait, Gabriel a gardé l'essence de Quatre surtout dans la musique, car certains enchaînements d'accords développent la même caractéristique. Quant aux textes, ils sont typiquement dans l'esprit yacoubien, à la fois stylés, charmeurs et tout simplement vrais. La particularité pour ce Babel, c'est que pour la première fois (ou presque), YACOUB en solo agit comme un groupe. En effet le gentil Gabriel a laissé à ses musiciens un peu de place dans la composition, ce qui fait que chacun d'eux signe au moins une musique, nous permettant de mieux découvrir les goûts de chacun avec ça d'intelligent que l'album sonne très uni. Patrice Clémentin a participé à "Les Poètes" et écrit seul la musique de "Mes Mains", Jean-Pierre Arnoux offre celle de "Je Suis le Vent", Nicolas-Yvan Mingot celle de "Jours de Loire", et Yannick Hardouin celle de "Je Vais Lentement".

Ce qui fait que le tout reste uni, c'est parce qu'aussi différentes soient ces musiques, chacun parmi ces participants est resté au service de l'esprit folk de Gabriel. Cependant ici, ce dernier s'est lui-même mis à une écriture plus pop-rock qu'à l'accoutumée, sans doute conforté par la réussite musicale de Quatre. Ce qui nous donne des chansons qui, bien qu'encore loin de se mettre au niveau de ce que l'on entend à la radio, à base de deux trois accords majeurs et mineurs, apparaissent comme faciles à écouter et se retiennent aisément, en plus d'être excellentes. Autant de choses que l'on ne pouvait pas dire d'un album comme Elementary Level of Faith, opposé à Babel car bien plus dur à comprendre. Certes il y a encore des traces d'un folk (parfois teinté de rock) aventureux, notamment sur "Je Suis le Vent" étalé sur six minutes et qui prend le temps de développer une certaine ambiance, ou encore l'instrumental final "Sombre Valse / Babel Waltz" qui reprend le thème de la chanson-titre de manière un peu moins optimiste. Mais par contre on peut dire de "Pluie d'elle" qu'elle a tout d'un tube séduisant, avec son bel arpège de guitare et son refrain qui s'ancre immédiatement en tête : "Elle m'avait dix sept fois je t'aime en posant la main sur son coeur, elle m'avait dit sept fois je t'aime..." Toute la classe yacoubienne est présente dans ce titre aussi bien que sur les titres de Bel ou de Quatre. Et comme ces chansons-là, "Pluie d'elle" n'a pas de prix.

C'est le même constat pour bien d'autres de Babel. En réalité avec celui-ci, Gabriel propose ni plus ni moins que son deuxième meilleur album original à mes yeux. "Désir", saupoudré de choeurs féminins, fait dans un registre calme encore mieux que "Le Sel et le Sucre" du précédent album, par le biais d'une petite gâterie acoustique. "Jours de Loire" émeut (Gilles Chabenat vient y mettre un peu de sa vielle), "L'Eau, le Feu et toi" en duo avec Stephan Eicher se révèle vibrant, mais c'est surtout "Rêves à-Demi" qui a de quoi remporter tous les suffrages, si entre fans on avait la possibilité de voter pour la meilleure chanson de Babel (je ne dis pas de Gabriel car beaucoup sont dans le même cas). Après l'avoir en plus entendue en live, mon sentiment d'attachement envers cette chanson s'est renforcé, c'est vraiment le romantisme de Gabriel à nouveau dans toute sa splendeur. "Alors celle que j'aime tourne le dos que j'aime, elle regarde le mur de son côté du lit en me laissant avec nos rêves à-demi". Aaah c'est trop beau !

En fait, tout Babel est pour ainsi dire à l'avenant. A la fois léger et lourd (dans le son), entre finesse et musique fouillée, chaque chanson fait office de pépite dans la carrière du Gab' et confirme - si besoin était - le talent de leur auteur, bien qu'il faille cette fois-ci ne point omettre de saluer l'effort des musiciens, autrement que dans l'arrangement lui-même.

Note réelle : 4,5/5 pour l'inspiration.

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   MARCO STIVELL

 
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- Gabriel Yacoub (chant, guitare acoustique, mandoline, mandoloncell)
- Yannick Hardouin (basses, percussions, flûte irlandaise, choeurs)
- Jean-pierre Arnoux (batterie, percussions)
- Patrice Clémentin (claviers, piano, programmations, orgue hammond, de)
- Nicolas-yvan Mingot (guitares, e-bow, mandoline, dobro, programmations)
- + Gilles Chabenat (vielle à roue)
- Kate Mcgarrigle (choeurs)
- Anna Mcgarrigle (choeurs)
- Stephan Eicher (chant)


1. Babel
2. Pluie D'elle
3. (accrocher) Les Poètes (au Sommet Des Montagnes)
4. Désir
5. Je Suis Le Vent
6. L'eau, Le Feu Et Toi
7. Je Vais Lentement
8. Mes Mains (manifeste)
9. Jours De Loire
10. Rêves à-demi
11. Sombre Valse / Babel Waltz



             



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