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CURVED AIR - Phantasmagoria (1972)
Par MARCO STIVELL le 16 Mai 2012          Consultée 922 fois

Phantasmagoria... Un nom aussi poétique que sa pochette est sobre. En fait toutes celles de CURVED AIR l'ont été, mais là... Peut-être est-ce parce que ça sentait la fin ? Du line-up classique j'entends. Quoi qu'il en soit, ce mot emprunté à Lewis Carroll ne laisse rien voir venir, et on se dirait même que CURVED AIR est prêt à rentrer dans les canons de l'époque... enfin...

Pourtant effectivement, le temps de la réalisation de l'album est encore marqué par l'éclatement des parties, Way et Monkman n'arrivant pas à s'entendre d'un point de vue composition. Ce dernier veut jouer la carte de l'improvisation, rendre la musique la plus spontanée possible alors que Way lui, est plus "droit" dans son écriture. Ils manquent de se partager encore une fois une face chacun. Sonja Kristina va tenter d'interférer et de tempérer les ardeurs, mais la sortie de Phantasmagoria se soldera bien par une séparation. Reste cet album qui est souvent considéré comme étant le meilleur du groupe, pas seulement celui de sa période classique.

Le début du disque rend hommage à deux dames, une déchue et une grande. "Marie Antoinette" d'abord, bien connue de nous autres Français, mais aussi des Anglais, la preuve en chanson. C'est la Révolution Française qu'on nous raconte, avec quelques citations dans notre langue. La part belle est faite aux claviers, piano et synthé et après une première partie dense, s'installe une plus petite assez onirique avec basse (Mike Wedgwood, qui remplace Ian Eyre) et claviers en avant. Survient un pont rock en ternaire puis un retour de la partie rêveuse avec guitare déchirante, avant une autre du premier couplet où la batterie joue de façon plus rapide. C'est l'un des titres les plus typiquement prog du disque, mais il reste encore dans un format très "chanson". "Melinda (More or Less)" est quant à elle l'un des rares morceaux du groupe entièrement écrit et composé par Sonja Kristina, et il demeure la plus belle chanson du groupe (dans le vrai sens de "beau") en cela qu'il contient cette grâce féminine. Musicalement, c'est du folk acoustique où l'on trouve un gentil clavecin, plein de flûtes et un joli solo de violon. Il a aussi le bon ton de finir sur une tierce picarde, un accord majeur après une tonalité mineure tout le long.

Nous avons ensuite "Not Quite the Same" à l'ouverture trompette très "baroque anglais". C'est en fait du rock à cuivres, comme sur le deuxième album, en opposition avec des refrains d'une infinie douceur. Le pont délirant où la voix de Sonja est modifiée sur le synthé est typique de la folie curvedairienne. "Cheetah" fait encore mieux grâce à son violon en doubles croches, son clavecin sur rythme rock lent mais qui s'intensifie lors des refrains. Il y a une grande part de rêve grâce aux violons et une touche plus jazz-rock sur la dernière partie. La fin tente de relancer un propos rock mais le morceau s'interrompt brutalement. "Ultra-Vivaldi" est, vous allez rire, la seule composition où Way et Monkman ont pu s'entendre. Pourtant, ce n'est qu'une reprise du thème de violon de ce classique du premier album mais au synthé avec de la basse et du piano. La fin est complètement barge car tout y est accéléré à outrance. De quoi terminer cette excellente première face en demi-teinte, mais l'on reconnaîtra l'anti-conformisme du groupe.

"Phantasmagoria" rejoint la beauté d'autres titres grâce à son orgue Hammond et son abondance de violons. On décèle des intonations mutines dans le chant de Sonja, qui est toujours là pour tempérer les ardeurs de Monkman. Ou presque toujours... Car ensuite arrive "Whose Shoulder Are You Looking Over Anyway", ses expérimentations à base de claviers et de timbres modifiées qui le rapprochent de la musique concrète et en font le "Revolution 9" de CURVED AIR, en plus court toutefois.

"Once and Above" est le pavé le plus important du disque et la première vraie grande incursion du groupe dans le jazz-rock. Une grosse rythmique ternaire avec envolées de violons et de cuivres et plein de xylophones laisse peu à peu place à un passage où la voix très suave de Sonja et le violon de Way sont harmonisés et où Frank Ricotti, décidément invité d'honneur, sort le vibraphone. Un solo de synthétiseur alterne avec des breaks où ressortent les cuivres, qui se répondent sur le final, soutenus par des choeurs épiques et une guitare qui remonte. Un morceau de très très bonne facture, tout comme "Once a Ghost, Always a Ghost", nouveau titre délirant aux forts cuivres, bruitages, congas, garnis d'un solo de vibraphone. Pas de doute, ce disque est bien la synthèse idéale entre une folie difficilement contenue et des passages d'une éblouissante beauté !

En passant, il faut éviter par tous les moyens de se procurer la première édition CD, dont les traitements sonores risquent de vous dégoûter du support à tout jamais...

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   MARCO STIVELL

 
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- Sonja Kristina (chant, guitare acoustique)
- Darryl Way (violon, claviers, percussions)
- Francis Monkman (claviers, guitare électrique, percussions)
- Florian Pilkington-miksa (batterie, percussions)
- Mike Wedgwood (basse, choeurs, guitares, percussions)
- + Annie Stewart (flûte)
- Crispian Steele-perkins (trompette)
- Paul Cosh (trompette)
- Jim Watson (trompette)
- George Parnaby (trompette)
- Chris Pyne (trombone)
- Alan Gout (trombone)
- David Purser (trombone)
- Steve Saunders (trombone)
- Frank Ricotti (xylophone, vibraphone)
- Mal Linwood-ross (percussions)
- Colin Caldwell (percussions)
- Jean Akers (percussions)
- Doris The Cheetah (bruitage)


1. Marie Antoinette
2. Melinda (more Or Less)
3. Not Quite The Same
4. Cheetah
5. Ultra-vivaldi
6. Phantasmagoria
7. Whose Shoulder Are You Looking Over Anyway ?
8. Over And Above
9. Once A Ghost, Always A Ghost



             



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