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QUICKSILVER MESSENGER SERVICE - Quicksilver Messenger Service (1968)
Par TOMTOM le 14 Janvier 2012          Consultée 1682 fois

San Francisco, 1967. De ce point dans l’espace temps, à ce moment précis, centre des tribulations orbitales de la planète Terre, on retiendra 40 ans plus tard les soli de Jerry GARCIA, moins ceux de John CIPOLLINA. On retiendra que pour Janis JOPLIN tout avait commencé à Monterrey, pas que la même nuit Duncan et le pyromane d’un soir Jimi HENDRIX gobent un acide chacun avant de jammer toute la nuit. On retiendra les exercices faciles des deux premiers Airplane, moins les instrumentaux contorsionnistes et remplis de bravoure de l’Hermès des groupes californiens. Enfin on se souviendra surement des autres (Steve Miller, Santana, Blue Cheer, Country Joe…), mais toujours moins du plus beau groupe de la baie de cet été là, froid comme tous les autres et embrumé bien évidemment. En somme, Quicksilver restera le Spirit de Frisco.

Car le Quicksilver Messenger Service, ça c’était un putain de groupe. Comme ses consœurs, la formation était dans le circuit du Fillmore bien avant l’été (le groupe voit le jour en 1965), mais sur scène toujours plus violente, plus bluesy et plus virtuose que tous les autres, elle balançait tous les soirs un set rodé et complètement barré qu’on aura l’occasion de recroiser. Son premier chanteur Dino VALENTI en taule pour possession de stupéfiants (le gaillard est tout de même crédité sur « Dino’s Song ») et un guitariste (Jim MURRAY) en moins, c’est la formule à quatre qui va devoir s’attaquer au dur exercice du premier album. Quatre fabuleux musiciens menés par un bretteur venu d’ailleurs et comme n’en connaîtront plus jamais le LSD et les vestes à franges.

Mais malgré toutes leurs qualités, John CIPOLLINA et sa bande de tueurs nés ne sauront éviter le panneau dans lequel sont tombés tous les groupes hippies avant eux, sauf les Doors : pondre un bon album studio, carré là où les gigs avaient l’habitude de partir dans tous les sens. Bien sûr, il restera ces magnifiques parties de guitare aériennes, hispanisantes, s’entremêlant avec celles des moins mythiques Gary DUNCAN et David FREIBERG (bassiste de son état) lors du jazzy « Gold And Silver » ou des douze minutes de tricotage psyché et incantatoire (plus ou moins maîtrisé) que compte « The Fool ». Telle sa photo sur le dos de la jaquette, CIPOLLINA est un intouchable mythe, statue d’un commandeur sioux figé dans une grandeur hiératique, Gibson SG dans les mains et cigarette à portée de manche. Son jeu est d’une finesse incroyable, en témoigne encore le solo de « Gold And Silver » qui vient se poser délicatement sur la rythmique de FREIBERG et ELMORE, magnifiant le mouvement principal joué par DUNCAN. Celui-ci est d’ailleurs dans la stricte lignée des guitaristes acides : véloce et distordu, efficace mais surtout parfaitement en phase avec l’élasticité d’un FREIBERG, imperturbable dans sa descente de note, et parfaitement capable d’assumer les délires à rallonge de ses camarades sans sourciller. CIPPOLINA, et je l’ai assez dit, demeure ailleurs. Reste « Pride Of Man », « Dino’s Song » et « Too Long », potentiels singles comme il en pleuvait à l’époque, toujours sympathique mais dont on se lassera vite. Retour au psyché avec « Light Your Windows », plus en finesse dans le jeu et la construction mais restant finalement anecdotique…

Et là on se dit : six chansons et c’est déjà fini ! C'est faible pour les (j'ose !) inventeurs de l'acid rock. La guitare de feu CIPOLLINA restera une comète contrariée par des albums de ce type. La faute au chant de FREIBERG jamais assez ambitieux ? A la production ? A un groupe incompétent lorsqu'il s'agit de rester sous la barre des quatre minutes? Ou tout simplement au temps qui passe ? Peu importe, c’est bien la queue de la comète dont on se souvient toujours : c’est elle qui vous brûle les yeux et termine le boulot.

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   TOMTOM

 
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- John Cipollina (guitare)
- Gary Duncan (chant, guitare)
- David Freiberg (chant, basse)
- Greg Elmore (batterie)


1. Pride Of Man
2. Light Your Windows
3. Dino's Song
4. Gold And Silver
5. Too Long
6. The Fool



             



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