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CURVED AIR - Second Album (1971)
Par MARCO STIVELL le 25 Février 2012          Consultée 1208 fois

CURVED AIR, c'est un peu le savant mélange entre finesse et décadence, un magma qui bouillonne et n'attend que le moment propice pour rentrer en éruption, aussi bien qu'une montagne tranquille, du Japon par exemple, avec nature verdoyante. C'est le compromis parfait entre hard-rock pionnier du prog, fusion bouillonnante (en rapport avec le magma) et charme classico-folk. Si je prends le temps de vanter ainsi les mérites de ce groupe méconnu y compris dans le milieu prog, c'est pour démarrer avec un éloge cette chronique élogieuse à l'encontre du deuxième "méfait" du groupe, intitulé sobrement Second Album.

La recette d'Airconditioning avait plutôt bien fonctionné en Angleterre, l'album avait atteint la 8ème place des charts. Si l'impact de ce second opus a été moindre (11ème place), c'est à tort bien que le single "Back Street Luv" ait rattrapé le coup. Ce morceau qui n'a de réellement pop que le refrain, prouve qu'on savait encore donner du crédit à des singles aventureux à l'époque. Et l'album qui a suivi se révèle de taille, considérable en termes d'exploration musicale, bien que le groupe ait évité de trop copier la formule d'un "Vivaldi", ou même de l'ensemble d'Airconditioning. L'instrumentation est similaire, Francis Monkman (tous claviers et toutes guitares) et Darryl Way gardent la main mise sur le principal, et Florian Pilkington-Miksa révèle toujours un peu plus ses capacités. Rob Martin a (déjà) été remplacé par Ian Eyre, et la belle Sonja Kristina, élément clef du groupe, fait toujours autant preuve de charisme avec sa voix sensuelle. C'est d'ailleurs elle qui contribue à ce que la musique garde un pied dans la finesse alors que tout le reste s'emballe. Notons encore qu'il y a eu des arrangements supplémentaires, non crédités.

La face A est réservée à la plume de Sonja et de Darryl Way, elle écrivant les textes et lui la musique, tandis que Francis Monkman s'octroie toute la seconde face, paroles et compos. Certaines éditions du disque vont un peu vite dans les crédits, parce que Ian Eyre a participé à la confection de "Back Street Luv", et pour "Piece of Mind", Monkman aurait pioché dans les poèmes de l'américain Thomas S. Eliot.

"Young Mother" ouvre l'album et s'impose déjà comme un classique. Cette chanson à l'ambiance de prime abord inquiétante, remonte au temps où le groupe s'appelait Sisyphus. Des cuivres font partie intégrante de l'instrumentation qui s'emballe vite, alors que Sonja et le violon de Darryl continuent d'oeuvrer tout en finesse. La chanson est assez déstructurée mais retombe sur ses pattes finalement, et l'efficacité des thèmes conjuguée à un côté aventureux en font toute sa qualité. De même "Piece of Mind", le plat de résistance du disque étalé sur treize minutes, prend le temps de développer divers plans, du solo de piano au refrain volontairement poussif avec les cuivres en renfort. Il y a une dimension quasi-théâtrale sur cette pièce, on est effectivement plus dans le "morceau" que dans la "paix" de l'esprit, et ce même si certaines parties "classisantes" nous y invitent aussi. La deuxième partie, avec le violon et tous ces claviers, est particulièrement reluisante. Un morceau de choix.

Les autres titres placés entre sont nettement plus courts, un seul excède la cinquième minute. Sonja abuse de ses charmes sur le très rock "Everdance", au solo violon/synthé magistral, autant que sur la ballade "Jumbo", magnifique, garnie d'un simple arrangement de cordes. "You Know" est l'un de ces morceaux hard-rock piquants et sans concession du groupe, tandis que sur "Bright Summer's Day '68", CURVED AIR laisse encore une fois libre cours à son image décadente par le biais d'une musique assez humoristique (ce clavecin endiablé, cette ritournelle qui brise à fond le rêve hippie). Mais la troisième grande perle du disque, c'est bien sûr "Back Street Luv", dont l'idée de single reste encore assez intriguante, surtout lorsque l'on constate la partie finale, ainsi que l'emploi peu développé du refrain. Autre grand moment, le fameux "Puppets" qui reste partagé entre percussions tribales et fine nappe classisante de mellotron. Que d'excellents morceaux qui viennent confirmer qu'au contraire d'un certain Meddle (que je trouve quand même excellent) sorti la même année, la qualité est égale sur tout un album, et ce bien qu'aucune chanson ne ressemble à une autre.

Second Album tient ainsi toutes ses promesses. Pour beaucoup, le groupe ne fera jamais plus aussi bien à l'avenir sur sa courte carrière. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs, et prenons malgré tout le temps de découvrir la suite.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sonja Kristina (chant)
- Darryl Way (violon électrique, piano, choeurs)
- Francis Monkman (guitares, claviers, synthétiseurs)
- Ian Eyre (basse)
- Florian Pilkington-miksa (batterie, percussions)


1. Young Mother
2. Back Street Luv
3. Jumbo
4. You Know
5. Puppets
6. Everdance
7. Bright Summer's Day 68
8. Piece Of Mind



             



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